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Our gift

I am at the right place.
Right now.
Loving each moment
Because it's all I have.

Plenty of time.
Plenty of love.
Plenty of light.
Inside of me.

I have enough.
I am enough.
To share it.
To give it.
To multiply it.

Please take all that I have.
Go further with it.
To enlighten the road.
To enlighten the world.

Be as precious as a diamond.
Be as luminous as a star
And let your soul be a light
An unexpected light
Shinning through the heart of the humanity.

It's all you have.
It's all you are.
It's a lot.
And it's enough.

Jocelyne Gagné




A year to live

What is a year
If we don’t live
If we don’t forgive
If we don’t love.

What is a year 
If all we do is doing things
Instead of feeling
Instead of listening
Instead of giving.

A year is more than days.
It’s full of memories
It’s full of friendships
It’s full of learnings
It's full of discoveries.

If we close the door
Of the very last year
All good energies won’t flow anymore
All good actions will be interrupted
All good relations will finally die.

The new year is coming.
We don’t have to close anything
But just be simply open.
Open to continue what we've started.

If we let life move on
If we let ourself be quiet
Just a moment 
And in wonderful confidence
It will be the best moment of the year.

Of the one that is coming.
Of the one that is ending.

Jocelyne Gagné

[Photographie prise à la Cabane à sucre Constantin]

La simplicité n'est pas une pauvreté


Il y a tant à vivre dans cette vie;
Tant à voir, à découvrir, à créer.
Mais surtout...
Il y a tant de silence à écouter;
Tant de bonheur à proximité.

Jocelyne Gagné



Douce attente

Cette chaise attend quelqu'un.
Ce quelqu'un parti trop vite,
Parti trop longtemps.

Elle ne peut se bercer d'ennui
Ni écouter le silence;
La nature fait trop bruit.

La porte près d'elle est close
Lui refusant un abri
Un peu de chaleur et de réconfort.

C'est presque triste.
Et pourtant, elle a confiance.

Elle a confiance en la vie,
En ses bonnes surprises,
En ses bontés.

Et dans le silence toujours présent
Presque insistant,
Elle écoute.

Elle écoute la voix de son coeur
Qui lui dit d'espérer,
Que le retour est éminent.

Cette chaise n'attend pas.
Elle sait, tout simplement
Que le bonheur se tisse lentement.

Jocelyne Gagné (Mésange)




An unusual friendship

Take the time 
By his hand
And walk with him.

Walk with confidence
With no fear
the end is coming.

Speak to him softly
Because he's listening carefully.

Explain why life could be
Long or short, easy or tough,
Beautiful or not
Because of him.

Show him that he's important for you;
You need him for everything.

Take the time
By his heart,
And never stop walking, talking
And breathing with him.

Jocelyne Gagné (Mésange)





Ma place parmi vous

Je ne suis pas ici pour rien…
J’ai un rôle à jouer.
Non pas dans une pièce de théâtre
Où chacun est costumé,
Se cachant de soi-même
Et des autres,
Cherchant à se mentir
Et à mentir aux autres.
Non, j’ai un rôle à jouer
Comme une pièce maîtresse
Au cœur d’un engrenage bien rodé
Dans cet univers rempli de possibilités.
 
Je ne suis pas ici pour rien…
J’ai une vie à vivre,
Une vie parmi les hommes,
Aiguisant mon esprit
Contre le caractère rebelle de la vie,
Adoucissant mon âme
Avec l’amour et la compassion.
Ma route est légèrement tracée,
Telle une ligne pointillée.
À moi de forcer un peu le destin
Et de le secouer s’il le faut.
 
Je ne suis pas ici pour rien…
J’ai reçu le souffle, la lumière
Et un cœur en cadeau.
À moi d’en faire bon usage.
J’ai des yeux et des cœurs à ouvrir,
Des routes à tracer, des chemins à défricher.
J’ai des soins à prodiguer,
Du temps à offrir.
Mais avant, je dois ouvrir mes yeux,
Ouvrir mon cœur,
Et aimer tout ce que je vois
Au-dedans comme en-dehors.
 
