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Anxieux ou curieux?

Mes chers amis,
Le confinement prend fin. Graduellement. Certes, le retour au travail nous rend un peu nerveux. C'est normal. On est en droit de s'interroger. Comment sera l'ambiance au travail? Serons-nous isolés, soumis à plus de pression, repris dans les mêmes conditions qu'auparavant? Et pour certains, l'attente est longue. Pas de nouvelles d'un retour possible. Alors, on espère... 

Beaucoup de questions qui suscitent l'angoisse. Et si c'était différent? Si au lieu d'être anxieux on devenait curieux?

Je vous invite à regarder cette petite capsule vidéo. Parfois, on a juste besoin d'un peu curiosité pour se sentir mieux. Vraiment mieux!

Jocelyne xo



Sur le vif!

Comme ça, sans raison, j'ai envie de vous écrire. De quoi vais-je vous parler? Parce qu'il faut bien avoir un sujet à soumettre. On ne se lance pas comme ça sur le clavier avec aucune idée en tête. Cela ferait trop spontané. Trop... sur le vif! Comme une pièce de viande qu'on lance sur un gril extrêmement chaud. Et puis, pourquoi pas?

Eh bien, il y a des règles à suivre, non?
Non.
Pas aujourd'hui.

Aujourd'hui, je fais différent. Pourquoi? 
Ben oui, pourquoi au juste?
Parce que je suis trop «predictible» (prévisible).
C'est vrai, on me voit venir de loin.

La preuve? J'étais au resto cet après-midi et au moment de passer la commande, mon neveu a lancé: «Et toi, tu vas prendre une salade césar.»
Non pas une salade césar avec un point d'interrogation.
Mais une salade césar, point.
Prévisible vous dites?
Un peu trop.

Alors, pour casser le moule de ce manque d'originalité, j'ai décidé de prendre quelque chose que je ne mange jamais, jamais, jamais au resto. (Est-ce que j'ai dit le mot jamais? Oui, je l'ai dit, mais je me sens le devoir de le répéter. Je ne prends JAMAIS de viande rouge au resto.) Pourquoi? Parce que les portions sont conçues pour des gars qui travaillent sur des chantiers. Et moi, je mange comme un oiseau, une souris ou une fourmi. (Sauf que je ne trimbale pas ma nourriture sur le dos. Quand même!)

Bref, j'ai choisi de la viande... rouge.
Mon neveu et mes parents en sont presque tombés sur le dos.
Et moi?
J'ai aimé ça!
J'ai aimé faire différent.
Mais surtout, j'ai aimé surprendre ma famille.
Et le fait de susciter l'étonnement a éveillé quelque chose en moi: l'envie de recommencer.

Pas juste au resto.
Dans tout ce que je fais.

J'ai lu un livre récemment sur les types de personnalités. Et il y avait un truc à l'intérieur de celui-ci qui m'a fait réagir.

Je vous le résume:

Dans un restaurant, on donne un menu à trois personnes.
La première regarde le menu et essaie un nouveau plat: type aventurier
La deuxième regarde le menu jusqu'au bout pour détecter les produits sans lactose: type méfiant.
La troisième regarde vite fait le menu et choisit une valeur sûre, le plat habituel: type conservateur.

Honnêtement, je n'ai pas envie d'être du type conservateur, vous voyez?
Je préfère être originale, quelque peu excentrique, un brin fo-folle! Pas du tout, pas du tout, pas du tout conservateur ou prévisible. 

Je vous le confirme: aujourd'hui est le premier jour du JE FAIS DIFFÉREMMENT!

Pourquoi?
Pour faire changement.
Pour me faire du bien.
Pour voir ce que ça va donner au bout du compte.

Peut-être que je vais être la même femme qu'avant.
Peut-être pas.
C'est sûr qu'en faisant les choses autrement, je vais obtenir des résultats différents.
Est-ce que ce sera mieux? Ou pire?
Je ne le sais pas.
Mais j'essaie.
Pour le plaisir.
Et pour le bonheur de me surprendre.
Et surprendre les gens autour de moi.

Qu'est-ce que je ferai demain?
Ce sera une surprise...
Pour moi.
Pour vous!


