Affichage des articles dont le libellé est Tranche de vie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Tranche de vie. Afficher tous les articles

L’eau monte; le moral descend!

Quand on pense au printemps, on songe aux jolies robes, aux températures plus douces, aux couleurs qui surgissent du sol. Notre mémoire nous rappelle les belles soirées à flâner le long du fleuve avec, en bruit de fond, la pétarade des motos. Le soleil pousse les gens à nettoyer leur terrasse, leur cour, leur barbecue. Et l’intérieur des maisons? Ça va de soi; on fait le grand ménage! Évidemment, on finit par regarder tous ces articles qu’on entrepose année après année avec une pointe d’agacement dans le cœur. On s’en veut de les avoir laissé entrer. On se culpabilise de leur indiquer la sortie. 

Ben oui, c’est encore bon! Pourquoi s’en départir? 

Le printemps est là. 

Et les couleurs? Elles hésitent. 

Le gris sale monopolise le décor. Et le moral. 

Le ciel continue de déverser son eau… Encore et encore. Si bien que les sous-sols se remplissent au même rythme que les poches se vident. Ce printemps va coûter cher. Pour beaucoup de monde. Même les gens situés loin des rives écopent. Pas facile! 

Et une fois que l’eau s’est fait un chemin dans votre chez-vous (ce chez-vous si accueillant, si chaleureux, si confortable), elle tend à y retourner à chaque grosse averse. 

Soupir...

Puis tous ces objets que l’on hésitait à jeter flottent tout comme ces malheureux navires qui prennent l’eau. Et vous, vous regardez ces « éponges » se gorger de votre découragement.

Soupir...

Il va falloir pomper toute cette eau, éponger le sol et jeter ce qu’on croyait pouvoir garder pour un au-cas-où. 

Le printemps prend une drôle d’allure quand vous mettez au chemin vos avoirs (ceux que vous ne vouliez plus et ceux que vous vouliez conserver). Il n’y a rien de joyeux à nettoyer en vitesse pour éviter les champignons ou toute autre pourriture. On se demande alors à quoi sert un sous-sol si ce n’est qu’à servir d’entrepôt à notre manque de courage à prendre une décision. 

Il n’y a pas que les sous-sols qui souffrent de nos débordements émotifs. Chaque pièce contient un nombre incroyable d’objets qui ne servent plus. 

Et un objet qui ne sert plus n’a plus sa raison d’être; il doit servir ou bien partir. C’est assez simple! 

Que ce soit dû aux pluies, aux rivières qui débordent ou à la tuyauterie qui lâche, il y a une petite prise de conscience à faire lorsque l’eau vient nous gâcher l’existence : 

 Il est peut-être temps de se détacher de ses biens!

Quand on y pense, ce ne sont qu’un bureau, un canapé et des livres… On les a un jour aimés, appréciés et utilisés… Il faut les laisser partir, non pas par dépit, mais avec gratitude. Ils nous ont rendu service et maintenant, pourquoi ne pas en profiter pour épurer notre environnement et faire de la place à la vie? Pourquoi ne pas saisir cette occasion pour faire le point sur notre façon de consommer? 

Au lieu de passer notre temps à chercher de l’espace pour tous ces objets, à nous inventer des systèmes pour ranger et classer nos avoirs, pourquoi ne pas utiliser ce temps pour vivre et vivre vraiment? 

Et si toute cette eau nous apprenait une des plus grandes leçons de vie? Que l’existence, la nôtre, prend toute son expansion non pas entre les quatre murs de notre maison, mais bien dehors avec la nature et les gens. Que ce qui nous anime et nous comble, ce ne sont pas nos possessions, mais l’expérience même de la vie. 

Si le printemps hésite à montrer ses couleurs, ce n’est que pour une raison : lui aussi fait son ménage! 

En ce lundi matin, regardez de plus près la relation que vous entretenez avec les objets et les gens. Le détachement a du bon; il nous donne une plus grande flexibilité et une plus grande liberté nous octroyant ainsi un plus grand pouvoir sur les circonstances. 

Finalement, si vous êtes tentés d’acheter, de pousser le vieux avec du neuf, OK, pas de problème, mais avant, assurez-vous que ce qui va entrer dans votre maison ne devienne pas une lourde chaîne qui vous retiendra à l’arbre de vos possessions. 

C’est long longtemps une vie privée de toute liberté! C’est souffrant une vie quand on porte sur le dos tous ces biens qu’on a accumulés au fil des ans! Entre vous et moi, c’est de la misère optionnelle. 

