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Inutile de laisser votre message après le bip

Durant plus de vingt ans, j'ai occupé un poste d’adjointe administrative et jamais il ne me serait venu à l’esprit de ne pas rendre un appel ou de laisser une lettre ou un courriel sans réponse. Si une personne avait fait l’effort d’entrer en contact avec moi, c’était la moindre des choses que de lui répondre. En revanche, il arrivait que mes messages disparaissent dans le néant. Le p’tit bout de papier rose avait dû, par inadvertance, s’égarer parmi les dossiers empilés ou entre les boules de papier froissé et les restes d’un dîner. Ça peut arriver. Cependant, durant les cinq dernières années en poste, je remarquai une aggravation de ce manque de rigueur qui ne s’expliquait pas. Désormais, je devais me déplacer d’un poste de travail à un autre si je voulais obtenir les réponses voulues. De toute évidence, la nouvelle technologie nous permettait de gagner du temps (boîte vocale, messagerie, textos, etc.), mais bizarrement, on ne joignait plus personne.
 
Aujourd’hui encore, je remarque que ce respect se perd; les messages et les invitations attendent toujours une réponse qui ne vient pas. Vous vous dites (et vous y croyez) que cette façon de faire est acceptée, car tout le monde vit le même problème. Vous êtes tellement sollicité par la publicité que, psychologiquement, vous décrochez; tout va à la poubelle! De l’annonce qui vous promet de doubler la taille de votre lunette télescopique à la belle invitation d’une amie à une fête; tout y passe, car vous ne prenez plus la peine de faire le tri. Ben quoi, vous avez une vie!
 
Dommage…

Quel prix ont vos habitudes?

J’aime bien m’affranchir du cadre de la maison pour aller planifier dans un nouvel environnement. Le fait de mettre les pieds à l’extérieur me permet d’aérer cette cervelle qui, trop souvent, a tendance à garder les odeurs de mes efforts tel un sac de sport dans lequel reposent des souliers de course aussi parfumés qu’un vieux camembert. Et une fois que c’est fait, mes idées s’en portent mieux.
 
Mon lieu de prédilection pour ce genre de ventilation c'est un petit café situé à quinze minutes de chez moi. L’ambiance y est agréable, les clients silencieux et le service des plus courtois. J’aime vraiment m’y rendre pour y savourer un bon cappuccino sans me faire bousculer tout en notant mes idées et mes objectifs de la semaine, choisissant avec soin mes priorités.
 
Ce rendez-vous avec moi-même est tellement agréable qu’au lieu de me limiter à une visite, j’y vais deux fois par semaine. Inconsciemment, j’étais en train de me créer une nouvelle habitude…
 
Et puis, pourquoi pas? Je le mérite bien!
 

La vie reprend son cours

L’aube est encore pâle. L’herbe frissonne sous la caresse froide et humide de la brise. De sombres silhouettes apparaissent dans le ciel qui se colore au fur et à mesure que l’horizon s’éclaircit. Emmitouflée dans ma couverture, lovée dans un fauteuil propice à la paresse et au délassement, je regarde le jour d’abord indécis puis résolu à déchirer le rideau des ténèbres à coups de faisceaux dorés.

Même si les matins sont frisquets et que ma peau se cloque de chair de poule, je ne peux m’empêcher d’aller dehors si tôt dans la journée. Je souhaite sans doute m’assurer que le soleil sera au rendez-vous et que même s’il se dissimule derrière un banc de nuages, la clarté du ciel me confirmera sa présence discrète. À moins que ce ne soit simplement pour entendre le silence, cette quiétude qui donnera le coup d’envoi à une belle journée. Quoi qu’il en soit, dans quelques heures la ville sera éveillée en raison de la ronde des autobus scolaires et des cris des enfants qui, loin d’être impatients de se rendre à l’école, exprimeront leur mécontentement à propos de leurs premiers devoirs, des règlements à respecter et de la tête du nouveau professeur. Pas facile la rentrée pour les jeunes!

Citation de Desmond Tutu

« Faites le bien, par petits bouts, là où vous êtes ; car ce sont tous ces petits bouts de bien, une fois assemblés, qui transforment le monde. » [Desmond Tutu]

Citation de William James

« Il n'y a pas d'homme plus malheureux que celui chez qui l'indécision est une habitude. » [William James]

Pourquoi? Eh bien, parce que...

Règle générale, mon petit-fils aime poser des questions sur tout et sur rien. Sa curiosité est sans borne et sa soif de réponses, insatiable. L’an dernier, alors qu’il était âgé de six ans, j’ai dû faire face à une question qui revenait maintes fois : pourquoi?