Jocelyne xoxo


What do you want?

Sometimes you have to know what you really want.
Just for yourself.
You've spent too much time to please others.
Instead of you.
Yes you!
You've done that so many times that you do not even know what you do want.
It’s terrible.
Dramatic.
But not irreparable.

What you must do is find what enlightens you.
Deeply.
Generously.
Constantly.
Look for what brings you joy.
What brings you love.
What brings you good feelings, satisfaction, wholeness.
Go further!
New things, new emotions are not dangerous.
So don’t be afraid. 
Opportunities are all around.
Help is coming.
Good things are waiting for you.
All the time.
Every second.
Each moment.

Please take time to know what do you want.
For you. 
For your life.
In this wonderful journey through the existence.

Life is short.
But full.
Full of rewarding and meaningful experiences.
So pick one at the time with calm and confidence.
And see what you really want, need and wish for you.
I hope it’s the best.
Always the best.

Jocelyne Gagné


(Liverpool, Nova Scotia - 2017) 

Bonne tête et gros bras

Du plus loin que je me rappelle, j’ai toujours trouvé que les étapes d’un projet me faisaient l’effet de dos-d’âne disposés en travers de la chaussée m’obligeant à ralentir, moi qui m’obstinais à vouloir arriver au plus vite au résultat.

Cela m’a pris des années avant de réaliser que si je ne voulais pas me casser la gueule dans ma hâte d’en finir au plus vite, j’allais devoir procéder autrement. 

En disposant d’un plan. 

D’un plan marqué d’étapes et d’un échéancier. 

Je vous entends déjà ronfler… Je vous comprends. 

J’ai jadis ronflé, et ce, pour les mêmes raisons. 

Et plus d’une fois, j’ai dû soigner mon nez (et certaines parties de mon anatomie sensibles aux coups durs de la vie) à cause d’une insuffisance de réflexion et de préparation; l’expérience m’a démontré à la dure que si on ne procède pas par étapes, on n’y arrive tout simplement pas. 

Je le reconnais : je suis portée à mettre la charrue devant les bœufs… Par conséquent, il m’arrive de m’énerver devant cette même charrue et de me plaindre qu’elle n’avance pas, grognant contre ces bêtes qui me bousculent par-derrière et dont l’odeur ferait fuir les mouches et toute bonne volonté. Bref, cela demande tout un contrôle pour revenir à mes fameuses étapes… Et du courage. 

Pourquoi est-ce que je vous raconte ça? Eh bien, parce que c’est facile de s’éparpiller et de dilapider son énergie aux quatre vents. Il est commode de sauter des étapes (surtout celles qui nous rebutent) en se disant que personne ne va le remarquer, qu’on va y arriver avec peu d’efforts. 

C’est toujours ce que l’on croit. 

Oui, c’est facile de s’épuiser à être partout à la fois tout ayant l’impression que rien n’avance. C’est tuant psychologiquement de se rendre compte qu’il y a toujours quelque chose qu’on a oublié de faire à la fin de la journée. Et plus encore, que ce sur quoi on a consacré tous nos efforts et que l’on a fait à la perfection ne comptait que pour des « peanuts ». 

Je le sais, car je l’ai vécu. Plus d’une fois. Et je peux vous certifier qu’un plan simple vaut mieux que pas de plan du tout. Qu’un plan simple vaut mieux qu’un plan parfait qu’on laisse dormir dans le tiroir. Et j’ai réalisé aussi ceci : certaines tâches doivent être faites que ça nous plaise ou non et que la perfection, à certains moments, n’a pas sa place. 

Alors, j’ai fait un plan pour tout ce qui semblait énorme dans ma vie. Le fait de procéder par étapes, un coup de pelle à la fois, m’a assuré de deux choses : 1) le tas de terre qui me dérangeait va finir par disparaître et 2) si j’ai été capable de charrier quarante-huit brouettées de terre, je pouvais réaliser n’importe quoi. 

Vous savez quoi? Mon tas de terre a disparu. Le tri des papiers a été fait. La vente des outils tire à sa fin. Le garage s’est vidé de tout ce qui l’encombrait et la maison respire la fraicheur et le renouveau pour les prochains occupants. Je suis fin prête à entamer la prochaine étape : laisser tout doucement certains souvenirs se dissoudre dans le temps et fixer mon attention sur le présent - celui-là même qui forgera mon futur. 