Bon lundi et bonne semaine tout le monde! 

Jocelyne Gagné (Mésange)  


[La rivière des Mille-Îles, Terrebonne, 23 avril 2017]

Bonne tête et gros bras

Du plus loin que je me rappelle, j’ai toujours trouvé que les étapes d’un projet me faisaient l’effet de dos-d’âne disposés en travers de la chaussée m’obligeant à ralentir, moi qui m’obstinais à vouloir arriver au plus vite au résultat.

Cela m’a pris des années avant de réaliser que si je ne voulais pas me casser la gueule dans ma hâte d’en finir au plus vite, j’allais devoir procéder autrement. 

En disposant d’un plan. 

D’un plan marqué d’étapes et d’un échéancier. 

Je vous entends déjà ronfler… Je vous comprends. 

J’ai jadis ronflé, et ce, pour les mêmes raisons. 

Et plus d’une fois, j’ai dû soigner mon nez (et certaines parties de mon anatomie sensibles aux coups durs de la vie) à cause d’une insuffisance de réflexion et de préparation; l’expérience m’a démontré à la dure que si on ne procède pas par étapes, on n’y arrive tout simplement pas. 

Je le reconnais : je suis portée à mettre la charrue devant les bœufs… Par conséquent, il m’arrive de m’énerver devant cette même charrue et de me plaindre qu’elle n’avance pas, grognant contre ces bêtes qui me bousculent par-derrière et dont l’odeur ferait fuir les mouches et toute bonne volonté. Bref, cela demande tout un contrôle pour revenir à mes fameuses étapes… Et du courage. 

Pourquoi est-ce que je vous raconte ça? Eh bien, parce que c’est facile de s’éparpiller et de dilapider son énergie aux quatre vents. Il est commode de sauter des étapes (surtout celles qui nous rebutent) en se disant que personne ne va le remarquer, qu’on va y arriver avec peu d’efforts. 

C’est toujours ce que l’on croit. 

Oui, c’est facile de s’épuiser à être partout à la fois tout ayant l’impression que rien n’avance. C’est tuant psychologiquement de se rendre compte qu’il y a toujours quelque chose qu’on a oublié de faire à la fin de la journée. Et plus encore, que ce sur quoi on a consacré tous nos efforts et que l’on a fait à la perfection ne comptait que pour des « peanuts ». 

Je le sais, car je l’ai vécu. Plus d’une fois. Et je peux vous certifier qu’un plan simple vaut mieux que pas de plan du tout. Qu’un plan simple vaut mieux qu’un plan parfait qu’on laisse dormir dans le tiroir. Et j’ai réalisé aussi ceci : certaines tâches doivent être faites que ça nous plaise ou non et que la perfection, à certains moments, n’a pas sa place. 

Alors, j’ai fait un plan pour tout ce qui semblait énorme dans ma vie. Le fait de procéder par étapes, un coup de pelle à la fois, m’a assuré de deux choses : 1) le tas de terre qui me dérangeait va finir par disparaître et 2) si j’ai été capable de charrier quarante-huit brouettées de terre, je pouvais réaliser n’importe quoi. 

Vous savez quoi? Mon tas de terre a disparu. Le tri des papiers a été fait. La vente des outils tire à sa fin. Le garage s’est vidé de tout ce qui l’encombrait et la maison respire la fraicheur et le renouveau pour les prochains occupants. Je suis fin prête à entamer la prochaine étape : laisser tout doucement certains souvenirs se dissoudre dans le temps et fixer mon attention sur le présent - celui-là même qui forgera mon futur. 

Un plan, c’est bien. Et le suivre méthodiquement en restant ouvert aux surprises de la vie, c’est encore mieux. 

En ce lundi matin, je vous invite à procéder par étapes dans tout ce qui vous semble gros, insurmontable. En somme, allez-y un coup de pelle à la fois. 

Bonne semaine! 

Jocelyne Gagné


À l'écoute de ce qui nous habite

Après ce long silence, sans avis de ma part, vous êtes en droit de vous questionner. Quel genre de blogueuse suis-je donc pour manquer ainsi à mes devoirs? Je suis avant tout humaine; un être avec des forces et des faiblesses. Et puis les mots n’arrivaient pas à sortir, noyés dans le malström des émotions des derniers mois. Alors les mains se sont occupées, et le cœur, lui,  s’est mis à pomper le sang dans les veines, fournissant une quantité phénoménale d’énergie. Car il faut que ça bouge que ça nous plaise ou non.
 
