dimanche 28 février 2016

Une petite pause pour une plus grande efficacité

Chers amis,
 
J'aimerais bien retrouver mes chaussettes et la chaleur du bois qui brûle...
J'aimerais bien savourer un bon café, la tête dans les nuages...
J'aimerais bien me glisser sous les couvertures et tourner le dos aux caprices de l'hiver...
J'aimerais bien écouter mon coeur et prendre du temps pour moi...
Oui j'aimerais bien...
Mais pas tout de suite.
 
Ce ne sera pas des vacances, je le crains. Mon deuxième livre est terminé. Et là, je suis en pleine relecture... La concentration est de mise. Alors pardonnez-moi cette absence. Je le fais tout d'abord pour moi (pour maximiser mes efforts), ensuite pour vous afin de vous livrer le meilleur livre qui soit.
 
On se retrouve donc le mardi 26 avril 2016 devant un savoureux café.
 
D'ici-là, je vous garde une place bien au chaud dans mon coeur.
 
Jocelyne xo
 
 
 
 
 
 

lundi 22 février 2016

Moins c’est clair, plus c’est flou!

Dans le couple, il y a des règles assez claires : je fais ceci, tu fais cela, et ce, selon les talents ou la disponibilité de chacun. Jusque-là, ça va. Mais il y a des tâches qui reviennent à l’un ou à l’autre sans qu’il y ait entente préétablie. Qui produit les déclarations fiscales, fait le ménage du printemps, s’occupe de magasiner les assureurs et de prendre les rendez-vous chez le dentiste, le médecin, le garagiste, etc.? Ces obligations qui reviennent une ou plusieurs fois dans l’année incombent non pas à celui qui souhaite s’en occuper, mais bien à celui qui veut que ça se fasse afin de pouvoir passer à autre chose.
 
À la longue, celui qui hérite de tout finit par en avoir sa claque. Et s’il exprime son exaspération, on lui reprochera qu’il avait juste à ne pas en faire autant…
 
Misère.
 
Souvent, le conflit s’installe quand les charges sont mal réparties. Et elles le sont la plupart du temps.
 
Évidemment, on ne peut pas s’asseoir et affecter les tâches (ou responsabilités) tout d’un bloc lorsqu’on emménage ensemble. La répartition se fait sans qu’on ait à négocier. Je fais le lavage, pourrais-tu m’aider avec le lave-vaisselle? Cela va de soi. D’ailleurs, on est si heureux de s’entraider. Et si l’autre est débordé, alors on prend les bouchées doubles afin que notre partenaire puisse souffler un peu. Après? C’est là que ça fait mal. L’autre oublie rapidement sa collaboration; cette participation qui nous était si précieuse. Son travail prend de plus en plus de place, tellement que, tout nous retombe sur les bras.
 
Et puis, avec les années, on a tellement bien géré l’ingérable, le difficile-et-compliqué, le pas-drôle-à-faire, qu’on compte encore sur nous puisque nous avons maintenant tellement d’expérience à notre actif. Mon avis? Ce n’est pas honnête!
 
Permettez-moi d’imager mon propos : par un beau matin du mois de juin, vous décidez d’aller cueillir des fraises, car vous aimez ces petits fruits rouges. Après avoir passé deux heures accroupi dans les rangs à vous battre contre les bibittes qui vous escaladent dans le but d’aller planter leur joli drapeau dans le gras de vos fesses (et contre celles aussi qui tentent de vous pomper le sang derrière l’oreille), vous rentrez à la maison, le coffre arrière de l’auto rempli de paniers de fraises qui serviront à faire des tartes, des confitures, en somme, des réserves pour l’hiver. L’année suivante, étonnamment, on vous demande si vous seriez enclin à y retourner. Bien sûr! Si ça peut faire plaisir! Et là, sans le savoir, on vient de vous attribuer cette mission à vie. Inconsciemment, bien entendu. Vous avez, comme qui dirait, créé un précédent qui vous liera à cette obligation. Et pour vous en défaire, vous devrez être un fin stratège, car l’autre aura un avantage sur vous : il n’a pas l’expérience, vous si : vous êtes devenu(e) si efficace, si serviable et si tout-ce-que-vous-voulez-pourvu-que-vous-le-fassiez… Pauvre de vous! Vous ne vous en sortirez pas avec de jolies courbettes. Désolée!
 
