lundi 16 novembre 2015

En pleine promotion de mon livre

Chers lecteurs, chers amis,
 
Ma plume, loin d'être au repos, est en train de finaliser la suite du roman La Divine Providence et un autre livre (surprise!).
 
Je pense à vous... Très fort même.
 
La promotion de mon livre (tome 1) exige de moi beaucoup d'énergie, beaucoup de déplacements. Vous serez dans mon coeur. D'ailleurs vous ne l'avez jamais quitté.
 
Je vous reviens le 7 décembre 2015 avec du nouveau.
 
En attendant, n'hésitez pas à relire d'anciens billets; les leçons de vie sont toujours d'actualité.
 
À très bientôt!
 
Jocelyne (Mésange)
 
 
 

vendredi 13 novembre 2015

Séance de dédicaces

Ce samedi 14 novembre 2015 de 13h à 15hla librairie Raffin de Repentigny (Galeries Rive Nord) me recevra pour une séance de dédicaces. Venez découvrir la femme derrière l'auteure, les émotions derrière les mots, l'inspiration derrière "La Divine Providence".

J'ai tellement hâte de vous rencontrer!

En attendant, si je me "dévoilais" un peu? Curieux, curieuses? M'semblait aussi!

Voilà... J'aime les mots (ok, vous le saviez déjà, mais moi, je viens de l'apprendre, ha!ha!ha!). J'aime les gens (pour la plupart; il y a toujours un fond de bonté en chacun de nous.). Et j'aime les "Toffee"... (Je n'y peux rien; je ne peux résister à ces petits caramels durs. Et si un jour vous décidiez de m'en offrir, je vous assure que je prendrais tout mon temps pour le savourer. Et même si vous me bombardiez de questions, vous n'auriez que des Mmm! comme réponses. Vous êtes avertis!)

Jocelyne Gagné (Mésange)

lundi 9 novembre 2015

La tasse de Djamila

Du plus loin qu’elle se souvenait, le puits avait toujours été là, au centre du village. Dès qu’elle en eut eu la force dans les bras, Djamila alla puiser l’eau au puits. C’était une énorme chaudière pour ses maigres bras. D’année en année, ses muscles devinrent plus tolérants à l’effort et le seau plus léger. Chaque jour, elle rapportait l’eau à sa mère et chaque jour, Djamila y plongeait sa tasse. Ce n’était pas une tasse de grand luxe; elle était simplement façonnée d’argile avec une anse des plus ordinaires. Aucune décoration n’ornait le pourtour, mais le plus important, celle-ci n’avait subi aucun dommage et c’était tout ce qui comptait. Dans ce pays aride au nord de l’Afrique, on recherchait avant tout la simplicité, la commodité et la solidité. On ne s’embarrassait pas de superflu juste pour faire joli.
 
Dans cette contrée lointaine, jour après jour, le vent soulevait le sable, usant les murs des maisons, balayant les rues de ce labyrinthe des plus prévisibles, asséchant l’air ambiant. Jour après jour, faisant fi de cette poussière perpétuellement présente, la jeune fille devenue femme, puisait l’eau avec un rythme bien à elle, plongeant sa tasse dans l’eau fraîche pour savourer l’effort de cette longue marche. Matin après matin, elle marchait vers le puits, heureuse d’avoir de l’eau pour étancher sa soif et celle de sa famille.
 
Puis, les années passèrent et la pauvreté s’installa pour de bon au village, n’épargnant personne, se moquant du genre et du nombre, touchant tous les âges. Le travail se fit plus rare, les cultures moins florissantes et les bras pour s’en occuper disparaissaient comme balayés par un vent mauvais. Et la jeune femme souffrait de voir les siens si vulnérables, si appauvris.
 
Un matin comme tant d’autres, la jeune femme se rendit au puits. Elle remplit le seau puis y plongea sa tasse avant de reprendre la route et au moment où elle but, des gouttes vinrent noircir le sable à ses pieds. Elle examina sa tasse et vit qu’elle était fêlée… Celle qui l’avait accompagnée tous les jours depuis son enfance perdait de l’eau.
 