C’est ce qui se passe après le départ d’un être cher; la vie avance en accéléré.

Mais là, tout s’est arrêté. Et c’est ce que je voulais. Je voulais ressentir. Ressentir le vide, la perte, l’absence de vie autour de moi. J’ai goûté au silence à m’en délecter,  jusqu’à en avoir la nausée. J’ai senti mon cœur battre plus fort, et par moments, trembler de peur.

De quoi sera forgé demain? Où m’en vais-je? Que vais-je faire après la vente de la maison? 

Tant de questions et si peu de réponses.

Alors j’ai laissé le silence s’installer tout autour de moi et en moi. J’en avais besoin. Les questions me terrorisaient et les réponses logiques ou farfelues tout autant. J’ai pris ce temps et eu un formidable tête-à-tête avec mon cœur dans un petit café. La lumière était extraordinaire! J’ai fixé alors mon attention sur le « moment présent ». Sur ce que je ressentais…

Je vivais un mélange de peur, de courage, d’optimisme démesuré et de doutes… J’étais totalement tiraillée de l’intérieur. Mes amis me suggéraient d’aller de l’avant et d’autres de faire le point sur mes hiers. Et moi? Je voulais être dans le présent. Simplement là à ressentir le mélange de joie, de douleur, de tristesse et d’émerveillement. Simplement pour réapprendre à vivre dans les petites choses; ces petits miracles qui se font sans qu’on s’en rende compte.

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout cela? Parce qu’on est humain et on a droit à l’erreur, à ressentir la peur; on a le droit de douter et d’être triste à certains moments. On a le droit d’être humain, vulnérable et sensible.

Oui, il y a un temps pour chaque chose… Il y a un temps pour guérir afin de pouvoir se relever et soulever le monde. Il y a un temps pour faire la paix avec soi-même en acceptant d’être fragile et totalement démuni. Et c’est dans ces moments-là que la vie nous fait cadeau du merveilleux.

La lumière est si belle quand on la regarde!

Elle est si chaude lorsqu’elle nous enveloppe!

Elle est si merveilleuse quand elle embrase notre cœur!

En ce lundi matin, je vous invite à accueillir la vie… Et ses complications? Avec souplesse. Tout est bien ainsi. Parfaitement bien ainsi. C’est lorsqu’on est à terre qu’on remarque la vie à nos pieds. C’est lorsqu’on s’élève que les étoiles deviennent un but à atteindre.

Et là, c’est le moment pour moi de regarder le ciel et tout son contenu.

Vivez, mes amis, ce que vous avez à vivre « en ce moment ». Ne fuyez pas ce que vous ressentez. Au contraire, ressentez jusqu’à ce que la clarté se fasse dans votre cœur. Après? Eh bien, venez contempler le ciel à mes côtés!

Bonne semaine tout le monde!

Jocelyne Gagné (Mésange)
 
P.-S. Puisque nous entamons une nouvelle année, j’ai décidé, pour 2017, de faire les choses différemment. Désormais, je vais écrire non pas chaque lundi matin, mais bien en vous surprenant par un billet quelque part au cœur de la semaine, selon l’inspiration du moment. Que de plaisir à venir! Rien que du bon et du savoureux! Comme je suis très heureuse de vous retrouver! 




Souple ne veut pas dire mou

Il m’arrive de penser que certaines de mes qualités me nuisent. Je suis souple, adaptable, compréhensive. J’aime dépanner les autres et j’éprouve beaucoup d’empathie pour mes semblables, car après tout, ils me ressemblent. 

Bref, au début de l'été, j’ai été confrontée à une difficulté. 

Je vous explique... 

J’aime écrire. Beaucoup même. Et quand j’écris, je me donne à 200%. Oui, à 200%. Je ne regarde pas l’heure ; j’écris. Je suis mon idée et je la raffine jusqu’à ce qu’elle soit parfaite (enfin de mon point de vue). Et là, je ne compte pas les heures. Pourquoi? Ce n’est pas important ; l’article l’est. Alors je m’investis dans ce que je fais et j’oublie de m’arrêter, de me dégourdir les jambes, les épaules et le cou qui déjà montrent des signes de crispation. J’oublie même de manger, de boire et parfois de respirer. Je donne tout ce que j’ai, car c’est important : j’écris. Que ce soit un article, un billet, un chapitre de mon livre, j’écris parce que je sais que quelques mots suffisent pour changer la vie de quelqu’un. Il n’y a aucune prétention dans ce que je dis… Je lis des livres en quantité et je peux vous affirmer que chaque livre m’a transformée, petitement ou grandement. Certains par une seule ligne, d’autres par l’intégralité de l’œuvre. 

