lundi 24 avril 2017

L’eau monte; le moral descend!

Quand on pense au printemps, on songe aux jolies robes, aux températures plus douces, aux couleurs qui surgissent du sol. Notre mémoire nous rappelle les belles soirées à flâner le long du fleuve avec, en bruit de fond, la pétarade des motos. Le soleil pousse les gens à nettoyer leur terrasse, leur cour, leur barbecue. Et l’intérieur des maisons? Ça va de soi; on fait le grand ménage! Évidemment, on finit par regarder tous ces articles qu’on entrepose année après année avec une pointe d’agacement dans le cœur. On s’en veut de les avoir laissé entrer. On se culpabilise de leur indiquer la sortie. 

Ben oui, c’est encore bon! Pourquoi s’en départir? 

Le printemps est là. 

Et les couleurs? Elles hésitent. 

Le gris sale monopolise le décor. Et le moral. 

Le ciel continue de déverser son eau… Encore et encore. Si bien que les sous-sols se remplissent au même rythme que les poches se vident. Ce printemps va coûter cher. Pour beaucoup de monde. Même les gens situés loin des rives écopent. Pas facile! 

Et une fois que l’eau s’est fait un chemin dans votre chez-vous (ce chez-vous si accueillant, si chaleureux, si confortable), elle tend à y retourner à chaque grosse averse. 

Soupir...

Puis tous ces objets que l’on hésitait à jeter flottent tout comme ces malheureux navires qui prennent l’eau. Et vous, vous regardez ces « éponges » se gorger de votre découragement.

Soupir...

Il va falloir pomper toute cette eau, éponger le sol et jeter ce qu’on croyait pouvoir garder pour un au-cas-où. 

Le printemps prend une drôle d’allure quand vous mettez au chemin vos avoirs (ceux que vous ne vouliez plus et ceux que vous vouliez conserver). Il n’y a rien de joyeux à nettoyer en vitesse pour éviter les champignons ou toute autre pourriture. On se demande alors à quoi sert un sous-sol si ce n’est qu’à servir d’entrepôt à notre manque de courage à prendre une décision. 

Il n’y a pas que les sous-sols qui souffrent de nos débordements émotifs. Chaque pièce contient un nombre incroyable d’objets qui ne servent plus. 

Et un objet qui ne sert plus n’a plus sa raison d’être; il doit servir ou bien partir. C’est assez simple! 

Que ce soit dû aux pluies, aux rivières qui débordent ou à la tuyauterie qui lâche, il y a une petite prise de conscience à faire lorsque l’eau vient nous gâcher l’existence : 

 Il est peut-être temps de se détacher de ses biens!

Quand on y pense, ce ne sont qu’un bureau, un canapé et des livres… On les a un jour aimés, appréciés et utilisés… Il faut les laisser partir, non pas par dépit, mais avec gratitude. Ils nous ont rendu service et maintenant, pourquoi ne pas en profiter pour épurer notre environnement et faire de la place à la vie? Pourquoi ne pas saisir cette occasion pour faire le point sur notre façon de consommer? 

Au lieu de passer notre temps à chercher de l’espace pour tous ces objets, à nous inventer des systèmes pour ranger et classer nos avoirs, pourquoi ne pas utiliser ce temps pour vivre et vivre vraiment? 

Et si toute cette eau nous apprenait une des plus grandes leçons de vie? Que l’existence, la nôtre, prend toute son expansion non pas entre les quatre murs de notre maison, mais bien dehors avec la nature et les gens. Que ce qui nous anime et nous comble, ce ne sont pas nos possessions, mais l’expérience même de la vie. 

Si le printemps hésite à montrer ses couleurs, ce n’est que pour une raison : lui aussi fait son ménage! 

En ce lundi matin, regardez de plus près la relation que vous entretenez avec les objets et les gens. Le détachement a du bon; il nous donne une plus grande flexibilité et une plus grande liberté nous octroyant ainsi un plus grand pouvoir sur les circonstances. 

Finalement, si vous êtes tentés d’acheter, de pousser le vieux avec du neuf, OK, pas de problème, mais avant, assurez-vous que ce qui va entrer dans votre maison ne devienne pas une lourde chaîne qui vous retiendra à l’arbre de vos possessions. 

