lundi 26 octobre 2015

Ma place parmi vous

Je ne suis pas ici pour rien…
J’ai un rôle à jouer.
Non pas dans une pièce de théâtre
Où chacun est costumé,
Se cachant de soi-même
Et des autres,
Cherchant à se mentir
Et à mentir aux autres.
Non, j’ai un rôle à jouer
Comme une pièce maîtresse
Au cœur d’un engrenage bien rodé
Dans cet univers rempli de possibilités.
 
Je ne suis pas ici pour rien…
J’ai une vie à vivre,
Une vie parmi les hommes,
Aiguisant mon esprit
Contre le caractère rebelle de la vie,
Adoucissant mon âme
Avec l’amour et la compassion.
Ma route est légèrement tracée,
Telle une ligne pointillée.
À moi de forcer un peu le destin
Et de le secouer s’il le faut.
 
Je ne suis pas ici pour rien…
J’ai reçu le souffle, la lumière
Et un cœur en cadeau.
À moi d’en faire bon usage.
J’ai des yeux et des cœurs à ouvrir,
Des routes à tracer, des chemins à défricher.
J’ai des soins à prodiguer,
Du temps à offrir.
Mais avant, je dois ouvrir mes yeux,
Ouvrir mon cœur,
Et aimer tout ce que je vois
Au-dedans comme en-dehors.
 
Je ne suis pas ici pour rien…
Je suis ici pour moi, pour vous,
Pour ce monde dans lequel je vis.
 
Jocelyne Gagné (Mésange)
 
 
 
 

lundi 19 octobre 2015

Mémoire fragile

Et si on prenait un bon café, là, maintenant? Vous avez déjà pris le vôtre? Faites une exception ce matin, voulez-vous? Prenez une deuxième tasse en ma compagnie; j’ai un secret à vous confier…
 
Je suis en retard.
 
En retard dans mon horaire. Comment est-ce possible? J’avais tout écrit dans mon agenda : mes choses à faire, mes rendez-vous, mes trucs à me rappeler et ceux à ne pas oublier sous peine de perdre la face…  Eh bien, croyez-le ou non, j’ai laissé mon agenda quelque part. Et ce quelque part était devenu nulle part! J’ai eu beau chercher partout, refaire le trajet en sens inverse, mon beau carnet de cuir rouge était autre part. Hors de ma vue…
 
Vous imaginez? C’est ma mémoire qu’il y a là-dedans! Je vous le jure! Non, je n’ai pas mis mes codes d’accès ni mes mots de passe, mais tous mes objectifs sont notés étape par étape. Tous sans exception! Mais où diable se cachait-il?
 
Ben oui, au fait? Quelle idée d’aller se cacher?
 
Peut-être en avait-il marre de faire jour après jour le grand écart, d’être ainsi sollicité, toujours dérangé pour un oui ou pour un non? Non, ça ne peut être une fugue… Pas à son âge! Il a quand même plusieurs années derrière lui…  N’empêche que, je m’inquiète!
 
Et s’il avait trouvé une femme plus organisée, moins exigeante, plus souple dans son emploi du temps, peut-être que… Non, ce n’est pas possible. Il a besoin de moi comme j’ai besoin de lui. Il doit m’attendre quelque part, se désespérant de mon retour, demeurant refermé sur lui-même, triste à mourir que je l’aie ainsi abandonné.
 
Soupir…
 
Ding dong!
 
Qui pouvait bien me visiter si tôt en début de journée?
 
En ouvrant la porte, voilà que j’ai la surprise de ma vie : sur le balcon, mon agenda attendait… Il attendait que mes deux bras se referment sur lui juste pour sentir la chaleur de mon cœur contre sa peau ridée par les années. Il était là sous mon regard des plus étonnés. Il avait trouvé son chemin… Ou du moins, on l’avait aidé à retourner sur ses pas.
 
J’avais retrouvé mon précieux allié, mon aide camp extraordinaire et du même coup, tous mes rêves…
 
Oui, je suis en retard, mais c’est un simple écart dans le temps.
 
Bonne semaine tout le monde!
 
Jocelyne Gagné (Mésange)

lundi 12 octobre 2015

Fête de l'Action de grâce

C'est un jour pour exprimer notre gratitude
pour tout ce que nous avons reçu
pour tout ce que nous allons recevoir...
 
Bon congé tout le monde!
 