Cela dit, parfois on me demande d’être souple, de m’adapter à la demande. Je veux bien, croyez-moi! Et ne pensez pas que je suis une diva qui a ses caprices. Non, vous n’y êtes pas du tout. J’aime rendre service et faire plaisir. Ah ça oui! Mais, parfois, c’est tout simplement impossible. 

Mon père disait souvent (et le répète, mais moins souvent parce qu’on a appris la leçon cinquante ans plus tard, hi! hi! hi!) : « Celui qui travaille bien ne manquera jamais d’ouvrage! » C’est vrai. En voici la preuve : on va manger dans le restaurant dont le stationnement est plein à craquer, on demande un service à une adjointe qui déjà croule sous les dossiers à traiter, on demande à ceux qui sont souples de faire ce que les râleurs refusent de faire. 

Je suis souple et adaptable… J’aime ces qualités. Et ça me chagrinerait au plus haut point de devoir les changer par abus. Je souhaite le respect, car je respecte les autres. Je veux la considération, car je considère tout travail comme source de bonheur. Je désire l’authenticité, la même qui se retrouve dans mes écrits. J’aspire à une compréhension ; certes, les miracles peuvent se produire, mais à une échelle plus réduite… Je suis une femme après tout! 

Règle générale, je suis souple parce que je le veux bien. Je suis malléable, car j’aime l’harmonie, la simplicité, l’entraide… Et je me dis que la vie se doit être simple, allant du point A au point B. Mais je dois aussi me respecter. 

Je ne peux pas tout accepter, tout tolérer. 

Et ça me fait mal d’être obligée de mettre mon pied à terre (ou d’abattre mon poing sur la table), d’affirmer mon point de vue et de refuser de faire une chose qui m’attriste. Néanmoins, c’est ma blessure à moi. Je dois l’accepter et vivre avec. 

On n’est pas parfait. 

On essaie, même très fort, d’être mieux, d’être plus. Mais, je le répète, on n’est pas parfait! 

La vie attend de nous non pas la perfection, juste le désir d’être mieux qu’hier. 

Par conséquent, je me dis, si je fais de mon mieux, ça devrait suffire. Et si le mieux est de refuser quelque chose qui pourrait altérer ma confiance, l’estime que j’ai de moi, alors le mieux est de penser à moi plutôt qu’aux caprices de certaines personnes. 

S’affirmer n’est pas chose facile ; respecter ses limites non plus. Nous n’avons pas à dire oui à tout et tout le temps. Être souple ne veut pas dire être mou. Être souple, c’est choisir nos concessions selon ce que nous croyons être juste pour nous et les autres. 

Alors, faisons de bons choix afin de nous respecter tout en respectant les autres. Répondons à la demande en gardant en tête que nous avons le droit de refuser de faire quelque chose qui ne nous convient pas. Faisons de notre mieux et si les autres trouvent à redire, eh bien, il est peut-être temps pour nous de changer de décor ou de modifier notre cercle d’amis. 

Bonne semaine tout le monde! 

Jocelyne Gagné (Mésange) 




La vie continue

On pourrait croire qu’on peut reprendre sa vie là où elle s’est arrêtée durant un moment; un moment qui pourrait sembler avoir duré une éternité. On pourrait croire qu’on pourrait faire comme si rien ne s’était passé, et poursuivre comme avant, mais ce n’est pas le cas. Quelque chose s’est passé. Quelque chose a changé le cours de l’existence en une fraction de seconde. La vie telle qu’on la connaissait n’est plus. Elle a une autre coloration, une autre dimension plus… viscérale. On vit le présent comme on ne l’a jamais vécu auparavant, car on connait la valeur du souffle qui entre et qui sort difficilement à cause d’une émotion trop vive. Ce même souffle qui maintient la vie. 

Oui, la vie. 

La vie qui nous habite. 

La vie que nous oublions trop souvent d’habiter. 