C’est long longtemps une vie privée de toute liberté! C’est souffrant une vie quand on porte sur le dos tous ces biens qu’on a accumulés au fil des ans! Entre vous et moi, c’est de la misère optionnelle. 

Bon lundi et bonne semaine tout le monde! 

Jocelyne Gagné (Mésange)  


[La rivière des Mille-Îles, Terrebonne, 23 avril 2017]

lundi 10 avril 2017

Bonne tête et gros bras

Du plus loin que je me rappelle, j’ai toujours trouvé que les étapes d’un projet me faisaient l’effet de dos-d’âne disposés en travers de la chaussée m’obligeant à ralentir, moi qui m’obstinais à vouloir arriver au plus vite au résultat.

Cela m’a pris des années avant de réaliser que si je ne voulais pas me casser la gueule dans ma hâte d’en finir au plus vite, j’allais devoir procéder autrement. 

En disposant d’un plan. 

D’un plan marqué d’étapes et d’un échéancier. 

Je vous entends déjà ronfler… Je vous comprends. 

J’ai jadis ronflé, et ce, pour les mêmes raisons. 

Et plus d’une fois, j’ai dû soigner mon nez (et certaines parties de mon anatomie sensibles aux coups durs de la vie) à cause d’une insuffisance de réflexion et de préparation; l’expérience m’a démontré à la dure que si on ne procède pas par étapes, on n’y arrive tout simplement pas. 

Je le reconnais : je suis portée à mettre la charrue devant les bœufs… Par conséquent, il m’arrive de m’énerver devant cette même charrue et de me plaindre qu’elle n’avance pas, grognant contre ces bêtes qui me bousculent par-derrière et dont l’odeur ferait fuir les mouches et toute bonne volonté. Bref, cela demande tout un contrôle pour revenir à mes fameuses étapes… Et du courage. 

Pourquoi est-ce que je vous raconte ça? Eh bien, parce que c’est facile de s’éparpiller et de dilapider son énergie aux quatre vents. Il est commode de sauter des étapes (surtout celles qui nous rebutent) en se disant que personne ne va le remarquer, qu’on va y arriver avec peu d’efforts. 

C’est toujours ce que l’on croit. 

Oui, c’est facile de s’épuiser à être partout à la fois tout ayant l’impression que rien n’avance. C’est tuant psychologiquement de se rendre compte qu’il y a toujours quelque chose qu’on a oublié de faire à la fin de la journée. Et plus encore, que ce sur quoi on a consacré tous nos efforts et que l’on a fait à la perfection ne comptait que pour des « peanuts ». 

Je le sais, car je l’ai vécu. Plus d’une fois. Et je peux vous certifier qu’un plan simple vaut mieux que pas de plan du tout. Qu’un plan simple vaut mieux qu’un plan parfait qu’on laisse dormir dans le tiroir. Et j’ai réalisé aussi ceci : certaines tâches doivent être faites que ça nous plaise ou non et que la perfection, à certains moments, n’a pas sa place. 

Alors, j’ai fait un plan pour tout ce qui semblait énorme dans ma vie. Le fait de procéder par étapes, un coup de pelle à la fois, m’a assuré de deux choses : 1) le tas de terre qui me dérangeait va finir par disparaître et 2) si j’ai été capable de charrier quarante-huit brouettées de terre, je pouvais réaliser n’importe quoi. 

Vous savez quoi? Mon tas de terre a disparu. Le tri des papiers a été fait. La vente des outils tire à sa fin. Le garage s’est vidé de tout ce qui l’encombrait et la maison respire la fraicheur et le renouveau pour les prochains occupants. Je suis fin prête à entamer la prochaine étape : laisser tout doucement certains souvenirs se dissoudre dans le temps et fixer mon attention sur le présent - celui-là même qui forgera mon futur. 

Un plan, c’est bien. Et le suivre méthodiquement en restant ouvert aux surprises de la vie, c’est encore mieux. 

En ce lundi matin, je vous invite à procéder par étapes dans tout ce qui vous semble gros, insurmontable. En somme, allez-y un coup de pelle à la fois. 

Bonne semaine! 

Jocelyne Gagné


lundi 16 janvier 2017

Être tout simplement

S'arrêter.

Contempler.

Méditer.

Laisser les pensées circuler comme l'eau de la rivière.
Permettre au coeur de s'ébattre dans la lumière.
S'enraciner dans le présent afin de déployer son âme.