Ne croyez pas que je m’acharne à brosser un tableau pessimiste de la vie de couple, loin de là. Je ne fais que constater cet état de fait présent dans beaucoup de relations. Et j’aimerais – en toute sincérité – renverser cette tendance qui pèse trop souvent sur les épaules de l’un des deux conjoints.
 
On pourrait croire qu’il y a dans le couple celui qui prend les devants et l’autre qui se fie. Peut-être… Je préfère croire que nous avons des forces et des compétences dans des champs d’activités différents. C’est ce qu’on appelle la complémentarité. Et je dirais qu’il y a même plus. Je soupçonne la présence d’un élément qui influence de façon significative la vie de couple, c’est-à-dire le désir absolu de rendre la vie agréable à l’autre. Donc, au lieu de se fier ou de tout prendre sur leurs épaules, les conjoints devraient s’entraider en alternance. Et pour ces tâches qui reviennent de façon cyclique, chacun pourrait se donner comme objectif d’apprendre à les faire. Non, ce n’est pas trop long à apprendre ou à montrer. Du moins, pas plus long qu’une bonne dispute ou une réconciliation qui tarde à venir.
 
Je puis vous l’assurer : une fois exacerbée, la frustration prend un temps fou à s’apaiser. Alors, faisons l’effort d’expliquer à l’autre la marche à suivre pour la comptabilité, le ménage du printemps, les déclarations fiscales, etc. Et de l’autre côté, soyons curieux et disponible pour apprendre. Si ces tâches ne semblent pas attrayantes pour nous, elles sont tout aussi rebutantes pour l’autre.
 
En ce lundi matin, prenez un instant pour vous assurer que les tâches sont bien réparties dans votre couple. Et juste pour le plaisir, échangez-les. Il n’y a rien de mieux pour comprendre, réaliser et apprécier tout ce que l’autre fait pour nous.
 
Bon lundi et bonne semaine tout le monde!
 
Jocelyne Gagné (Mésange) 

lundi 15 février 2016

Le pouvoir des mots

On pense que les petites réflexions lâchées durant une conversation ne servent qu’à faire élégant, à montrer qu’on a le sens de la légèreté, mais quand on y pense, ils sont là pour donner une certaine contenance à notre impatience qui est sur le point d’exploser parce que les événements ne se déroulent pas dans le sens souhaité. Et ces mots, une fois libérés, font plus de mal que de bien.
 
C’est devenu une habitude : je suis souvent débordée dans le temps, alors au lieu de sortir tout mon attirail pour réaliser un bel ourlet à mes pantalons, je saute dans ma voiture et je m’arrête au centre commercial. L’accueil chaleureux de la couturière est un véritable réconfort dans mon mercredi totalement infernal. Et son aimable sourire me force à admettre (encore une fois), qu’il n’y a pas d’emplois plus beaux, plus gratifiants que d’autres; seuls ceux qui les occupent font la différence.
 
Au moment d’aller faire l’essai d’un des pantalons, voilà que, sortant d’une cabine, je croise une dame d’un certain âge, vêtue avec élégance, affichant une insupportable arrogance. Elle expédie ses vêtements sur la table de travail et demande, les lèvres pincées, dans combien de temps les six pantalons et le chemisier seraient prêts. Le sourire toujours accroché au visage, la jeune femme prend son livret de facturation et le calendrier et déclare avec chaleur : « Eh bien, est-ce que lundi prochain, ça vous irait? »
 
Je crois bien qu’à cet instant, sans cette retenue que son éducation lui avait inculquée, elle lui aurait craché son indignation au visage. Les yeux sombres, telles deux bouches de fusils braquées sur une cible, indiquent sans le moindre doute qu’elle attend une autre réponse. Et le sourire qui se voulait engageant s’évanouit sur le beau visage de la jeune couturière. Le malaise s’installe… Et moi, je n’ose l’abandonner à cette furie que je sens sur le point de se déchaîner à la moindre contrariété.
 
La dame mentionne qu’elle n’a pas l’intention de revenir chercher ses vêtements. C’est tout de suite qu’il lui les faut; elle a une partie de bridge ce vendredi. L’argumentation commence et je sens que quelqu’un va perdre ses plumes et ce n’est pas la plus vieille des deux.
 
Avec bienveillance, on propose ceci :
— Je pourrais faire l’un des pantalons aujourd’hui pendant que vous ferez vos courses dans le centre commercial.
— C’est bien. Je vais aller prendre un café et je reviendrai dans cinq minutes.
— Mais Madame, je dois servir l’autre cliente… Ça ne sera pas prêt si tôt!
— Qu’est-ce que vous me chantez là? rouspète la dame élégante. Coudre un ourlet, ça ne prend que quelques minutes; vous avez bien le temps!
 
