lundi 25 mars 2013

Contre toute espérance...

[Photographie tirée de Dreamstime]
Quand la tempête fait rage, le courage lève l’ancre. 




J’avais vu les nuages s’amonceler et noircir l’horizon et pourtant, loin de m’en méfier, je les laissai s’approcher me sentant à l’abri et en sécurité sur le voilier de mon existence. Les voiles étaient grandes, le mât solide et le gouvernail répondait aisément à mes manœuvres. C’était un beau et un bon navire. L’attente fut de courte durée; le vent se mit à souffler et à rugir, maugréant contre les obstacles qui entravaient ses mouvements, soulevant la mer, gonflant les eaux de façon effroyable. La pluie tomba tout d’abord lourdement pour ensuite marteler, fouetter, détremper tout sur son passage.  Le ciel, tel un chien aux babines retroussées, était prêt à sauter à la gorge et à déchiqueter le marin malavisé.  Après quelques minutes, c'était non pas une seule bête mais toute une meute qui grondait à l’infini contre les éléments déchaînés. Le vent hurla de toutes ses forces pour étouffer le vacarme de la pluie et du tonnerre mais rien n’y fit, alors il redoubla de violence et souffla si fort qu’il déchira l’une des voiles…
 
Le  ciel n’était plus que ténèbres grandissantes, la mer tellement enragée et le bateau si frêle dans cette tourmente infernale que même l’espoir craignait de me rejoindre.  Ainsi ballottée, je commençai à perdre courage, car la tempête, loin de diminuer, gagnait en force.  Soudain un craquement sinistre se fit entendre; d’une lenteur infinie, le mât amorça sa chute entraînant les cordages avec lui.  Agrippée au gouvernail, j’affrontais péniblement les vagues qui s’acharnaient sans relâche à me propulser hors du bateau.  Les prières me tinrent compagnie aussi farouchement que l’eau froide sur ma peau et les larmes sur mes joues.

Après plusieurs heures à lutter contre ces forces destructrices, je me suis abandonnée avant que les dieux ne le fassent eux-mêmes, et au moment où je croyais que tout était perdu, l’orage se dissipa. Au petit matin, le soleil inonda de ses rayons dorés les restes de mon navire. Jamais je n’avais vu un ciel plus bleu! Le firmament avait été lavé par la pluie, le laissant sans nuage. Je pouvais sentir la brise légère faisant frissonner mes bras et les lambeaux de voiles et de cordages.  Assurément, mon voilier avait subi quelques dommages mais rien d’irréparable et moi, j’étais en vie… C’était merveilleux!

Il arrive que la vie nous réserve des orages plus ou moins faciles à traverser. Parfois c’est la santé qui nous fausse compagnie, tantôt c’est notre situation financière qui est au plus mal, d’autres fois c’est la relation de couple qui se détériore, bref, lorsque la tempête fait rage, nous sommes ébranlés, secoués, ballottés et on finit par perdre tout espoir. Par contre, si l’on s’agrippe fortement à ce qui compte le plus pour nous, si on fait preuve de courage et de patience, tôt ou tard, le mauvais temps fera place aux beaux jours. Et quand le soleil sera de retour, tout ce qui nous restera à faire ce sera : écumer l’eau, réparer les cordages, vérifier le mât et les voiles afin de poursuivre notre route plus forts que jamais!
 
Au fond, il ne sert à rien de craindre le pire, trop souvent il ne vient jamais à notre rencontre.
 
Bonne semaine tout le monde!
 
Mésange

Anonymous Quote

"When I'm right, no one remembers, when I'm wrong, no one forgets."
 [Anonymous­]

Citation de David Whyte

« Certaines choses ne peuvent être perçues ou découvertes tant que nous n'avons pas été frappé ou affligé pendant un certain temps. Naviguer dans le calme est plaisant, mais ça ne vous permet pas d'explorer des mondes inconnus. » [David Whyte]

mercredi 20 mars 2013

Un esprit sans nuage...