Je ne suis pas ici pour rien…
Je suis ici pour moi, pour vous,
Pour ce monde dans lequel je vis.
 
Jocelyne Gagné (Mésange)
 
 
 
 

La vieille dame et la mort

Depuis des années, je me répète:
Je n'en ai plus pour longtemps.
Et pourtant,
Je suis toujours là.
 
Alors je le répète aux autres,
Provoquant ainsi le destin.
Et pourtant,
Je suis encore là.
 
Ça ne va pas toujours mal;
J'ai mes bons jours.
Alors je me dis:
Prépare-toi, le malheur approche.
 
On me croit vivante,
Je le pense aussi,
Mais de l'intérieur,
Je creuse ma tombe.
 
Pas trop vite, pas trop facilement,
À la petite cuillère,
Sous un soleil de plomb
Et à genoux sur le sol.
 
On doit me voir creuser,
Sinon où est le plaisir de me plaindre?
On doit avoir pitié,
Sinon à quoi bon vivre?
 
Vous le voyez, je suis morte,
D'une mort très naturelle,
Très efficace:
C'est la mort de l'âme...
 
Jocelyne Gagné
 

Reprendre contact avec soi-même

 Laisser derrière soi le bruit
pour retrouver le calme de la nature
et son espace.

Oublier tout ce que l'on avait à faire
et marcher en toute liberté, 
l'esprit en bohème.

Sentir la froidure de l'hiver
se glisser sous l'épais duvet,
cherchant un peu de chaleur.

Errer d'un pas tranquille, 
le coeur étranger aux tourments,
l'âme sereine. 

Contempler le jour disparaître
laissant dans le ciel sa pâleur hivernale
et enfin, s'abandonner à cet instant de paix.


Mésange






La dernière requête

Sur le banc d’une église,
Un homme repose.
Il espère la miséricorde.

Le poids de la fatigue
Pèse sur son âge,
Les remords sur son âme.

Le silence écoute.
Les flammes s’immobilisent.
Et le doux murmure de la prière
Se fait entendre.

Voilà que le premier grain du chapelet glisse entre ses doigts…

L’homme prie pour lui,
Pour la santé qui le fuit,
Lasse de ce corps.

Il souhaite l’indulgence
Pour ses faiblesses,
Pour ses forces mal déployées.

Il regarde ses mains
Usées et desséchées,
Par tant d’heures travaillées,
Par manque de solidarité.

Et les grains du chapelet roulent entre ses doigts…

L’homme demande pardon
Pour ses hiers mal vécus,
Pour tout ce temps perdu.

Il implore un sursis,
Une seconde chance
Que seul le ciel pourra lui accorder.

Derrière l’écho de pas perdus
Et le bruit des portes qui se referment,
Il tend l’oreille.
Il n’y a que le silence.

Et les grains du chapelet reposent entre ses doigts…

Dans son cœur
Il sent une présence,
Une étrange douceur.

Il le sait :
Il n’aura ni sursis
Ni seconde chance.

Ses hiers resteront ainsi,
Ses demains incertains,
Sans garantie de jours meilleurs.
Et pourtant quelque chose a changé.

Dans le silence de son cœur,
L'homme a trouvé le pardon
Et enfin, la paix de l’esprit.

- Jocelyne Gagné



Quand l'eau nous transporte

Se laisser aller
Sans résister
Juste pour voir
Jusqu'où ça va nous mener. 
 
 
Se laisser bercer
Par cette eau
Dans la lumière chaude
D'un automne qui s'éteint.


Et entre les ramures
Contempler le paradis.
 
 
Jocelyne Gagné
 
[Photographie réalisée par Jocelyne Gagné, Saint-Paulin, octobre 2014]
 

Chez moi, il y a tant à voir

On s’imagine qu’on a tout vu
De notre petit patelin
Si présent dans notre quotidien.
 