Un plan, c’est bien. Et le suivre méthodiquement en restant ouvert aux surprises de la vie, c’est encore mieux. 

En ce lundi matin, je vous invite à procéder par étapes dans tout ce qui vous semble gros, insurmontable. En somme, allez-y un coup de pelle à la fois. 

Bonne semaine! 

Jocelyne Gagné


Les grandes transformations

Certains disent que l’évolution d’une personne se fait petit à petit et que seuls quelques privilégiés prendront la voie express. Mais ce qu’on ne dit pas c’est que cette fameuse voie plus directe et plus rapide est celle de la douleur, de la souffrance, de la difficulté. Du pénible à soulever. 

- Mais qui serait assez fou pour la choisir délibérément? 
- Quelques-uns seulement. 
- Des fous, assurément, me diriez-vous. 
- Des fous, certes, mais pas si fous que ça… 

La difficulté ou l’épreuve peut nous tomber dessus à tout moment. On aurait beau dire qu’on ne l’a pas choisie, mais la vie semble nous démontrer le contraire. Selon elle, on a tout fait pour l’attirer… dans notre vie. Voilà, on est pris avec le problème. On a deux choix : l’ignorer jusqu’à ce qu’il devienne si gros qu’il obstrue notre champ de vision ou s’en occuper. 

Néanmoins, il arrive qu’on trouve la charge si énorme pour nos pauvres épaules qu’on doit se transformer pour y arriver. Alors, on met de côté la peur qui nous paralyserait et on fonce. On ne sait pas si notre tête va résister, si le cœur ne va pas lâcher, si le corps ne va s’épuiser à force d’en abuser. On fonce et «advienne que pourra!». Et étrangement, voilà que le corps change et devient plus fort, plus résistant. Voilà que la tête devient plus solide et plus déterminée. Voilà que le cœur s’enthousiasme à voir les progrès réalisés. 

La transformation s’opère non pas dans la facilité mais dans l’effort et la lutte contre nos blocages, nos limitations, notre incompréhension de ce qui nous arrive et notre incapacité à s’adapter et à gérer ce qui nous afflige. On se sent compressé, écrasé comme un bourgeon prêt à éclore, terrorisé à l’idée de ne pas pouvoir s’en sortir… vivant. 

Mais si le bourgeon éclot chaque printemps et survit à sa transformation, nous aussi allons survivre à celle-ci. Et plus encore, on va s’épanouir et ouvrir tout grand nos bras pour accueillir le nouveau. 

Les transformations peuvent être soudaines, brutales, mais rarement fatales. Au contraire, ce passage nous permet d’abandonner notre «vieille peau» (une version de nous-mêmes désuète) pour être soi. 

En ce lundi, je vous invite à ne pas redouter les grandes transformations… Accueillez-les et voyez votre vie éclore comme la feuillaison à l’arrivée de la douce saison. 

Soyez un peu fous et transformez-vous! 

Bonne semaine tout le monde! 

Jocelyne Gagné (Mésange) 


Ne pas craindre l'ampleur de la tâche

Je ne voulais pas rester silencieuse ce matin... Même si je suis en train de procéder aux dernières retouches de mon manuscrit et que chaque minute compte, je voulais être près de vous. Tout simplement.
 
J'avais envie de vous partager un texte que j'ai trouvé dans une vieille boîte à chaussures. Au bas de la page, le nom de l'auteur n'y figurait pas. Non pas qu'il avait oublié de signer ses mots, mais probablement que celui qui avait repris le texte avait omis, par oubli, de le noter.
 
Voici...
 
Bonne lecture et bonne semaine tout le monde!
 
Jocelyne
 
 
* * *
Une grande montagne couvre de son ombre un petit village. Privés de soleil, les enfants sont rachitiques. Un beau jour, les habitants voient le plus ancien d’entre eux se diriger vers les abords du village, une cuillère en céramique dans la main.

- Où vas-tu ? lui demandent-ils.

- Je vais à la montagne.

- Pour quoi faire ?