Et me regardant, elle poursuit avec une gentillesse aussi abrasive qu’une éponge à récurer.
 
— Elle peut bien attendre! À la voir, elle ne semble pas pressée, elle! Et puis, je ne vois personne à part nous. Faites donc les six autres morceaux; vous avez amplement le temps. J’étirerai mon café jusqu’à dix minutes.
 
La femme tourne les talons et s’en va, la démarche aussi raide et inflexible que son caractère. Je regarde ma charmante couturière avec un sourire qui se veut aimable et bienveillant, lui signalant, qu’effectivement, je pouvais attendre.
 
Mais le mal est fait. Même si j’essaie d’adoucir l’événement, la tristesse reste présente sur ses traits.
 
Ce n’était pas grand-chose, me direz-vous. Quelques mots lâchés et d’autres contenus dans le regard… Pourtant c’étaient des mots chargés de colère, de mépris, d’absence de considération et d’amabilité.
 
Je sais, je ne devrais pas m’en faire, mais je pense quand même à cette ouvrière talentueuse, avenante et serviable. Comment pouvait-on être aussi dur devant tant de gentillesse? Je m’en étonne encore!
 
Mon père aime à nous répéter que ce n’est pas l’éducation qui donne de l’humanité à un individu, mais bien son cœur et la considération avec laquelle il embrasse le monde. Encore une fois, mon père a raison.
 
La dame n’avait pas été prévoyante… Elle avait une activité et s’était prise en retard. De toute évidence, le blâme lui revenait. Mais, le fait d’assumer demande une certaine maturité; maturité qui était totalement absente de ce cœur déjà usé par la vie.
 
Pardonnez-moi, j’avais besoin d’en parler, de me confier à des oreilles à l’écoute, à des cœurs sensibles et tolérants, à des gens toujours amoureux de cette espèce qu’on appelle l’humain.
 
En ce lundi matin, je pense à mes mots que je trouve si beaux, si lumineux. Comment pouvaient-ils être sombres et malveillants? Je sais, ça dépend de la bouche de laquelle ils tombent…
 
C’est clair, ce ne sont ni mes mots ni mon langage. Prenez votre café avec moi, voulez-vous? Ainsi, j’oublierai ces mots qui blessent et je ne retiendrai que la bienveillance encore présente dans le cœur des hommes et des femmes.
 
Bonne semaine chers amis!
 
Jocelyne Gagné (Mésange)
 
 
 

lundi 8 février 2016

Pour donner une chance à la vie

On vit dans l’abondance.
 
Mais on vit aussi dans l’ignorance. Dans l’ignorance que cette abondance à un coût. Un coût trop élevé pour le plaisir que l’on en retire.
 
Nous avons de l’eau, de la nourriture, un toit, une voiture. Nous avons des luxes, des petits plaisirs de vie auxquels nous ne sommes pas disposés à se soustraire. Et même si la récession tire fortement sur la corde de notre bourse cherchant à s’accaparer nos beaux dollars, on continue de savourer les repas au resto et de profiter des 5 à 7 bien arrosés.
 
Chaque minute, près quatre-vingts personnes dans le monde meurent à cause de la faim et dans ce chiffre, on dénombre soixante enfants. Chaque minute, sept personnes dans le monde meurent faute d’eau potable.
 
Le coût de cette abondance se calcule en vies humaines. Des vies qui sont bien loin des nôtres…
 
Ce ne sont pas des ours, des abeilles, des blanchons (bébés phoques) qui meurent; ce sont des enfants, des mères, des pères, des grands-parents, des personnes qui ont un visage, une vie, une histoire. C’est de nos frères «humains» dont il est question, ceux-là même qui attendent de nous un effort. Certes, on les voit sur nos écrans de télé. On s’en émeut un instant, puis on change de chaîne; le spectacle n’est pas suffisamment «divertissant».
 
Serait-il possible de réduire notre consommation afin de rééquilibrer les plateaux de la balance? Pourrait-on partager plus largement notre abondance afin que d’autres puissent vivre? En y songeant bien, pourrait-on simplement envisager une vie plus simple, plus sobre afin d’offrir une qualité de vie acceptable aux autres?
 