J’ai senti la vie s’en aller dans cette autre part que je ne souhaite pas me diriger. Et j’ai pris conscience de la valeur de chaque moment qui m’a été donné de vivre, de la beauté présente tout autour de moi, de la bonté qu’une mort soudaine réveille chez l’humain. J’ai réalisé que ces instants que l’on oublie de vivre pleinement parce qu’on est pressés, stressés et distraits par des priorités qui nous tiennent occupés, sont la lumière de notre vie. 

Et sans lumière, on finit par s’éteindre. 

Pour de bon. 

En ce lundi matin, je vous invite à vous arrêter un moment. Rappelez-vous les beaux moments de votre vie et placez-les sous la lumière. Regardez-les briller, étinceler, se transformer et illuminer votre présent. Ces petits riens forment votre vie. Et c’est tout ce que vous avez. 

De la lumière et de la vie. 

Bonne semaine tout le monde! 

Jocelyne Gagné (Mésange)



Un retour en douceur

Dimanche 14 août 2016 

Je suis dans un Starbucks à Laval. Le ciel semble s’être lassé de déverser toute son eau sur nos têtes. Le ciel bas redessine la ligne d’horizon, laquelle est à demi dissimulée par les voitures qui attendent dans le stationnement. Je ne suis pas ici pour la vue, mais pour la vie qui anime ce petit café. La file d’attente s’allonge et les ordres fusent : « Un moyen latté déca sans lactose pour la dame! Et que ça saute! » Et voilà que la bonne humeur se répand et derrière et devant le comptoir. Les sourires nous accueillent avant même que la commande ne soit passée. Une fois fait, le sourire nous accompagne jusque sur notre café. 

On a tracé mon nom…

Jocelyne (avec un sourire).

Je vous le dis franchement : la journée ne peut qu’être belle! 

Sans me hâter, je m’installe à une table faisant face à des parasols délavés par le soleil (lequel s’est certainement arrêté au Starbucks pour faire le plein d’énergie. Quel mois! Chaud vous dites? Totalement harassant de chaleur! Et si humide! J’en ai les cheveux qui frisent encore! OK, ils frisaient avant, mais bon, là c’est digne d’une coiffure afro!). Et là, je me demande quel sera le sujet de l’article qui soulignera mon retour. Évidemment, vous m’avez manqué. Wow! J’ai été absente un grand bout de temps! Cela fait presque une éternité… Comment ai-je fait pour me passer de vous? Je me le demande encore! 

Durant ces longues semaines, j’étais loin de vivre des vacances. J’étais absente des terrasses et des plages sur lesquelles il aurait été si agréable de respirer l’été. Le soleil ne m’a pas vu le bout du nez, ni le reste d’ailleurs. J’ai encore mes couleurs d’hiver. Vous savez? Ce petit teint de lait écrémé tirant vers le bleu. Les gens qui peuplent les cimetières ont meilleur mine que moi. (Je ne blague pas!) Bref, je n’ai pas vu passer l’été… Et l’été ne m’a pas vue passer. Car voyez-vous, je ne passais pas…

Lentement, je m’enracinais dans ma chaise, rivant mes yeux à cet écran d’ordinateur, cherchant désespérément à peaufiner mon roman dans les moindres détails. Voilà, c’est fait. Il est maintenant entre les mains de mon éditeur. Quel bonheur! Moi qui aime tant l’été, je l’ai négligé pour mon livre. Il faut croire que j’aime plus écrire que la chaude saison. Et j’aime encore plus un travail bien fait. Comme ces gens qui travaillent à faire le meilleur café et à rendre cet établissement si dynamique, si vivant, si personnalisé, j’ai misé sur ce que j’aime faire… Point final. 

Je suis de retour et si heureuse de l’être. 

Dans le bruit du café qui infuse, du lait que l’on mousse, des éclats de rire qui s’entremêlent au ukulélé aux accents joyeux, je vous laisse avec ces mots : 

« Pour se coucher satisfait, il faut se lever chaque matin déterminé. » 
- George Larimer

En ce lundi matin, faites ce que vous aimez; le monde vous attendra, car on ne peut s’impatienter devant un cœur joyeux et si passionné.

Bonne semaine tout le monde! 

Jocelyne Gagné (Mésange) 



Quand l'avenir s'assombrit



L’autre jour dans un petit resto sympa, j’entendais à une table voisine, un couple discuter. Sincèrement, je ne voulais pas écouter ni m’immiscer dans leur échange. Malgré tout, les soupirs de l’homme étaient si déchirants qu’ils me touchèrent droit au cœur.
 