- Pour la déplacer.

- Avec quoi ?

- Avec cette cuillère.

- Tu es fou ! Tu ne pourras jamais !

- Je ne suis pas fou: je sais que je pourrai jamais, mais il faut bien que quelqu'un commence.

* * *

C'est juste de l'eau!

 
 
Histoire de bien démarrer la journée et de se réveiller en douceur, j’ai deux petites questions pour vous : craignez-vous de vous embarquer dans un projet? Hésitez-vous à mettre un pied dans l’eau et de vous « mouiller », comme on dit? Avant d’y répondre, permettez-moi d’imager mon propos...
 
Certains d’entre nous, lorsque l’envie leur prend de se baigner, trempent le gros orteil dans l’eau pour vérifier si elle est suffisamment chaude (on ne veut pas perdre ce confort si durement mérité, n’est-ce pas?). Une fois qu’ils sont rassurés, ils consultent le thermomètre, s’informent auprès des autres baigneurs, se renseignent auprès de Météo Média pour s’assurer que la vélocité du vent ne viendra pas refroidir d’un seul coup  l’eau de la piscine.
 
À propos, c’est une piscine intérieure… Les chances que les conditions externes affectent le confort de leur baignade sont, pour ainsi dire, nulles!
 
Et malgré tout, ils décideront de ne pas y tremper le pied, pas plus que le corps tout entier, prétextant qu’ils manquent de temps (ben oui, avec toutes leurs vérifications, ils en ont forcément perdu!). Ils diront qu’ils ont quelque chose qui cuit sur la cuisinière et qu’ils doivent enregistrer l’épisode de leur émission préférée — épisode qui ne sera pas rediffusé. (Ce serait une véritable catastrophe de ne pas savoir ce qui s’est passé juste après que l’héroïne de la série « X » s'est fait percuter par un camion-remorque, un autobus et une pelle mécanique. Bon, je vous l’accorde; moi aussi, je voudrais savoir si elle a survécu à tant de malchances!)
 
Bref, pourquoi hésiter quand d’autres leur confirment que tout est OK? Même le mercure l’a confirmé! Le gros orteil, également! Donc, ils pourraient se lancer avec confiance et profiter de l’eau et de la baignade…
 
Ben non.
 
Le petit frisson les a surpris. Et s’ils se trompaient?  «C’est sûrement une mauvaise idée! se dit l’un d’eux. C’est clair, je vais le regretter toute ma vie. Tout bien considéré, ce n’est pas pour moi. Et puis, j’ai un chaudron sur le feu…  Je dois y aller!»
 
C’est vrai, après tout; rien ne leur garantit qu’ils vont s’amuser…
 
«OK, l’eau est chaude. Et après? réplique un autre. Quand je vais sortir, je vais prendre froid… Ha! Ah! Raison de plus de ne pas me lancer. Si ce n’est pas en me jetant à l’eau, c’est en sortant que je vais souffrir. À l’heure qui l’est, l’eau sur la cuisinière doit être en train de crachoter ses gros bouillons sur le mur… Je dois vraiment y aller!»
 
Est-ce que cela vaut le coup pour eux de se mouiller, de peut-être s’amuser (rien ne le garantit), de prendre froid en sortant,  d’avaler une ou deux tasses d’eau chlorée (et de mal digérer par la suite!), d’être éclaboussés par les autres baigneurs, de perdre leur maillot après le plongeon et d’être, qui sait, ridiculisés?
 
«C’est non; je n’irai pas! confirme un autre. L’eau commence à coller; ça sent même le brûlé… Je dois impérativement y aller! C’est une question de vie ou de mort… pour le chaudron!»
 
Certes, ils jugeront toute autre activité plus séduisante, moins exigeante et évidemment moins dommageable. Mais à un moment donné, un projet viendra titiller leur curiosité au point où ils auront envie de se lancer, pour de vrai. Et lorsque le projet ou l’occasion se présentera, ils recommenceront leur petit numéro. Pourquoi?  Parce que… Parce que…
 
Parce que ça leur prend des garanties.
 
