lundi 22 décembre 2014

Que veux-tu pour Noël?


«Ben oui, dis-moi donc ce que tu voudrais avoir pour Noël? Je veux tant te faire plaisir, ne pas me tromper, ne pas acheter quelque chose que tu possèdes déjà ou que tu n’aimerais pas. Allez, fais-moi une liste!»
 
Je crois qu’on a oublié quelque chose…
 
L’essentiel, peut-être?
 
Le verbe avoir – ah le vilain! il nous a bien eus! Dès qu’il est apparu dans notre langage, on s’est mis à vouloir plus, à exiger de la vie toujours plus. Au lieu de se satisfaire de ce que nous avions obtenu, nous nous sommes mis à rêver à plus, à mieux, et ce, de plus en plus souvent. Tellement, qu’on n’arrive plus à assouvir ce désir; il nous ronge de l’intérieur telle une bête affamée se repaît de sa proie ne laissant derrière elle que des os fort bien nettoyés. Inutile de se leurrer: derrière l’avoir, il y a l’être.
 
On pourrait penser que si on a plus, on est plus. Voyons voir…


Plus le joujou est gros et coûteux, plus le voyage est exotique et inaccessible, plus on impressionne et plus on se sent quelqu’un… Ce qui revient à dire : si on n’a rien, on n’est rien. Je vous le dis, le verbe avoir a beaucoup de pouvoir. On croit le détenir, nous assurant ainsi une certaine suprématie sur les autres et sur l’image que l’on projette, eh bien non. Ce pouvoir est hors de portée puisque nous en sommes l’esclave. On se fait mener par le bout du nez par nos désirs, notre soif d’abondance, notre orgueil. Où est-il notre beau contrôle, notre influence ou encore notre ascendance sur les autres? Il est inexistant. Et s’il y en avait un, il serait de courte durée, car une fois que nous aurions perdu tous nos avoirs, tout sentiment d’importance à notre égard s’éteindrait aussitôt.
 
Le fait d’avoir ne fait pas de nous une personne remarquable. Au contraire, il nous prive de notre essence.
 
Si chacun de nous se posait la question suivante: «Que veux-tu être pour Noël?» Déjà, la liste serait moins longue : «Je veux être en santé et en paix avec ma famille; je veux être plus disponible pour moi et les miens; je veux être apprécié et considéré; je souhaiterais être un peu plus à l’écoute des besoins des autres et des miens; j’aimerais être plus reposé, plus courageux, plus fort aussi, etc. » C’est un bon début.
 
Pensez-y : si on ne prend pas le temps d’être ce que nous sommes, à quoi bon vivre? Où est la valeur de la vie? Dans l’avoir? Certainement pas!
 
En terminant, je vous laisse sur un petit questionnement (à faire au moins une fois l’an) : «Que voudrais-tu conserver dans ta vie? Qu’est-ce que tu ne voudrais pas perdre?» Ça change de l’ordinaire, n’est-ce pas? Et gardez en tête ceci : ce que l’on ne prend pas le temps d’apprécier finit par nous échapper.
 
En ce lundi matin, avant de dresser la liste de tous vos avoirs potentiels, songez à tout ce que vous pourriez être aujourd’hui, demain, dans six mois, l’an prochain, dans cinq ou dix ans. Et si l’on persiste à vous demander ce que vous voulez avoir pour Noël, alors je vous suggère de répondre ceci : «Je veux avoir la possibilité d’être la meilleure personne qui soit!»
 
Bon lundi et bonne semaine tout le monde!
 
Jocelyne Gagné (Mésange)
 
P.-S. Durant la période des Fêtes, je resterai avec vous, car personne ne mérite de passer seul le plus beau temps de l’année!

1 commentaire:

  1. pour Noël je veux voir ceux que j'aime heureux...
    Etre et Avoir c'est une belle chanson d'Yves Duteil qui illustre fort bien ton propos Mésange
    Je te souhaite "d'être" en harmonie pour les fêtes.
    Je t'embrasse

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