lundi 18 janvier 2016

Nos envies, celles qui nous parlent

J’ai une drôle de vie. C’est vrai! J’écris tout le temps : quand l’inspiration me pousse furieusement à prendre la plume ou lorsque je m’impose l’exercice, refusant d’attendre le retour de cette muse si capricieuse. Et avant même que les mots ne s’inscrivent sur le papier, le cerveau, lui, cogite. L’imagination tisse, telle une araignée, un fil en spiral formant ainsi une toile résistante dans laquelle se feront prendre les idées venues s’y aventurer. Pour l’imagination, cette prise sera tout un festin!
 
Souvent, on me demande si je vis plus dans ma tête ou s’il m’arrive de réintégrer la réalité, celle où il y a du vrai monde (avec de vraies vies), vous savez? Ces êtres en chair et en os qui déambulent autour de nous comme des valises sur des tapis roulants?  Oui, ça m’arrive. Mais pas souvent.
 
Jusqu’à tout récemment, et ce, par respect pour mon partenaire de vie, je gardais à l’écart mon carnet de notes lors nos sorties ou voyages, ou encore pendant nos moments de tranquillité. Je cherchais à faire plaisir, oubliant les appels incessants de ma créativité qui poussait mon envie comme un chien souhaite une caresse et que l’on s’obstine à lui refuser. C’était tellement difficile de fermer la porte à mon envie du moment! Et pourtant je l’ai fait maintes et maintes fois, délaissant ces idées extraordinaires qui auraient pu faire de bons articles et, qui sait, de bons livres…
 
«Mais Jojo, après avoir quitté le restaurant, tu aurais pu prendre des notes de ces éclairs de génie!» me direz-vous. Oui, mais l’idée quand elle se pointe, si on ne s’y met pas tout de suite, la garce repart avec tout son bagage sans laisser d’adresse… Ciao baby!
 
Et tout le monde sait que l’inspiration surgit au moment où on s’y attend le moins!
 
Ces expériences m’ont appris plusieurs choses. Tout d’abord, le fait de répondre à l’appel de la créativité, là, maintenant, ça ne prend quelques minutes. En mettant noir sur blanc nos idées, on est en mesure de reprendre le fil conducteur dès que le temps nous est disponible. Ensuite, en voulant à tout prix faire plaisir, on oublie de se faire plaisir. Que l’on soit créatif ou non, il arrive que l’on ait envie de faire autre chose que ce que le conjoint avait prévu de faire. Par exemple, dans un voyage, l’un peut avoir envie d’un tour de voiture et l’autre vouloir marcher des heures durant sur la plage. Les compromis ne donnent rarement d’heureux résultats, croyez-moi. Parfois, il est bon de laisser l’autre faire ce qu’il aime et de faire ce que nous aimons. Ainsi, on se retrouve pour le repas du soir à avoir plein de choses à se raconter, ayant vécu, chacun de son côté, une formidable journée. Finalement, il est bon de vivre dans sa tête, mais c’est encore mieux si on peut toucher Terre une fois de temps en temps; retrouver notre humanité et notre accessibilité a du bon!
 
Certes, vue de l’extérieur, mon existence paraît des plus ordinaires, mais vue de l’intérieur, c’est à vous couper le souffle! Je rencontre des personnages fascinants, colorés, extrêmement vivants; je vis des émotions avec une intensité que je n’aurais cru possible; je relève des défis incroyables, je vis des existences multiples, je réalise des rêves que jamais je n’avais songé à réaliser. Je suis tantôt grande, tantôt petite; je suis tantôt jeune, tantôt à l’approche de la mort; je suis tantôt colérique, tantôt amoureuse…
 
Oui, je l’admets : j’ai une drôle de vie. Elle n’est pas de tout repos, mais c’est la vie que j’ai choisie!
 
En ce lundi matin, faites-vous plaisir : écoutez la petite voix qui vous parle, là, maintenant. Et laissez-vous entraîner sur les sentiers inconnus de l’imagination, de la curiosité, de l’extraordinaire. C’est votre vie, votre drôle de vie!
 
Bonne semaine tout le monde!
 
Jocelyne Gagné (Mésange)
 
 

2 commentaires:

  1. Chère Mésange,
    Quelle merveille quand la vie est drôle et créative !
    De danse en contre-danse, un pied dans la réalité, l'autre dans l'imaginaire...
    Est-ce cela "ne pas avoir les deux pieds dans le même sabot"?
    Agréable week-end, douce pensée,
    Michèle :)

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    Réponses
    1. Chère Michèle, bonjour! Vous me permettez? Vos propos me font sourire et réfléchir... Et j'aime ça!

      "Ne pas avoir les deux pieds dans le même sabot!"... Mmm? J'adore l'image que cette phrase éveille en moi. Je me vois clopinant entre l'imaginaire et le réel, un pied bien ancré dans la réalité et l'autre faisant quelques envolées dans l'imaginaire. Eh oui, un de mes sabots a des ailes et il arrive que l'autre n'ait d'autres choix que de le suivre, hi!hi!hi! Une chance qu'il y a des gens autour de moi qui me tendent une corde afin que je ne quitte pas l'orbite terrestre... Ce serait si tentant, mais je m'ennuierais de ces sourires et de ces fous rires qui composent si joyeusement l'existence.

      Merci pour ce passage, pour ces mots, pour le sourire qu'ils ont suscité.

      Douces heures lumineuses pour votre dimanche,

      Mésange xox

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