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Du crémeux svp!

Me revoilà! 
Avec une petite touche d'indécence.
Oui, oui! C'est comme ça!

La vie ne doit pas être difficile ni pénible. Quoi que certains jours sont là pour nous rappeler qu'on doit trimer dur pour être heureux. Vraiment dur. On est loin de penser qu'au détour, il y aura ce genre de récompense qui nous attendra. On imagine plutôt du pain sec, un café froid, le tout avalé sous un ciel gris et froid. 

Néanmoins, il arrive que la vie nous surprenne en ajoutant une petite douceur pour nous inciter à poursuivre non pas dans la recherche du bonheur mais bel et bien dans sa fabrication. Travailler pour sa propre joie. Oeuvrer jour après jour à créer du soleil dans sa vie. Mettre tout son coeur dans tout ce que l'on entreprend pour en récolter des parcelles de plaisir.

La tâche sera longue. Parfois difficile, voire insensée. Toutefois, elle en vaut la peine.
C'est à notre bonheur que l'on travaille; un bonheur qui se multipliera et fera des ''petits'' tout autour de lui.

Bonne semaine tout le monde!

Jocelyne Gagné (Mésange)



(Cabane à sucre Constantin, St-Eustache - 17 juin 2017)

L’eau monte; le moral descend!

Quand on pense au printemps, on songe aux jolies robes, aux températures plus douces, aux couleurs qui surgissent du sol. Notre mémoire nous rappelle les belles soirées à flâner le long du fleuve avec, en bruit de fond, la pétarade des motos. Le soleil pousse les gens à nettoyer leur terrasse, leur cour, leur barbecue. Et l’intérieur des maisons? Ça va de soi; on fait le grand ménage! Évidemment, on finit par regarder tous ces articles qu’on entrepose année après année avec une pointe d’agacement dans le cœur. On s’en veut de les avoir laissé entrer. On se culpabilise de leur indiquer la sortie. 

Ben oui, c’est encore bon! Pourquoi s’en départir? 

Le printemps est là. 

Et les couleurs? Elles hésitent. 

Le gris sale monopolise le décor. Et le moral. 

Le ciel continue de déverser son eau… Encore et encore. Si bien que les sous-sols se remplissent au même rythme que les poches se vident. Ce printemps va coûter cher. Pour beaucoup de monde. Même les gens situés loin des rives écopent. Pas facile! 

Et une fois que l’eau s’est fait un chemin dans votre chez-vous (ce chez-vous si accueillant, si chaleureux, si confortable), elle tend à y retourner à chaque grosse averse. 

Soupir...

Puis tous ces objets que l’on hésitait à jeter flottent tout comme ces malheureux navires qui prennent l’eau. Et vous, vous regardez ces « éponges » se gorger de votre découragement.

Soupir...

Il va falloir pomper toute cette eau, éponger le sol et jeter ce qu’on croyait pouvoir garder pour un au-cas-où. 

Le printemps prend une drôle d’allure quand vous mettez au chemin vos avoirs (ceux que vous ne vouliez plus et ceux que vous vouliez conserver). Il n’y a rien de joyeux à nettoyer en vitesse pour éviter les champignons ou toute autre pourriture. On se demande alors à quoi sert un sous-sol si ce n’est qu’à servir d’entrepôt à notre manque de courage à prendre une décision. 

Il n’y a pas que les sous-sols qui souffrent de nos débordements émotifs. Chaque pièce contient un nombre incroyable d’objets qui ne servent plus. 

Et un objet qui ne sert plus n’a plus sa raison d’être; il doit servir ou bien partir. C’est assez simple! 

Que ce soit dû aux pluies, aux rivières qui débordent ou à la tuyauterie qui lâche, il y a une petite prise de conscience à faire lorsque l’eau vient nous gâcher l’existence : 

 Il est peut-être temps de se détacher de ses biens!

Quand on y pense, ce ne sont qu’un bureau, un canapé et des livres… On les a un jour aimés, appréciés et utilisés… Il faut les laisser partir, non pas par dépit, mais avec gratitude. Ils nous ont rendu service et maintenant, pourquoi ne pas en profiter pour épurer notre environnement et faire de la place à la vie? Pourquoi ne pas saisir cette occasion pour faire le point sur notre façon de consommer? 

Au lieu de passer notre temps à chercher de l’espace pour tous ces objets, à nous inventer des systèmes pour ranger et classer nos avoirs, pourquoi ne pas utiliser ce temps pour vivre et vivre vraiment? 