Et j’ai écouté…
 
On ne devrait jamais faire ça.
 
Mais je l’ai fait.
 
Pourquoi? Honnêtement, je voulais savoir ce qui pouvait le mettre dans un tel état. 
 
L’homme, ayant laissé derrière lui plus de pages écrites que de pages blanches devant lui, semblait profondément malheureux. En dépit des nombreuses tentatives de sa femme pour le réconforter en lui faisant voir le bon côté des choses, rien n’arrivait à lui faire décoller le nez du désespoir dans lequel il semblait être plongé.
 
Voici ce que j’ai entendu…
 
  — Je suis trop vieux, se désespérait-il à dire. Comment veux-tu que je me trouve du travail? Aucune compagnie ne veut de travailleurs âgés de plus de cinquante-cinq ans. Je te le dis : je ne vois vraiment pas comment on va s’en sortir.
 
  — Ne t’inquiète pas, rassura sa partenaire. On trouvera bien. En attendant, il y a les prestations d’assurance-emploi*. Avec ça, on va pouvoir tenir quelques mois.
 
  La main déposée sur la grosse patte de l’homme n’arrivait pas à insuffler réconfort et consolation.

  — On ne vit pas avec ça, tu le sais aussi bien que moi. On survit à peine. Aussi bien dire que c’est trois fois rien.
 
  Il fit une pause et aspira tout l’air dans la pièce.
 
  Puis ajouta :
 
  — D’après toi, qu’est-ce qui va se passer après ces quelques mois? Moi, je vais te le dire : je vais être encore plus vieux! Et je n’aurai toujours pas d’emploi.
 
  Cette fois-ci, la femme plongea, elle aussi, le nez dans le désespoir — était-ce le même ou un autre? Je ne saurais le dire —, et à ce moment-là, j’aurais eu envie de leur dire ce que je pensais de la vieillesse.
 
Certes, on évalue le travailleur selon sa date de naissance. Plusieurs vous diront que 1960 est une mauvaise année pour ceux qui rêvent de retourner sur le marché de l’emploi. Pour les employeurs, les sixties ne sont que de bons vieux succès qu’ils aiment écouter avec nostalgie les week-ends en faisant le ménage de leur garage, sans plus. Si vous êtes nés dans les années 60 ou en dessous, on vous dira que vous êtes trop vieux, dépassé, obsolète, bon pour ramasser la poussière.
 
Pas du tout!
 
D’accord, je peux admettre que les jeunes semblent plus performants, plus endurants, et ce, pour un salaire moindre. Il se peut qu’ils aient des idées plein la tête et le cœur gonflé par l’enthousiasme.
 
Peut-être.
 
Peut-être pas.
 
À mon avis, ce n’est pas le fait d’être vieux qui est un crime de nos jours; c’est le fait d’avoir une pensée « vieille ». Et je peux vous dire que j’en connais des jeunes (et des moins jeunes) qui pensent « en vieux ». C’est vrai! Pour certains, le fait de s’impliquer dans leur emploi n’est pas une priorité. Émettre des suggestions qui feront faire des économies à leur employeur?  Proposer des idées avant-gardistes? « Hé? J’ai une vie à vivre, moi! », répondront-ils.
 
Ce que je crois c’est ceci : les entreprises ont besoin d’une pensée jeune. Et c’est quoi une pensée jeune? C’est faire preuve de curiosité, de créativité, de passion et d’intérêt. C’est démontrer une certaine ouverture face à la nouveauté et d’avoir le goût de s’impliquer afin de voir les changements s’opérer.
 
Donc, que l’on soit jeune ou non, les entreprises qui prospèrent sont celles qui ont une équipe composée de gens qui croient que rien n’est impossible. Ces travailleurs ont de l’audace et du courage, parce qu’ils veulent faire de leur mieux en tout temps.
 
Vous êtes vieux? Ça se peut.
 
Vous êtes vieux et stimulés par les défis?
 
Nous avons du travail pour vous!
 
Bonne semaine tout le monde!
 
Jocelyne Gagné (Mésange)

*Assurance-emploi : C’est un programme qui offre un revenu temporaire aux Canadiens qui ont perdu leur emploi sans en être responsable.

Attends une minute!

