lundi 22 février 2016

Moins c’est clair, plus c’est flou!

Dans le couple, il y a des règles assez claires : je fais ceci, tu fais cela, et ce, selon les talents ou la disponibilité de chacun. Jusque-là, ça va. Mais il y a des tâches qui reviennent à l’un ou à l’autre sans qu’il y ait entente préétablie. Qui produit les déclarations fiscales, fait le ménage du printemps, s’occupe de magasiner les assureurs et de prendre les rendez-vous chez le dentiste, le médecin, le garagiste, etc.? Ces obligations qui reviennent une ou plusieurs fois dans l’année incombent non pas à celui qui souhaite s’en occuper, mais bien à celui qui veut que ça se fasse afin de pouvoir passer à autre chose.
 
À la longue, celui qui hérite de tout finit par en avoir sa claque. Et s’il exprime son exaspération, on lui reprochera qu’il avait juste à ne pas en faire autant…
 
Misère.
 
Souvent, le conflit s’installe quand les charges sont mal réparties. Et elles le sont la plupart du temps.
 
Évidemment, on ne peut pas s’asseoir et affecter les tâches (ou responsabilités) tout d’un bloc lorsqu’on emménage ensemble. La répartition se fait sans qu’on ait à négocier. Je fais le lavage, pourrais-tu m’aider avec le lave-vaisselle? Cela va de soi. D’ailleurs, on est si heureux de s’entraider. Et si l’autre est débordé, alors on prend les bouchées doubles afin que notre partenaire puisse souffler un peu. Après? C’est là que ça fait mal. L’autre oublie rapidement sa collaboration; cette participation qui nous était si précieuse. Son travail prend de plus en plus de place, tellement que, tout nous retombe sur les bras.
 
Et puis, avec les années, on a tellement bien géré l’ingérable, le difficile-et-compliqué, le pas-drôle-à-faire, qu’on compte encore sur nous puisque nous avons maintenant tellement d’expérience à notre actif. Mon avis? Ce n’est pas honnête!
 
Permettez-moi d’imager mon propos : par un beau matin du mois de juin, vous décidez d’aller cueillir des fraises, car vous aimez ces petits fruits rouges. Après avoir passé deux heures accroupi dans les rangs à vous battre contre les bibittes qui vous escaladent dans le but d’aller planter leur joli drapeau dans le gras de vos fesses (et contre celles aussi qui tentent de vous pomper le sang derrière l’oreille), vous rentrez à la maison, le coffre arrière de l’auto rempli de paniers de fraises qui serviront à faire des tartes, des confitures, en somme, des réserves pour l’hiver. L’année suivante, étonnamment, on vous demande si vous seriez enclin à y retourner. Bien sûr! Si ça peut faire plaisir! Et là, sans le savoir, on vient de vous attribuer cette mission à vie. Inconsciemment, bien entendu. Vous avez, comme qui dirait, créé un précédent qui vous liera à cette obligation. Et pour vous en défaire, vous devrez être un fin stratège, car l’autre aura un avantage sur vous : il n’a pas l’expérience, vous si : vous êtes devenu(e) si efficace, si serviable et si tout-ce-que-vous-voulez-pourvu-que-vous-le-fassiez… Pauvre de vous! Vous ne vous en sortirez pas avec de jolies courbettes. Désolée!
 
Ne croyez pas que je m’acharne à brosser un tableau pessimiste de la vie de couple, loin de là. Je ne fais que constater cet état de fait présent dans beaucoup de relations. Et j’aimerais – en toute sincérité – renverser cette tendance qui pèse trop souvent sur les épaules de l’un des deux conjoints.
 
On pourrait croire qu’il y a dans le couple celui qui prend les devants et l’autre qui se fie. Peut-être… Je préfère croire que nous avons des forces et des compétences dans des champs d’activités différents. C’est ce qu’on appelle la complémentarité. Et je dirais qu’il y a même plus. Je soupçonne la présence d’un élément qui influence de façon significative la vie de couple, c’est-à-dire le désir absolu de rendre la vie agréable à l’autre. Donc, au lieu de se fier ou de tout prendre sur leurs épaules, les conjoints devraient s’entraider en alternance. Et pour ces tâches qui reviennent de façon cyclique, chacun pourrait se donner comme objectif d’apprendre à les faire. Non, ce n’est pas trop long à apprendre ou à montrer. Du moins, pas plus long qu’une bonne dispute ou une réconciliation qui tarde à venir.
 
Je puis vous l’assurer : une fois exacerbée, la frustration prend un temps fou à s’apaiser. Alors, faisons l’effort d’expliquer à l’autre la marche à suivre pour la comptabilité, le ménage du printemps, les déclarations fiscales, etc. Et de l’autre côté, soyons curieux et disponible pour apprendre. Si ces tâches ne semblent pas attrayantes pour nous, elles sont tout aussi rebutantes pour l’autre.
 
En ce lundi matin, prenez un instant pour vous assurer que les tâches sont bien réparties dans votre couple. Et juste pour le plaisir, échangez-les. Il n’y a rien de mieux pour comprendre, réaliser et apprécier tout ce que l’autre fait pour nous.
 
Bon lundi et bonne semaine tout le monde!
 
Jocelyne Gagné (Mésange) 

2 commentaires:

  1. D'une plume enjouée, confirmer que le partage des tâches est parfois un parcours de combattante !

    D'une plume allègre,te souhaiter un bon dimanche et une semaine où le partage sera honoré ,

    Amicales pensées, Michèle

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    1. Chère Michèle, tes mots ne manquent jamais de me réjouir. Merci pour ce petit détour en chemin, pour ces bons voeux laissés en passant et qui, comme un air entraînant, rendent mon travail joyeux.

      Que ta semaine soit honorée par l'arrivée du doux temps et le murmure du dégel. Bonne semaine Michèle! xoxo

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