Et si toute cette eau nous apprenait une des plus grandes leçons de vie? Que l’existence, la nôtre, prend toute son expansion non pas entre les quatre murs de notre maison, mais bien dehors avec la nature et les gens. Que ce qui nous anime et nous comble, ce ne sont pas nos possessions, mais l’expérience même de la vie. 

Si le printemps hésite à montrer ses couleurs, ce n’est que pour une raison : lui aussi fait son ménage! 

En ce lundi matin, regardez de plus près la relation que vous entretenez avec les objets et les gens. Le détachement a du bon; il nous donne une plus grande flexibilité et une plus grande liberté nous octroyant ainsi un plus grand pouvoir sur les circonstances. 

Finalement, si vous êtes tentés d’acheter, de pousser le vieux avec du neuf, OK, pas de problème, mais avant, assurez-vous que ce qui va entrer dans votre maison ne devienne pas une lourde chaîne qui vous retiendra à l’arbre de vos possessions. 

C’est long longtemps une vie privée de toute liberté! C’est souffrant une vie quand on porte sur le dos tous ces biens qu’on a accumulés au fil des ans! Entre vous et moi, c’est de la misère optionnelle. 

Bon lundi et bonne semaine tout le monde! 

Jocelyne Gagné (Mésange)  


[La rivière des Mille-Îles, Terrebonne, 23 avril 2017]

Bonne tête et gros bras

Du plus loin que je me rappelle, j’ai toujours trouvé que les étapes d’un projet me faisaient l’effet de dos-d’âne disposés en travers de la chaussée m’obligeant à ralentir, moi qui m’obstinais à vouloir arriver au plus vite au résultat.

Cela m’a pris des années avant de réaliser que si je ne voulais pas me casser la gueule dans ma hâte d’en finir au plus vite, j’allais devoir procéder autrement. 

En disposant d’un plan. 

D’un plan marqué d’étapes et d’un échéancier. 

Je vous entends déjà ronfler… Je vous comprends. 

J’ai jadis ronflé, et ce, pour les mêmes raisons. 

Et plus d’une fois, j’ai dû soigner mon nez (et certaines parties de mon anatomie sensibles aux coups durs de la vie) à cause d’une insuffisance de réflexion et de préparation; l’expérience m’a démontré à la dure que si on ne procède pas par étapes, on n’y arrive tout simplement pas. 

Je le reconnais : je suis portée à mettre la charrue devant les bœufs… Par conséquent, il m’arrive de m’énerver devant cette même charrue et de me plaindre qu’elle n’avance pas, grognant contre ces bêtes qui me bousculent par-derrière et dont l’odeur ferait fuir les mouches et toute bonne volonté. Bref, cela demande tout un contrôle pour revenir à mes fameuses étapes… Et du courage. 

Pourquoi est-ce que je vous raconte ça? Eh bien, parce que c’est facile de s’éparpiller et de dilapider son énergie aux quatre vents. Il est commode de sauter des étapes (surtout celles qui nous rebutent) en se disant que personne ne va le remarquer, qu’on va y arriver avec peu d’efforts. 

C’est toujours ce que l’on croit. 

Oui, c’est facile de s’épuiser à être partout à la fois tout ayant l’impression que rien n’avance. C’est tuant psychologiquement de se rendre compte qu’il y a toujours quelque chose qu’on a oublié de faire à la fin de la journée. Et plus encore, que ce sur quoi on a consacré tous nos efforts et que l’on a fait à la perfection ne comptait que pour des « peanuts ». 

Je le sais, car je l’ai vécu. Plus d’une fois. Et je peux vous certifier qu’un plan simple vaut mieux que pas de plan du tout. Qu’un plan simple vaut mieux qu’un plan parfait qu’on laisse dormir dans le tiroir. Et j’ai réalisé aussi ceci : certaines tâches doivent être faites que ça nous plaise ou non et que la perfection, à certains moments, n’a pas sa place. 

Alors, j’ai fait un plan pour tout ce qui semblait énorme dans ma vie. Le fait de procéder par étapes, un coup de pelle à la fois, m’a assuré de deux choses : 1) le tas de terre qui me dérangeait va finir par disparaître et 2) si j’ai été capable de charrier quarante-huit brouettées de terre, je pouvais réaliser n’importe quoi. 