Pendant qu’il passait son été à la maison, chaque matin après le petit déjeuner, il me demandait : « Est-ce qu’on va au parc ce matin? » et la réponse demeurait la même : « Avant, on doit se débarbouiller le visage, se brosser les dents, s’habiller, faire les lits, débarrasser la table et après on pourra y aller! » Et invariablement l’autre question surgissait : « Pourquoi? »

- Eh bien, parce que… Au fait, pourquoi donc?

Sacrée question, non? À vrai dire, je n’avais jamais pris le temps d’y réfléchir, trop bien ficelée dans ma routine et mes habitudes. Et si pour une fois, je ne faisais rien de tout cela et que je me rendais directement au parc avec mon petit bout d’homme? Il n’y aurait probablement pas de conséquences catastrophiques, pas plus que d’effets secondaires dommageables pour qui que ce soit. Alors, pourquoi pas?

Durant tout l’été, ce petit mot anodin a fait son chemin dans ma réflexion.  Et si je changeais les choses? Si je modifiais la hiérarchie des tâches à faire et la façon de les exécuter? Et si j’éliminais certaines actions pour obtenir quelques minutes de répit ou pour les remplacer par des activités plus intéressantes et plus agréables, que ce passerait-il alors? Rien probablement, mais le simple fait de modifier mes habitudes rendrait mon quotidien plus excitant!

Pourquoi faire les choses parce qu’on l’a toujours fait? Pourquoi procéder pareillement quand on peut faire les choses autrement? Pourquoi préférer la routine à la nouveauté?

Chaque jour est unique et que faisons-nous pour célébrer ce constat exceptionnel? Rien. On reprend le collier sans se questionner sur le fondement de certaines habitudes. En voici quelques exemples :

Se lever à 5h30 - c’était parfait lorsque vous deviez traire les vaches ou encore lorsque vous deviez vous taper un long trajet pour vous rendre au travail, mais est-ce nécessaire d’agir de la sorte à la retraite?

Cuisiner pour une armée - c’était nécessaire quand les enfants étaient à la maison. Aujourd’hui vous n’êtes plus que deux dans cette vaste demeure, peut-être serait-il temps d’occuper ce temps libre à autre chose?

Faire le grand ménage du printemps et d’automne – c’était indispensable quand le système de chauffage de la maison était au bois ou au charbon car cela salissait l’intérieur. De nos jours, avec les plinthes électriques, un grand ménage une fois l'an, c’est suffisant!

Ne confondez pas tradition (héritage immatériel) et habitudes (actes répétitifs) qui mériteraient d’être révisées. Ce n’est pas parce qu’on l’a toujours fait que les actions doivent se perpétuer à l’infini. Ce n’est pas parce qu’on fait les choses d’une manière qu’il faut continuer. On évolue, vous savez! Nos goûts, nos intérêts, nos occupations, notre réalité, tout change! Posez-vous toujours la question : pourquoi?

(Et surtout ne répondez pas que c’est parce que pépère faisait les choses ainsi; validez vos habitudes!)

En répondant à cette question vous arriverez à trois constats :

1) que les tâches que vous effectuez quotidiennement, hebdomadairement, mensuellement, annuellement auront désormais un sens véritable, car vous saurez enfin pourquoi vous les faites;

2) que certaines tâches ont été transmises de génération en génération, mais ne conviennent plus à votre mode de vie;

3) que certaines tâches n’ont plus lieu d’être et que ce temps libéré vous permettra de faire des choses qui vous plaisent vraiment.

Si ce que vous faites fait une différence dans votre vie ou celle de quelqu’un d’autre, continuez, sinon posez-vous la question : pourquoi?

Mésange

Le temps de s'y mettre...

À peine levée que déjà j'angoisse. Juste l'idée de jeter un coup d'oeil à ma liste de choses à faire me donne la nausée, mais avant de poursuivre, je dois vous mettre dans le contexte. Dernièrement, j'ai eu la brillante idée de faire le tour de ma maison et de noter tout ce qui a été négligé depuis quelque temps.  Les obligations avaient pris le dessus et évidemment les derniers petits trucs à terminer dans les pièces qu'on avait récemment repeintes étaient demeurés en suspend ou si vous préférez entre deux états: le fait et le non fait. Je dois l'avouer: j'attendais qu'un bienfaiteur ou une bienfaitrice passe dans le coin et termine le boulot à notre place. Eh bien non, les retouches, la toile inachevée, les mesures à prendre, les rideaux à acheter, une ampoule à changer, une prise électrique à installer, bref, tous ces petits détails qui permettent de cocher la case terminé nous ont attendus.