On n’ose plus sortir
Tellement blasé des mêmes détours,
Des mêmes parcours.
 
On croit que c’est plus beau ailleurs,
Qu’il y a tant à découvrir,
Tant à s’éblouir.
 
Et pourtant pas besoin d’aller bien loin;
Il suffit de se pencher un peu
Pour découvrir le merveilleux.
 
Jocelyne Gagné
 
[Fleur de ciboulette - Mon potager, juin 2014]
[Photographie réalisée par Jocelyne Gagné]
 

La vie en éclat...

 
Un peu de douceur pour ton cœur
Dont les battements se sont affolés
Craignant tout à coup qu’il s’arrête,
Redoutant de ne plus être entendu.
 
Un peu de calme dans ton existence
Quand tu sens que la terre tremble encore,
Lorsque tu crois qu’elle va t’engloutir
Et te faire disparaître sans laisser de traces.
 
Un peu de réconfort pour ton âme
Dont elle sent venir les longues nuits d’hiver
Sans chaleur pour la tenir au chaud,
Sans l’espoir de jours meilleurs.
 
Un peu de clarté dans ton regard,
Dans ces yeux qui cherchent l’invisible
Mais qui s’attardent sur les ombres
Oubliant la lumière qui les a créées.
 
Le monde n’a pas changé.
Tout est resté pareil.
Seul ton regard s’est transformé.
Seul ton cœur s’est brisé.
 
Dans les morceaux de ta vie,
Il y a encore du beau et du bon.
Rassemble ton courage
Et attèle-toi à la tâche.
 
Pierre après pierre
Rebâtis ton existence,
Reforge ta confiance
Dans le feu de l’action.
 
Et un jour, tu découvriras :
Ce qui t’a écrasé, t’a fait grandir,
Ce qui t’a ébranlé, t’a rendu plus fort,
Ce qui ne comptait plus est devenu cher à ton cœur.
 
Il fallait que le vent se lève,
Qu’il te secoue, te blesse et te déchire
Pour reconnaître ta vulnérabilité,
Pour sentir toute la puissance de ton désir de vivre.
 
Un peu de douceur pour ton cœur
Et te voilà enfin prêt à reprendre la route…
 


[Jocelyne Gagné - Février 2013]

S'arrêter...

Savoir s’arrêter
Par expérience
Par intuition
Par convenance
Parce que c’est reposant

 
Savoir s’arrêter
Devant un obstacle
Devant la loi
Devant le danger
Le faire avant plutôt qu’après

 
Savoir s’arrêter
Après la course
Avant notre mort
Pendant qu’il est encore temps
[Jocelyne Gagné, juin 2013]
 

 
 

Éclosion printanière...

Pourquoi sortir quand l’air est frais
Et le ciel si changeant,
Quand tout autour est terne et ennuyant?
 
Même si les rayons me réchauffent
Et que la pluie me glace
Je préfère rester dans mon petit palace.
 
Le soleil et le doux temps persiste,
Me sentant tout à coup bien à l’étroit,
Sur le point d’étouffer si je ne sors pas.
 
Et me voilà au grand air
Frissonnant mais confiant,
Car tout autour c’est le printemps!
 
[Jocelyne Gagné, 24 avril 2013]
 


De pierre et d'envie...

Prisonnière de la pierre, j’attends.
Je rêve des mains de l’artisan
Qui viendront me caresser, me transformer.
 
Captive du temps, je me languis.
D’autres pierres sont choisies
Et m’abandonnent à mon triste sort.
 
Sans savoir pourquoi,
Comme secouée par en dedans,
J’ai envie de m’élever, de grandir.
 
Je ne vois ni pic, ni pelle
Que la clarté cruelle
Du jour qui décline.
 
Encore une nuit dans mon tombeau,
Encore une nuit à espérer les coups du marteau
Qui viendront me délivrer.
 