Je suis navrée de le dire : en mettant le pied dans cette vie, on a reçu comme bagage le souffle et un corps… C’est tout! Aucun manuel d'utilisation, ni guide d'entretien, ni garantie. Qu’on se marie, qu’on se lance en affaires ou dans un projet, qu’on se paie des leçons de piano, qu’on parte en voyage, rien, et je dis bien rien ne nous assure que tout va bien aller, qu’on a trouvé le bon gars ou la bonne fille, qu’on est doué au piano, qu’on n’aura pas d’incidents.
 
Il faut juste être curieux et faire confiance.
 
En passant, si cela peut en rassurer quelques-uns, la confiance repose sur une base des plus solides : la connaissance.  Voilà le gage qui fera toute la différence au moment où vous déciderez de vous « mouiller ». Si on connaît notre partenaire, notre produit ou service, les endroits à visiter, la langue, la culture d’un pays, alors pourquoi ça irait de travers?
 
Et la curiosité dans tout cela? Elle vous entraînera sur des chemins inattendus, lesquels vous inviteront à être de plus en plus curieux, de plus en plus confiants… (Et à la longue, on ne pourra plus vous faire sortir de l’eau tellement vous vous y plairez!)
 
Alors, craignez-vous de vous embarquer dans un projet? Hésitez-vous à mettre un pied dans l’eau et de vous « mouiller », comme on dit?
 
Pensez-y… C’est juste de l’eau!
 
Jocelyne Gagné (Mésange)

Semez! C’est le moment!

Pour certains, la nouvelle année c’est l’arrivée du nouveau calendrier avec la « fameuse page centrale » qu’ils s’empressent de déplier avec ravissement. Pour d’autres, c’est rien de particulier à part, peut-être, remplir le bac à recyclage des jours qu’ils auront arrachés au bloc calendrier. Et pour plusieurs, ce sera l’élaboration d’une série de résolutions qui, une fois formulées, seront vite oubliées. Et pour quelques-uns seulement, ce sera une seconde chance; une chance de faire mieux que l’année précédente.
 
Pour moi, la nouvelle année, c’est autre chose…
 
Elle se présente plutôt comme un grand champ qu’on aurait devant nous. On fait le bilan de ce qui a bien poussé et de ce qui n’a pas levé. Puis, on regarde devant l’étendue des possibilités et on laisse aller notre imagination. On se dit : « Si j’étais mieux outillé, si j’avais une plus grande terre, aurais-je une meilleure récolte? »
 
On peut s’outiller pour faire mieux et plus en vue d’obtenir ce que l’on souhaite.  Mais on n’aura pas un plus grand carré de terre… On a 365m2, pas plus. Si on veut obtenir davantage de la terre, on devra maximiser nos efforts, repenser notre stratégie et dresser un plan de match si on ne veut pas que notre année se résume à avoir fait un peu de ci, un peu de ça. Avec nos objectifs en tête, on est sûr d’écarter le doute et l’hésitation. Ainsi on préserve note énergie pour la focaliser sur ce que l’on veut et non sur ce que l’on craint de voir survenir.
 
En ce premier lundi de l’année, je regarde mon champ. Il a beaucoup produit l’an dernier. L’effort en valait « le plaisir » comme dirait Jérôme, un ami sculpteur de Victoriaville. La terre a été retournée entre le jour de Noël et le jour de l’An. Que vais-je semer cette année et pourquoi? Qu’est-ce que je veux voir pousser qui servira à rendre mon existence plus excitante, plus vraie, plus riche de rencontres, d’apprentissages et de découvertes? Et ce que je récolterai dépendra de mes efforts, de ma foi et de ma joyeuse persévérance.
 
Ce dont vous aurez besoin, en ce 4 janvier 2016, c’est d’une vision, d’un sac de semences, d’une bonne paire de bras, avec au cœur la confiance absolue que ça vous pousser jusqu’au ciel. Car la terre est généreuse pour celui qui veut… qui veut vraiment.
 
Allez! Votre champ de possibilités vous attend.  Songez à ce que vous voulez voir se manifester dans votre vie et répandez sur cette belle Terre le meilleur de vous-même!
 
Semez avec confiance et attendez-vous à une récolte époustouflante!
 
Jocelyne Gagné (Mésange)
 
 
 
 
Une bonne et joyeuse année tout le monde!