 
Dernièrement, j’ai eu le plaisir d’aller faire les boutiques avec mon fils et ma petite-fille âgée de deux ans. Ayant vécu dans un environnement totalement masculin (trois frères, un fils et un petit-fils), j’étais plutôt habituée à un magasinage dit « expéditif ». Avec la petite demoiselle, ce fut différent : j’avais l’impression d’être le sujet de Sa Majesté. J’attendais son hochement de tête ou son refus pour les vêtements que je lui proposais. De plus, voilà que je découvrais un univers absolument fascinant (univers qui m’avait été refusé puisque, trente ans plus tôt, j’avais donné naissance à un garçon): rubans et pinces pour les cheveux, bracelets et colliers, parapluies, petites bottes de pluie, maillots de bain une pièce et deux pièces, robes, cache-cœurs, fichus, chapeaux à large bord, etc.  Bref, tant de petites choses qui attirent l’œil d’une princesse en devenir.
 
Pendant nos pérégrinations, je découvrais ma petite Lili autrement et en même temps, je retrouvais une phrase que j’avais oubliée sous une épaisse couche de poussière...
 
«Attends une minute!»
 
Et dans la bouche de la mignonne, ça sonnait ainsi : « Attends oune minoute! »
(Trop «cute», vraiment!)
 
À cet instant, j’ai vite compris pourquoi j’avais rangé si précieusement et de façon si inaccessible ce souvenir.
 
Le temps est relatif. «Comme vous aviez raison, Monsieur Einstein!»
 
Pour Lili, « oune minoute » représentait probablement une seconde ou deux, tout au plus. Mais pour moi, c’était l’équivalent d’une éternité. Lorsque, accroupi (par marque de déférence à l’égard de Son Altesse), on attend avec le vêtement entre les mains que madame la Marquise daigne s’approcher pour essayer ledit vêtement, je vous assure que cette minute s’apparente à une heure.
 
Et pendant que la belle furetait du côté des maillots de bain, replaçant au passage les cintres et les vêtements, je songeais à ma jeunesse. Combien de fois avais-je utilisé cette expression? Des millions de fois! Et comme je n’étais pas la seule à la maison à l’utiliser (vous vous rappelez? J’ai trois frères!), je me suis demandé comment mes parents avaient survécu à tout ce temps d’attente.
 
Aujourd’hui, ils ont les cheveux blancs… Ça explique bien des choses.
 
— Viens finir tes devoirs!
 
— Minute!!!
 
— Viens essuyer la vaisselle!
 
— Dans une minute!!!
 
— Va te coucher!
 
— Oui, oui, le film finit dans une minute!!!
 
Et c’est drôle, on le savait qu’en disant une minute, cela en prendrait dix, quinze, voire vingt minutes. On était loin de l’effet « Wow! » qui s’opère à l’inverse : on annonce dix minutes d’attente et, ô surprise, le service est rendu au bout de trois minutes.
 
C’est comme dans les films : la bombe doit être désamorcée, et il ne reste qu’une minute avant qu’elle n’explose. Eh bien, ces soixante secondes durent au bas mot, cinq minutes! Alors, pourquoi ne pas mettre le chrono à cinq? Ce serait plus réaliste et moins… relatif!
 
Une minute passe vite pour celui qui éprouve du plaisir. Et beaucoup plus lentement pour celui qui n’en a pas. C’est connu. Ce n’est pas pour demain matin que le « Attends une minute! » va disparaître de notre bouche et de celle de nos enfants. Alors aussi bien s’y faire et prendre ce temps d’attente avec légèreté.
 
Bon, c’est maintenant le temps d’un savoureux café. Mais avant, j’ai un article à écrire. Attendez-moi, ce ne sera pas long. À peine une minute
 
Bonne semaine tout le monde!
 
Jocelyne Gagné (Mésange)

Moins c’est clair, plus c’est flou!

Dans le couple, il y a des règles assez claires : je fais ceci, tu fais cela, et ce, selon les talents ou la disponibilité de chacun. Jusque-là, ça va. Mais il y a des tâches qui reviennent à l’un ou à l’autre sans qu’il y ait entente préétablie. Qui produit les déclarations fiscales, fait le ménage du printemps, s’occupe de magasiner les assureurs et de prendre les rendez-vous chez le dentiste, le médecin, le garagiste, etc.? Ces obligations qui reviennent une ou plusieurs fois dans l’année incombent non pas à celui qui souhaite s’en occuper, mais bien à celui qui veut que ça se fasse afin de pouvoir passer à autre chose.
 