Épigrammes de M. Val. Martial
Traduction par MM. V. Verger
N. A. Dubois, J. Mangeart
 
XLVII
À Jules Martial


« Voici, mon cher Martial, les éléments de la vie heureuse : une fortune acquise sans peine et par héritage ; un champ qui rapporte ; un foyer qui toujours brûle ; point de procès ; peu d'affaires ; la tranquillité de l'esprit ; un corps suffisamment vigoureux ; une bonne santé ; une simplicité bien entendue ; des amis qui soient nos égaux ; des relations agréables ; une table sans faste ; des nuits sans ivresse et libres d'inquiétude ; un lit où il y ait place pour la gaieté et pour la pudeur à la fois ; un sommeil qui abrège la durée des ténèbres ; être content de ce que l'on est, et ne rien désirer de plus ; attendre son dernier jour sans crainte comme sans impatience. »
 
[Photogaphie tirée de Dreamstime]
 

lundi 18 mars 2013

Plein les bottines...

[Photographie tirée de Dreamstime]
Quand on a les deux pieds dedans, pas facile de s’en extraire.
 
Le printemps – la nature s’éveille sous la tendre caresse des rayons du soleil, l’eau ruisselle des toits, le blanc de l’hiver fuit goutte à goutte sous le regard attentif des hirondelles. On troque les bottes contre les chaussures, trop heureux d’oublier l’hiver, trop impatient d’aller découvrir les sentiers de marche. La terre est gorgée d’eau par le dégel, mais on s’en moque car c’est le printemps!
 
Jusqu’à maintenant, la balade est fort agréable parmi les maigres silhouettes dégarnies de feuilles. Tiens, un ruisseau qui traverse le sentier? Au fond, ce n’est qu’un petit saut de rien du tout. On s’élance et... Loin d’atterrir sur la terre ferme, on s’enfonce dans une belle mare de boue. S’aidant d’une branche, on extirpe le premier pied suivi du deuxième. Le bruit de succion nous fait craindre le pire : nous voilà avec une chaussette en moins et de jolis orteils roses se trémoussant dans l’air frais du matin! Soupir. Minutieusement, on se tortille pour récupérer et la chaussure et le bas sans mettre le pied à terre. L’équilibre est précaire. À tout instant on peut basculer soit vers l’avant, soit vers l’arrière. Dans notre tentative de garder les orteils au sec, on se tord, on se cambre, on agite les bras, le pied toujours suspendu entre ciel et terre. Dangereusement le corps amorce un plongeon vers ce que l’on voulait éviter à tout prix : la boue qu’on avait aux pieds, on en a maintenant jusqu’au nez!
 
Impossible de reprendre le sentier comme si de rien n’était; on est crottés de la tête aux pieds et tous les visages vont se retourner en se demandant ce qu’on a bien pu faire dans les bois. De retour à la maison, on tentera de limiter les dégâts en prenant maintes précautions pour se dévêtir mais peine perdue, on se retrouvera sur le dos, maculant le mur et la céramique de ce qui nous collait à la peau.
 
Pourquoi diable n’a-t-on pas mis le pied par terre au départ pour ramasser la chaussure enlisée? Ironiquement, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?
 
Il arrive qu’en voulant éviter un petit désagrément, on aggrave les choses à un tel point qu’on est contraint de déployer le double d’effort pour tenter de s’en extraire. Certes, ce n’est pas forcément agréable de faire face aux situations inconfortables, mais en toute honnêteté, il est beaucoup plus facile d’éviter le pire que de tenter de s’en sortir une fois les deux pieds dedans. La preuve? Les voisins vont se souvenir longtemps de notre balade dans les bois et nous aussi!
 
Bonne semaine tout le monde!
 
Mésange

William Wordsworth­ Quote

"Let nature be your teacher." [William Wordsworth­]

Proverbe tibétain

« Si le problème a une solution, il ne sert à rien de s'inquiéter. Mais s'il n'en a pas, alors s'inquiéter ne change rien. » [Proverbe tibétain]

Vous aimerez peut-être:

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...