« Ah, mais avant de songer à ces affamés vivant à des milliers de kilomètres d’ici, songeons plutôt à nos pauvres! »
 
Permettez-moi une petite parenthèse, car il y a quelque chose qui me contrarie chez nos pauvres… L’an dernier, j’ai voulu donné à un organisme d’entraide une énorme télévision (écran plat, vieux modèle certes, mais en bon état; le genre de télé qui pèse lourdement, quoi!) on m’a répondu qu’ils n’en voulaient pas. Leur clientèle préférait des écrans « plasma »… Oh!!! Sans le savoir, on venait de me clouer le bec avec ce constat : nos pauvres ont des goûts de luxe! Alors je me suis tournée vers ceux dont la malchance, l’ignorance de moyens ou le manque de ressources a cruellement affligé leur vie. Je préfère offrir de l’eau, de la nourriture, des vêtements, la possibilité d’un abri à des gens vraiment démunis. Les pays ne sont pas identiques; certains ont un climat peu propice à la culture, d’autres sont soumis à des catastrophes naturelles récurrentes, quelques-uns sont aux prises avec des dirigeants favorisant une politique qui empêche l’acheminement de matériels et de vivres de premières nécessités vers le peuple.
 
Nous vivons dans l’abondance : abondance de ressources, de biens, de choix. Nous vivons aussi en pénurie d’amour, de compassion envers notre prochain qui se trouve à l’autre bout de la planète, vivant sous le même soleil que nous. Il ne peut imaginer un instant que nous sommes là à regarder l’irréalisme de nos vies sur un écran pendant que lui se débat pour vivre.
 
Imaginons un instant que nous avons moins de café, moins de pain, moins de beurre sur nos tables, en somme moins de ce que nous utilisons tous les jours. Imaginons un instant que, par souci de partage, nous avons permis à plus de vies d’exister…
 
Ça vaut la peine d’essayer.
 
« Vivons simplement pour que d'autres puissent simplement vivre. »
- Mahatma Gandhi
 
Pourquoi attendre que les gouvernements nous donnent la direction? Nous savons ce qui est humain et ce qui ne l’est pas. Ce monde est à nous. Ce monde, c’est nous! S’entraider afin de mieux vivre ensemble, voilà le premier pas vers la paix.
 
Bonne semaine tout le monde!
 
Jocelyne Gagné (alias Mésange)
 

lundi 1 février 2016

Parler quand il faudrait écouter

Parce qu'il m'arrive de me prendre pour Jeanne D'Arc cherchant à sauver le monde, je suis là à grimper sur mon fougueux cheval noir, soulevant mon bouclier et mon épée pour défendre ceux que j'aime. Pas le temps d'écouter; mon cheval est déjà parti et mes cris de guerre lancés.
 
Mais au fond, ce que je devrais faire c'est tout simplement retenir mon cheval, me taire et écouter... très attentivement.
 
Pour tous ceux et celles qui, comme moi, sont aux prises avec cette irrépréssible envie de tout régler, de vouloir aider à tout prix, voici un texte de Jacques Salomé qui porte à réfléchir...
 
Bon lundi tout le monde et bonne écoute!
 
Jocelyne Gagné (Mésange)
 
 
 
Écoute-moi
 
Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
Accorde-moi seulement quelques instants
Accepte ce que je vis, ce que je sens,
Sans réticence, sans jugement.


Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
Ne me bombarde pas de conseils et d'idées
Ne te crois pas obligé de régler mes difficultés
Manquerais-tu de confiance en mes capacités?

Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
N'essaie pas de me distraire ou de m'amuser
Je croirais que tu ne comprends pas
L'importance de ce que je vis en moi

Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
Surtout, ne me juge pas, ne me blâme pas
Voudrais-tu que ta moralité
Me fasse crouler de culpabilité?

Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
Ne te crois pas non plus obligé d'approuver
Si j'ai besoin de me raconter
C'est simplement pour être libéré

Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
N'interprète pas et n'essaie pas d'analyser
Je me sentirais incompris et manipulé
Et je ne pourrais plus rien te communiquer

Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
Ne m'interromps pas pour me questionner
N'essaie pas de forcer mon domaine caché
Je sais jusqu'où je peux et veux aller

Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
Respecte les silences qui me font cheminer
Garde-toi bien de les briser
C'est par eux bien souvent que je suis éclairé

Alors maintenant que tu m'as bien écouté
Je t'en prie, tu peux parler
Avec tendresse et disponibilité
À mon tour, je t'écouterai
 

   Jacques Salomé
 
 

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