Jocelyne Gagné (Mésange)


[Vieux-Terrebonne, Québec - Solstice d'hiver 2016]


mercredi 11 janvier 2017

Il y a de quoi être heureux

Ne pas rester désappointé sur ce qu'on vient de vivre, 
mais bien se réjouir de ce que nous avons et de ce vers quoi nous tendons.

Jocelyne Gagné (Mésange)



lundi 9 janvier 2017

À l'écoute de ce qui nous habite

Après ce long silence, sans avis de ma part, vous êtes en droit de vous questionner. Quel genre de blogueuse suis-je donc pour manquer ainsi à mes devoirs? Je suis avant tout humaine; un être avec des forces et des faiblesses. Et puis les mots n’arrivaient pas à sortir, noyés dans le malström des émotions des derniers mois. Alors les mains se sont occupées, et le cœur, lui,  s’est mis à pomper le sang dans les veines, fournissant une quantité phénoménale d’énergie. Car il faut que ça bouge que ça nous plaise ou non.
 
C’est ce qui se passe après le départ d’un être cher; la vie avance en accéléré.

Mais là, tout s’est arrêté. Et c’est ce que je voulais. Je voulais ressentir. Ressentir le vide, la perte, l’absence de vie autour de moi. J’ai goûté au silence à m’en délecter,  jusqu’à en avoir la nausée. J’ai senti mon cœur battre plus fort, et par moments, trembler de peur.

De quoi sera forgé demain? Où m’en vais-je? Que vais-je faire après la vente de la maison? 

Tant de questions et si peu de réponses.

Alors j’ai laissé le silence s’installer tout autour de moi et en moi. J’en avais besoin. Les questions me terrorisaient et les réponses logiques ou farfelues tout autant. J’ai pris ce temps et eu un formidable tête-à-tête avec mon cœur dans un petit café. La lumière était extraordinaire! J’ai fixé alors mon attention sur le « moment présent ». Sur ce que je ressentais…

Je vivais un mélange de peur, de courage, d’optimisme démesuré et de doutes… J’étais totalement tiraillée de l’intérieur. Mes amis me suggéraient d’aller de l’avant et d’autres de faire le point sur mes hiers. Et moi? Je voulais être dans le présent. Simplement là à ressentir le mélange de joie, de douleur, de tristesse et d’émerveillement. Simplement pour réapprendre à vivre dans les petites choses; ces petits miracles qui se font sans qu’on s’en rende compte.

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout cela? Parce qu’on est humain et on a droit à l’erreur, à ressentir la peur; on a le droit de douter et d’être triste à certains moments. On a le droit d’être humain, vulnérable et sensible.

Oui, il y a un temps pour chaque chose… Il y a un temps pour guérir afin de pouvoir se relever et soulever le monde. Il y a un temps pour faire la paix avec soi-même en acceptant d’être fragile et totalement démuni. Et c’est dans ces moments-là que la vie nous fait cadeau du merveilleux.

La lumière est si belle quand on la regarde!

Elle est si chaude lorsqu’elle nous enveloppe!

Elle est si merveilleuse quand elle embrase notre cœur!

En ce lundi matin, je vous invite à accueillir la vie… Et ses complications? Avec souplesse. Tout est bien ainsi. Parfaitement bien ainsi. C’est lorsqu’on est à terre qu’on remarque la vie à nos pieds. C’est lorsqu’on s’élève que les étoiles deviennent un but à atteindre.

Et là, c’est le moment pour moi de regarder le ciel et tout son contenu.

Vivez, mes amis, ce que vous avez à vivre « en ce moment ». Ne fuyez pas ce que vous ressentez. Au contraire, ressentez jusqu’à ce que la clarté se fasse dans votre cœur. Après? Eh bien, venez contempler le ciel à mes côtés!

Bonne semaine tout le monde!

Jocelyne Gagné (Mésange)
 
P.-S. Puisque nous entamons une nouvelle année, j’ai décidé, pour 2017, de faire les choses différemment. Désormais, je vais écrire non pas chaque lundi matin, mais bien en vous surprenant par un billet quelque part au cœur de la semaine, selon l’inspiration du moment. Que de plaisir à venir! Rien que du bon et du savoureux! Comme je suis très heureuse de vous retrouver! 




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