Jocelyne xo
 

lundi 5 octobre 2015

On va se dire les vraies affaires

Ah! je sens que je vais choquer vos yeux! Voyez le bon côté des choses : je vais épargner vos oreilles…
 
Et c’est parti.
 
J’ai délaissé les journaux et la télé pour de nombreuses raisons. D’abord, on nous montre que le pire de la société. Et le fait de lire ou d’écouter ces nouvelles déprimantes ne m’aide pas à changer le monde. Au contraire, mon moral tombe en chute libre et m’empêche de poser une action véritable. Une action qui, combinée à celles des autres, ferait une réelle différence dans notre société. Ensuite, on nous montre à réagir et non à agir!
 
M’enfin, là n’est pas la question. Revenons à nos moutons, voulez-vous?
 
Dernièrement, j’ai vu passer sur les réseaux sociaux une vague de protestation assez houleuse sur le voile porté par les musulmanes et des caricatures entourant nos élections montrant des citoyens faisant la queue devant le bureau de scrutin avec le visage couvert de toutes sortes de choses, les rendant ainsi méconnaissables. Oui, ça choque! J’espère qu’on va se réveiller... pour les bonnes raisons.
 
Pendant qu’on s’énerve pour le voile féminin, on ne s’inquiète pas de la femme québécoise qui travaille (souvent jusqu’à l’épuisement) et essaie de trouver une garderie pour le p’tit dernier et de l’aide pour son plus vieux ayant des difficultés d’apprentissage. Tandis qu’on se plaint que d’autres races occupent nos bancs d’école, on ne remarque pas que nos jeunes désertent les universités. Et pendant s’égosille à crier sur tous les toits qu’on se fait envahir par d’autres cultures arrivant par bateau et qu’on ne sera plus maître chez nous, on oublie de prendre notre place dans notre propre pays. Commençons donc par aller voter, à parler le français et à encourager le « local ». Et quand je dis encourager le local, c’est aussi encourager le Québécois qui réussit. Et ce n’est pas parce qu’on est d’un naturel « chiâleux », mais bien d’un tempérament « envieux »!
 
Ah! je sens que je vous choque… Eh bien, choquez-vous!
 
On regarde dans la cour de l’autre, oubliant de regarder la sienne. «As-tu vu son gazon? My God, c’est rendu du foin! Qu’est-ce qui l’attend pour le tondre et puis, as-tu vu? Il y a de grosses taches décolorées un peu partout. C’est clair : il est infesté de vers blancs. Faudrait pas que ses vers traversent la clôture! » Aie! Ça va faire! Regardons un instant notre cour… Honnêtement, est-elle mieux entretenue que celle du voisin? J’en doute!
 
Je ne dis pas qu’il faut fermer les yeux sur une culture dont on ignore tout, sur des gens qu’on ne connaît pas. Je ne dis pas qu’il faut se laisser faire sans réagir, mais faisons-nous TOUT ce qu’il faut pour assurer à nos ressources, à notre culture, à notre langue une belle longévité? (Je ne parle pas de protéger ce que nous avons, car nous ne sommes pas en danger… Euh, le sommes-nous?) « Le gouvernement ne nous aide pas! Il fait tout pour nous nuire! » protestent plusieurs d’entre vous. Alors, retroussons nos manches! Depuis quand on attend que Papa Gouvernement nous nourrisse à la petite cuiller. Et vous êtes surpris qu’il n’a pas pris le temps de vous faire faire un p’tit rot?
 
Ben voyons!
 
J’ai cessé de m’abrutir de pessimisme et de voyeurisme (dans un sens plus large) pour me tourner vers une démarche plus constructive : l’action. Si je veux que les choses changent, il va falloir que je me mette à changer. Je vais sortir de chez moi, et je vais aller à la rencontre des jeunes sur ma rue. Je vais leur parler, leur donner le goût du travail, leur insuffler le désir de changer le monde. Et j’irai plus loin. J’irai voir ces femmes voilées et j’irai leur parler. Je leur dirai combien mon pays est beau, ma culture colorée et intéressante, combien ma langue est chantante. Je m’assoirai avec elles pour leur apprendre à aimer notre quartier, notre ville, notre pays.
 
Une personne peut changer le cours des choses. Imaginez l’avenir si on s’y mettait tous ensemble…
 
Bonne semaine tout le monde!
 
Jocelyne Gagné (Mésange)

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