La tasse de Djamila

Du plus loin qu’elle se souvenait, le puits avait toujours été là, au centre du village. Dès qu’elle en eut eu la force dans les bras, Djamila alla puiser l’eau au puits. C’était une énorme chaudière pour ses maigres bras. D’année en année, ses muscles devinrent plus tolérants à l’effort et le seau plus léger. Chaque jour, elle rapportait l’eau à sa mère et chaque jour, Djamila y plongeait sa tasse. Ce n’était pas une tasse de grand luxe; elle était simplement façonnée d’argile avec une anse des plus ordinaires. Aucune décoration n’ornait le pourtour, mais le plus important, celle-ci n’avait subi aucun dommage et c’était tout ce qui comptait. Dans ce pays aride au nord de l’Afrique, on recherchait avant tout la simplicité, la commodité et la solidité. On ne s’embarrassait pas de superflu juste pour faire joli.
 
Dans cette contrée lointaine, jour après jour, le vent soulevait le sable, usant les murs des maisons, balayant les rues de ce labyrinthe des plus prévisibles, asséchant l’air ambiant. Jour après jour, faisant fi de cette poussière perpétuellement présente, la jeune fille devenue femme, puisait l’eau avec un rythme bien à elle, plongeant sa tasse dans l’eau fraîche pour savourer l’effort de cette longue marche. Matin après matin, elle marchait vers le puits, heureuse d’avoir de l’eau pour étancher sa soif et celle de sa famille.
 
Puis, les années passèrent et la pauvreté s’installa pour de bon au village, n’épargnant personne, se moquant du genre et du nombre, touchant tous les âges. Le travail se fit plus rare, les cultures moins florissantes et les bras pour s’en occuper disparaissaient comme balayés par un vent mauvais. Et la jeune femme souffrait de voir les siens si vulnérables, si appauvris.
 
Un matin comme tant d’autres, la jeune femme se rendit au puits. Elle remplit le seau puis y plongea sa tasse avant de reprendre la route et au moment où elle but, des gouttes vinrent noircir le sable à ses pieds. Elle examina sa tasse et vit qu’elle était fêlée… Celle qui l’avait accompagnée tous les jours depuis son enfance perdait de l’eau.
 
Et pendant que les pages du calendrier se détachaient une à une, Djamila finit par oublier la vulnérabilité de sa tasse. On lui fit une demande en mariage et la jeune femme accepta, le cœur en joie de cette union. L’amour engendra des fils et des filles puis se fit de moins en moins disponible, de moins en moins généreux, si bien que l’amour s’assécha comme un champ délaissé. Et tout comme le cœur, la tasse se fragilisa davantage. Le mari abandonna son épouse, la laissant avec la honte sur le visage et des enfants plein les bras. La misère se fit plus cruelle, plus étouffante encore.
 
Et pendant que le sable s’écoulait dans le sablier du temps, la tasse se fendillait. Et pourtant, à l’approche de la cinquantaine, Djamila continua de puiser l’eau et d’y glisser sa tasse qui contenait de plus en plus difficilement l’eau récoltée. Tout comme le récipient, la courageuse femme supporta, par habitude, l’adversité tout en se fragilisant un peu plus chaque jour.
 
Puis un beau jour, l’impensable survint : la tasse se brisa. Et comme si leur destin était lié, Djamila tomba malade… D’un mal inconnu. Les soins ne lui apportaient peu de réconfort, aucun bien-être. Tous étaient à son chevet, attendant que l’heure sonne. Que cette heure de tristesse passe et fauche sur son chemin celle qui était aimée de son entourage, de sa famille, de ses enfants.
 
Par la fenêtre, un rayon de soleil s’invita et vint s’attarder sur le visage émacié de la malade dont les yeux ne voulaient plus s’ouvrir sur le monde. Et au moment où l’on crut que la mort venait de la surprendre, voilà que le petit-fils entra dans la chambre comme un coup de vent. Tout le monde le regardait, choqué par cette intrusion déplacée. Quelques-uns cherchèrent à retenir son élan, mais le bambin, lui, voulait voir sa grand-mère… Il avait quelque chose à lui dire.
 