Et pendant que les pages du calendrier se détachaient une à une, Djamila finit par oublier la vulnérabilité de sa tasse. On lui fit une demande en mariage et la jeune femme accepta, le cœur en joie de cette union. L’amour engendra des fils et des filles puis se fit de moins en moins disponible, de moins en moins généreux, si bien que l’amour s’assécha comme un champ délaissé. Et tout comme le cœur, la tasse se fragilisa davantage. Le mari abandonna son épouse, la laissant avec la honte sur le visage et des enfants plein les bras. La misère se fit plus cruelle, plus étouffante encore.
 
Et pendant que le sable s’écoulait dans le sablier du temps, la tasse se fendillait. Et pourtant, à l’approche de la cinquantaine, Djamila continua de puiser l’eau et d’y glisser sa tasse qui contenait de plus en plus difficilement l’eau récoltée. Tout comme le récipient, la courageuse femme supporta, par habitude, l’adversité tout en se fragilisant un peu plus chaque jour.
 
Puis un beau jour, l’impensable survint : la tasse se brisa. Et comme si leur destin était lié, Djamila tomba malade… D’un mal inconnu. Les soins ne lui apportaient peu de réconfort, aucun bien-être. Tous étaient à son chevet, attendant que l’heure sonne. Que cette heure de tristesse passe et fauche sur son chemin celle qui était aimée de son entourage, de sa famille, de ses enfants.
 
Par la fenêtre, un rayon de soleil s’invita et vint s’attarder sur le visage émacié de la malade dont les yeux ne voulaient plus s’ouvrir sur le monde. Et au moment où l’on crut que la mort venait de la surprendre, voilà que le petit-fils entra dans la chambre comme un coup de vent. Tout le monde le regardait, choqué par cette intrusion déplacée. Quelques-uns cherchèrent à retenir son élan, mais le bambin, lui, voulait voir sa grand-mère… Il avait quelque chose à lui dire.
 
Le front contrarié, le père repoussa son fils vers la porte de la chambre, mais Djamila ouvrit les yeux et de sa voix éteinte invita l’enfant à s’approcher.
 
Le silence de la pièce se fit pesant et l’air difficile à respirer. L’enfant n’était plus aussi sûr de lui. Et encore moins de ses intentions. Il avança timidement vers ce lit dans lequel se perdait sa grand-mère et dont les yeux s’étaient refermés. Tous les regards étaient fixés sur lui, et le sien sur celle qu’il aimait tant. Et la lumière qui enveloppait la vieille dame d’une auréole dorée l’encouragea à avancer.
 
« Mamie? J’ai recollé ta tasse, dit-il d’une voix mal assurée. Tu vois, elle est comme avant. »
 
Djamila ouvrit les yeux, glissa sa main frêle sur la tête de l’enfant, la caressa un moment puis prit l’objet entre ses mains. Des larmes chaudes et abondantes roulèrent sur ses joues.
 
« Elle est comme avant, dit-elle dans un souffle.
 
— Mais elle perd encore de l’eau, Mamie. » confia tristement l’enfant.
 
Le regard humide et la lèvre tremblante, il ajouta:

« Veux-tu rester encore un peu… avec nous? »
 
Seul le silence lui répondit, faisant fondre ainsi le regard du garçon comme la neige au printemps. Et son cœur se fêla.
 
L’ultime rayon de soleil quitta la chambre emportant avec lui le dernier sourire de Djamila. Et dans la pénombre reposait une femme tenant dans ses mains la tasse de sa vie. Une vie de bonheur, une vie de blessures, une vie de cassures, une vie dont on peut toujours recoller les morceaux.
 
Jocelyne Gagné (Mésange)

lundi 2 novembre 2015

Si paisible

« Illumine ton être et tout ce qui t'entoure par le rayonnement d'un coeur content, serein, répands sa lumière sur le monde, tout comme le soleil qui poursuit son chemin envers et contre tout. Par le seul effet d'un coeur paisible, content, le monde prend l'apparence d'une jeunesse perpétuelle et jamais son soleil ne se couche. »  - Saadi
 
 
 
 

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