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Du plus loin vous vous souvenez...

 
 
Je suis tombée par hasard sur ce texte... Je n'ai pas pu résister.
 
Deux personnes discutaient de jusqu'où elles pouvaient remonter en arrière, jusqu'où elles pouvaient se souvenir. L'une pouvait se souvenir de son enfance jusqu'à environ trois ans. L'autre dit: «Cela n'est rien. Je me souviens du jour où mon père et ma mère sont partis pique-niquer. Quand nous sommes partis pique-niquer, j'étais à l'intérieur de mon père. Quand nous sommes revenus, j'étais à l'intérieur de ma mère!»
- Extrait du livre "Le courage" de Osho
 
Ah! je savais que ces quelques lignes vous feraient sourire!
C'est ça bien commencer la semaine; faisons preuve d'un brin d'humour et de fantaisie.
 
Bonne semaine tout le monde!

Jocelyne Gagné (Mésange)

Les seins de...

L'ampleur de l’amour de tante Georgette pour les enfants n’avait d’égal que l’étendue de sa poitrine.


J’ai gardé de ma jeunesse des souvenirs qui vous apparaîtraient après tout fort banals. Néanmoins, mes six ans furent marqués à jamais par les seins de tante Georgette. Non pas que je les ai vus en détail ou que j’étais attirée par ceux-ci, mais ils étaient… Comment dirais-je? Ah oui, débordants pour ne pas dire expansifs! À eux seuls, ils faisaient tendre à l’extrême le délicat tissu, prêts à faire péter les premiers boutons de son chemisier. 
 
Comme un cheval qui ne supporte pas le mors, ses seins toléraient mal cet affreux corset qui donnait à son ventre une dureté, une rigidité surprenante. On aurait dit une forteresse attendant une attaque, parée à recevoir les boulets de canon — quoiqu’il y eut surplombant cette muraille de quoi faire flancher cet imposant rempart.

Sur le dessus en tout temps

Pourquoi la cerise est sur et non pas sous la crème glacée d’un sundae? 
Pourquoi le sucre à la crème est sur le gâteau et non à l’intérieur?
Pourquoi paie-t-on une fortune pour une nuit au penthouse? 
Pourquoi s’éreinte-t-on à grimper au sommet d’une tour ou d’une montagne? 

Parce que le meilleur est sur le dessus!  

2e lundi de novembre 2012


[Photographie de J. Gagné]
Café du matin
The morning bells…
 
À une époque où mes petits pas tout menus me conduisaient à l’école, j’entendais au loin les cloches de l’église invitant le travailleur, la mère de famille, le vieillard fatigué à se recueillir dans la maison réconfortante de Dieu. Les cloches tintinnabulaient joyeusement et ce son mélodieux rebondissait sur les toitures métalliques,  s’accrochait aux nuages de fumée qui s’échappaient en douceur des cheminées pour finalement se faufiler par les rues étroites de la petite ville encore assoupie. Et tard à l’automne, quand le froid s’immisçait par les ouvertures qu’on avait négligé de refermer, on pouvait même jusqu’à percevoir les effluves d’encens mal contenues entre les murs de l’église…
Ces cloches qui se balançaient paresseusement au rythme des généreuses secousses du vicaire rappelaient aux citoyens éveillés que des prières allaient bientôt s’élever vers le ciel pour bénir leur journée. Et mes petits pas, semblables à un trottinement de par mes jambes trop courtes, poursuivaient leur avancée vers l’institution scolaire. Et voilà qu’une autre cloche se faisait entendre me rappelant qu’il faudrait que je grandisse pour ne pas arriver en retard ni me faire gronder par la bouche au pli sévère de l’institutrice. En rangs bien droits et en silence, on attendait le signal. D’un simple coup de claquoir et sous le regard soutenu des religieuses, on poussait la porte de la discipline pour se retrouver entre les murs du savoir-vivre et de la connaissance.

Aujourd’hui, les cloches de l’église me rappellent l’importance de penser aux autres et de leur souhaiter, dès le petit matin, une bonne journée. Et la cloche de l’école? Eh bien, elle me souligne que je n’ai pas fini de grandir!

Pour qui sonnent les cloches de votre ville ou village?  Et qui les écoute encore?

Bonne journée tout le monde!

Mésange
 

Mes souvenirs...

Mes souvenirs, c’est tout ce qu’il me reste…

Ils me font oublier ces mains qui ne savent plus travailler,
Ces caresses que je ne peux plus prodiguer.

Ils me pardonnent mon immobilité, mon ennui,
Ma désespérance aussi.

Ils apaisent mes chagrins charriés par les ans
Et mes tourments du moment.

Mes souvenirs, c’est tout ce qu’il me reste
Ainsi, je peux vivre ma vie une seconde
fois…

Ils sont ces yeux qui ne voient plus,
Ces mains devenues inertes,
Ce corps rendu trop faible.

Ils sont ces battements de coeur
Qui s’animent et s’emballent
Au contact des petits bonheurs.

Mes souvenirs ne rêvent plus.
Ils voyagent d’hier à aujourd’hui,
D’aujourd’hui à hier
Car demain n’est plus.

Entre quatre murs
Les rêves manquent d’espace.
Dans la solitude
L’avenir n’a pas d’avenir.

Au fond, ma vie est une grande vie
Contenue dans quelques souvenirs,  souvent les mêmes.

Mes souvenirs c’est tout ce qu’il me reste
Et Dieu seul sait combien je suis comblée…

[Jocelyne Gagné alias Mésange – 9 mai 2012]


[Photographie tirée de Dreamstime]