L’attente est insupportable
L’ennui, intolérable
Je dois bouger.
 
Un coup sec,  un seul suffira
Pour m’éloigner du trépas
Vers lequel je glisse.
 
[Photographie réalisée par J. Gagné, oct. 2012]
[Marie de Magdala (Marie-Madeleine)]
 
Un jour nouveau se lève
Et voilà que mon rêve
À son tour m’attend.
 
Nonchalamment appuyé
Contre le tronc d’un arbre fatigué,
L’artisan me regarde.
 
Et dans le bleu de ses yeux
Je vois le beau et le merveilleux
De mon avenir, de mon devenir.
 
Jadis j’étais une pierre
Simple et ordinaire
Qui a su forcer son destin.
 
Désormais je suis femme,
Un cœur et une âme
Avec une foi inébranlable.
 
Et ce que je tiens entre les mains
Ce sont mes secrets, mes rêves et mon destin.
 
 
[Jocelyne Gagné, fév. 2013]
 

Et si je passais dans cette vie...

Et si je passais dans cette vie
Aussi discrètement que la brise d’été,
Qu’une étoile filante dans la nuit d’hiver...
 
Si ma silhouette n’était plus qu’une ombre
Parmi les ombres multiples du soir,
Fuyant la lumière du jour...
 
Si mon souffle n’était plus qu’un murmure
Et ma voix, un long silence sans fin
Comme un secret perdu à jamais...
 
Il ne me resterait alors que les mots
Ciselés dans une pierre dénudée
Affirmant que j’ai vécu.
 
Et si le temps, le vent et la pluie
Polissaient obstinément la pierre,
Me dépouillant de mon existence passée,
Que resterait-il alors de ma vie, de mon nom, de ma mémoire?
 
[Jocelyne Gagné, décembre 2012]
 
 
[Photographie réalisée par Jocelyne Gagné, NY, oct. 2012]

 

Petite lessive...

Petite lessive,
Petit panier,
Pour un drap à sécher.
 
Suspendu à la corde raide,
Il est fier, il est beau
Comme le voilier glissant sur l’eau.
 
Tantôt drapeau,
Tantôt goéland,
Il se laisse porter par le vent.
 
Ivre de soleil et d’air pur,
Il danse au-dessus des prés
Comme une douce pluie d’été.
 
 « Je voudrais être là-haut, dit-il
À suivre les nuages blancs
À suivre le même courant! »
 
Il se tend, tire sur les pinces
Pour un peu de liberté,
Pour une belle envolée.
 
Tourne, tourne la roue
Qui le ramènera à l’intérieur,
Lui dérobant ainsi son petit bonheur.
 
À plat sur le matelas,
Point de brise,
Nulle surprise.
 
Attaché aux quatre coins du lit,
C’est le châtiment accordé
Pour un moment de liberté.
 
Petite lessive,
Petit panier,
Pour un drap qui a séché.
 
[Jocelyne Gagné, août 2012]
 
[Photographie de Jocelyne Gagné]
 

Troublée...

[Hôtel La Sapinière - Val David août 2012]

 
Tout doucement, mes pas m’ont conduite vers ce lac,
Cette eau calme encadrée d’un paysage tout aussi immobile.
J’ai cherché dans les moindres frissons de l’onde son secret,
Et je n’ai rien vu
 
J’ai contemplé la forêt s’étendant au-delà du rideau d’arbres,
Cherchant à comprendre cette douce passivité
Qui repose sur un fond de ciel bleu fardé de blanc,
Et je n’ai rien saisi.
 
Je me suis assise, troublée de n’avoir obtenu aucune réponse
Sur le pourquoi, tout autour de moi
Il y a le calme, la douceur, la quiétude.
 
Alors j'ai tourné mes yeux vers l’intérieur,
Je me suis retirée un instant chez moi,
Et j’y ai finalement trouvé la paix…
 
Mésange