Le front contrarié, le père repoussa son fils vers la porte de la chambre, mais Djamila ouvrit les yeux et de sa voix éteinte invita l’enfant à s’approcher.
 
Le silence de la pièce se fit pesant et l’air difficile à respirer. L’enfant n’était plus aussi sûr de lui. Et encore moins de ses intentions. Il avança timidement vers ce lit dans lequel se perdait sa grand-mère et dont les yeux s’étaient refermés. Tous les regards étaient fixés sur lui, et le sien sur celle qu’il aimait tant. Et la lumière qui enveloppait la vieille dame d’une auréole dorée l’encouragea à avancer.
 
« Mamie? J’ai recollé ta tasse, dit-il d’une voix mal assurée. Tu vois, elle est comme avant. »
 
Djamila ouvrit les yeux, glissa sa main frêle sur la tête de l’enfant, la caressa un moment puis prit l’objet entre ses mains. Des larmes chaudes et abondantes roulèrent sur ses joues.
 
« Elle est comme avant, dit-elle dans un souffle.
 
— Mais elle perd encore de l’eau, Mamie. » confia tristement l’enfant.
 
Le regard humide et la lèvre tremblante, il ajouta:

« Veux-tu rester encore un peu… avec nous? »
 
Seul le silence lui répondit, faisant fondre ainsi le regard du garçon comme la neige au printemps. Et son cœur se fêla.
 
L’ultime rayon de soleil quitta la chambre emportant avec lui le dernier sourire de Djamila. Et dans la pénombre reposait une femme tenant dans ses mains la tasse de sa vie. Une vie de bonheur, une vie de blessures, une vie de cassures, une vie dont on peut toujours recoller les morceaux.
 
Jocelyne Gagné (Mésange)

Même si c’est difficile, faites-le!

Combien de fois faut-il essayer avant de renoncer?
 
Abandonner n’est pas une option; désolée de vous décevoir. On se relève, on tombe et on se relève aussi souvent qu’il le faudra pour atteindre notre but, pour décrocher notre rêve. Il n’y a pas de chiffres magiques…
 
Rappelez-vous votre jeunesse quand vous souhaitiez sortir avec vos ami(e)s, mais qu’avant toute chose vous deviez obtenir l’accord de vos parents? Vous demandiez, négociez, argumentiez jusqu’à ce que ces derniers, n’en pouvant plus d’entendre votre plaidoirie, vous donnaient le OK tant attendu. Les efforts investis étaient vite oubliés, car vous ne pensiez qu’à une seule chose : le résultat.
 
Donc, si je résume : on se relève tant qu’on n’a pas obtenu ce que l’on voulait.
 
Oui, mais pourquoi?
 

Citation de John C. Maxwell

«Un homme doit être assez grand pour admettre ses erreurs, assez intelligent pour apprendre de celles-ci et assez fort pour les corriger.» 

[John C. Maxwell]

Citation de Jean Anouilh

« Au combat, tout le monde a peur. La seule différence est dans la direction qu’on prend pour courir. » [Jean Anouilh]

Citation de André Harvey

« Vous qui passez à travers une épreuve, quelle qu’elle soit, soyez assuré qu’il y a quelque part dans le monde, une personne qui changerait volontiers de place avec vous. » [André Harvey]

Proverbe chinois

« Quand les vents du changement soufflent certains construisent des abris et d’autres des moulins. »

[Proverbe chinois]

Citation anonyme

« Sur le plan de l’aérodynamique, le bourdon ne devrait pas voler, mais comme il ne le sait pas, il vole! »

[Anonyme]

Se donner toutes les chances

La loi de Murphy stipule que tout ce qui peut mal tourner, va mal tourner (anything that can go wrong, will go wrong). En gros, si on focalise sur la défaite, celle-ci viendra tôt ou tard à notre rencontre. 