À la longue, celui qui hérite de tout finit par en avoir sa claque. Et s’il exprime son exaspération, on lui reprochera qu’il avait juste à ne pas en faire autant…
 
Misère.
 
Souvent, le conflit s’installe quand les charges sont mal réparties. Et elles le sont la plupart du temps.
 
Évidemment, on ne peut pas s’asseoir et affecter les tâches (ou responsabilités) tout d’un bloc lorsqu’on emménage ensemble. La répartition se fait sans qu’on ait à négocier. Je fais le lavage, pourrais-tu m’aider avec le lave-vaisselle? Cela va de soi. D’ailleurs, on est si heureux de s’entraider. Et si l’autre est débordé, alors on prend les bouchées doubles afin que notre partenaire puisse souffler un peu. Après? C’est là que ça fait mal. L’autre oublie rapidement sa collaboration; cette participation qui nous était si précieuse. Son travail prend de plus en plus de place, tellement que, tout nous retombe sur les bras.
 
Et puis, avec les années, on a tellement bien géré l’ingérable, le difficile-et-compliqué, le pas-drôle-à-faire, qu’on compte encore sur nous puisque nous avons maintenant tellement d’expérience à notre actif. Mon avis? Ce n’est pas honnête!
 
Permettez-moi d’imager mon propos : par un beau matin du mois de juin, vous décidez d’aller cueillir des fraises, car vous aimez ces petits fruits rouges. Après avoir passé deux heures accroupi dans les rangs à vous battre contre les bibittes qui vous escaladent dans le but d’aller planter leur joli drapeau dans le gras de vos fesses (et contre celles aussi qui tentent de vous pomper le sang derrière l’oreille), vous rentrez à la maison, le coffre arrière de l’auto rempli de paniers de fraises qui serviront à faire des tartes, des confitures, en somme, des réserves pour l’hiver. L’année suivante, étonnamment, on vous demande si vous seriez enclin à y retourner. Bien sûr! Si ça peut faire plaisir! Et là, sans le savoir, on vient de vous attribuer cette mission à vie. Inconsciemment, bien entendu. Vous avez, comme qui dirait, créé un précédent qui vous liera à cette obligation. Et pour vous en défaire, vous devrez être un fin stratège, car l’autre aura un avantage sur vous : il n’a pas l’expérience, vous si : vous êtes devenu(e) si efficace, si serviable et si tout-ce-que-vous-voulez-pourvu-que-vous-le-fassiez… Pauvre de vous! Vous ne vous en sortirez pas avec de jolies courbettes. Désolée!
 
Ne croyez pas que je m’acharne à brosser un tableau pessimiste de la vie de couple, loin de là. Je ne fais que constater cet état de fait présent dans beaucoup de relations. Et j’aimerais – en toute sincérité – renverser cette tendance qui pèse trop souvent sur les épaules de l’un des deux conjoints.
 
On pourrait croire qu’il y a dans le couple celui qui prend les devants et l’autre qui se fie. Peut-être… Je préfère croire que nous avons des forces et des compétences dans des champs d’activités différents. C’est ce qu’on appelle la complémentarité. Et je dirais qu’il y a même plus. Je soupçonne la présence d’un élément qui influence de façon significative la vie de couple, c’est-à-dire le désir absolu de rendre la vie agréable à l’autre. Donc, au lieu de se fier ou de tout prendre sur leurs épaules, les conjoints devraient s’entraider en alternance. Et pour ces tâches qui reviennent de façon cyclique, chacun pourrait se donner comme objectif d’apprendre à les faire. Non, ce n’est pas trop long à apprendre ou à montrer. Du moins, pas plus long qu’une bonne dispute ou une réconciliation qui tarde à venir.
 
Je puis vous l’assurer : une fois exacerbée, la frustration prend un temps fou à s’apaiser. Alors, faisons l’effort d’expliquer à l’autre la marche à suivre pour la comptabilité, le ménage du printemps, les déclarations fiscales, etc. Et de l’autre côté, soyons curieux et disponible pour apprendre. Si ces tâches ne semblent pas attrayantes pour nous, elles sont tout aussi rebutantes pour l’autre.
 
En ce lundi matin, prenez un instant pour vous assurer que les tâches sont bien réparties dans votre couple. Et juste pour le plaisir, échangez-les. Il n’y a rien de mieux pour comprendre, réaliser et apprécier tout ce que l’autre fait pour nous.
 
Bon lundi et bonne semaine tout le monde!
 
Jocelyne Gagné (Mésange)