Comme bien des gens, j’aime voyager. Prendre l’avion, le train ou le bateau est pour moi un réel plaisir tout comme découvrir des restaurants proposant des plats aux saveurs locales, des hôtels qui ont survécu au modernisme et des lieux dont la beauté a survécu au passage du temps et des hommes. Je ne vous cache pas tout le bonheur ressenti à être une inconnue musardant dans les rues grouillantes de touristes et de commerçants engagés dans de rudes négociations. Cependant, lors de ces merveilleux voyages, jamais je ne me suis lancée à la recherche d’issues de secours. Au contraire, bien souvent j’écoute d’une oreille distraite l’hôtesse de l’air débiter ses règles de sécurité. Avant de m’installer à l’arrière du chauffeur de taxi, je ne fourrage pas dans le coffre arrière afin de m’assurer de la présence de la roue de secours. Arrivée à l’hôtel, pas question de lire le plan d’évacuation vissé contre la porte de chambre, sinon pourquoi résider à cet endroit? Loin de moi l’idée de tester la porte et l’escalier de secours quand je m’arrête dans un restaurant. Et lorsque je prends le traversier, je ne cherche pas les flotteurs qui sauveront mon véhicule de la noyade au cas où le bateau coulerait. D’ailleurs pourquoi le ferais-je? Je veux faire un beau voyage alors je mise sur le plan A c’est-à-dire la réussite de ce voyage et non du prochain. Vous comprenez? 

Peur de quoi?


Avant qu’on se mette à rigoler dans mon dos, j’ai décidé de rire de moi. Comme ça, c’est mon fou rire qui fera sourire les gens et non la belle débarque que je viens de prendre!


La semaine dernière, je l’ai passée en compagnie de mon petit-fils. Certains d’entre vous qui me suivent sur Facebook savent tout le plaisir que j’éprouve à passer du temps avec ce petit bout d’homme et à le serrer contre mon cœur. Toujours est-il que durant ces sept jours de pur plaisir et de fatigue (parce que son niveau d’énergie allait en augmentant contrairement au mien) j’ai appris beaucoup de lui, mais surtout j’ai compris ceci : le ridicule ne tue pas.

Essayer encore et encore

 

Si après le premier essai on obtenait déjà des résultats, où serait le défi?

 
Quand il ne fait pas trop chaud pour bouger, j’en profite pour sortir avec ma caméra et faire de nouvelles découvertes. Soit je me laisse séduire par ce qui m’entoure, soit je cherche quelque chose de précis c’est-à-dire la super photo, celle qui me laisserait la bouche béate de ravissement et que rien, pas même une nuée d’insectes approchant à vive allure, n’arriverait à refermer tellement l’émoi est considérable. Ahhhh!
 
Pour obtenir ce type de photographie à faire rêver, il faut que certaines conditions soient réunies, mais avant on aura pensé à charger les batteries, vider les cartes mémoire, emporter filtres, lentilles, trépied et autres accessoires. Ensuite on recherchera un bon sujet, une prise de vue soignée et une belle luminosité. Bien souvent, pour obtenir cette dernière, il faudra attendre le bon moment c’est-à-dire rester des heures au soleil à se faire grignoter farouchement et inlassablement par les moustiques et à pester contre toutes ces morsures qui déjà nous démangent ou encore à patienter que le soleil perce enfin l’espace d’un instant la masse nuageuse qui menace de déverser son lot de pluie ou de grêle sur nous et notre équipement. Et si cette attente n’a rien donné, on devra revenir un autre jour pour obtenir l’effet désiré. Cette prochaine fois, l’éclairage sera peut-être parfait, mais le sujet (ex : pommiers en fleurs), lui, aura peut-être perdu de sa belle intensité. Alors on devra attendre à l’an prochain ou encore dénicher un endroit plus au nord où les pommiers débutent leur floraison et recommencer tout le processus : bon sujet, prise de vue, éclairage, longue attente et séance de grattage.


Pour le plaisir d’avancer

[Photographie réalisée par C. Larivière]

Certaines choses exigent une fin comme la nuit, le jour, les vacances, les années, les projets, une pièce musicale, la vie, etc., tandis que d’autres se poursuivent un pas à la fois…

 
Je pourrais utiliser le mot français jalon mais je lui préfère son équivalent anglophone «milestone»; à mon avis, il est plus musical et son sens est plus large. Alors veuillez me pardonner cette préférence qui ne durera que quelques lignes…
 

Citation de Félix Leclerc

« Il y a plus de courage que de talent dans la plupart des réussites. » [Félix Leclerc]