Vous savez quoi? Mon tas de terre a disparu. Le tri des papiers a été fait. La vente des outils tire à sa fin. Le garage s’est vidé de tout ce qui l’encombrait et la maison respire la fraicheur et le renouveau pour les prochains occupants. Je suis fin prête à entamer la prochaine étape : laisser tout doucement certains souvenirs se dissoudre dans le temps et fixer mon attention sur le présent - celui-là même qui forgera mon futur. 

Un plan, c’est bien. Et le suivre méthodiquement en restant ouvert aux surprises de la vie, c’est encore mieux. 

En ce lundi matin, je vous invite à procéder par étapes dans tout ce qui vous semble gros, insurmontable. En somme, allez-y un coup de pelle à la fois. 

Bonne semaine! 

Jocelyne Gagné


À l'écoute de ce qui nous habite

Après ce long silence, sans avis de ma part, vous êtes en droit de vous questionner. Quel genre de blogueuse suis-je donc pour manquer ainsi à mes devoirs? Je suis avant tout humaine; un être avec des forces et des faiblesses. Et puis les mots n’arrivaient pas à sortir, noyés dans le malström des émotions des derniers mois. Alors les mains se sont occupées, et le cœur, lui,  s’est mis à pomper le sang dans les veines, fournissant une quantité phénoménale d’énergie. Car il faut que ça bouge que ça nous plaise ou non.
 
C’est ce qui se passe après le départ d’un être cher; la vie avance en accéléré.

Mais là, tout s’est arrêté. Et c’est ce que je voulais. Je voulais ressentir. Ressentir le vide, la perte, l’absence de vie autour de moi. J’ai goûté au silence à m’en délecter,  jusqu’à en avoir la nausée. J’ai senti mon cœur battre plus fort, et par moments, trembler de peur.

De quoi sera forgé demain? Où m’en vais-je? Que vais-je faire après la vente de la maison? 

Tant de questions et si peu de réponses.

Alors j’ai laissé le silence s’installer tout autour de moi et en moi. J’en avais besoin. Les questions me terrorisaient et les réponses logiques ou farfelues tout autant. J’ai pris ce temps et eu un formidable tête-à-tête avec mon cœur dans un petit café. La lumière était extraordinaire! J’ai fixé alors mon attention sur le « moment présent ». Sur ce que je ressentais…

Je vivais un mélange de peur, de courage, d’optimisme démesuré et de doutes… J’étais totalement tiraillée de l’intérieur. Mes amis me suggéraient d’aller de l’avant et d’autres de faire le point sur mes hiers. Et moi? Je voulais être dans le présent. Simplement là à ressentir le mélange de joie, de douleur, de tristesse et d’émerveillement. Simplement pour réapprendre à vivre dans les petites choses; ces petits miracles qui se font sans qu’on s’en rende compte.

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout cela? Parce qu’on est humain et on a droit à l’erreur, à ressentir la peur; on a le droit de douter et d’être triste à certains moments. On a le droit d’être humain, vulnérable et sensible.

Oui, il y a un temps pour chaque chose… Il y a un temps pour guérir afin de pouvoir se relever et soulever le monde. Il y a un temps pour faire la paix avec soi-même en acceptant d’être fragile et totalement démuni. Et c’est dans ces moments-là que la vie nous fait cadeau du merveilleux.

La lumière est si belle quand on la regarde!

Elle est si chaude lorsqu’elle nous enveloppe!

Elle est si merveilleuse quand elle embrase notre cœur!

En ce lundi matin, je vous invite à accueillir la vie… Et ses complications? Avec souplesse. Tout est bien ainsi. Parfaitement bien ainsi. C’est lorsqu’on est à terre qu’on remarque la vie à nos pieds. C’est lorsqu’on s’élève que les étoiles deviennent un but à atteindre.

Et là, c’est le moment pour moi de regarder le ciel et tout son contenu.

Vivez, mes amis, ce que vous avez à vivre « en ce moment ». Ne fuyez pas ce que vous ressentez. Au contraire, ressentez jusqu’à ce que la clarté se fasse dans votre cœur. Après? Eh bien, venez contempler le ciel à mes côtés!

Bonne semaine tout le monde!

Jocelyne Gagné (Mésange)
 
P.-S. Puisque nous entamons une nouvelle année, j’ai décidé, pour 2017, de faire les choses différemment. Désormais, je vais écrire non pas chaque lundi matin, mais bien en vous surprenant par un billet quelque part au cœur de la semaine, selon l’inspiration du moment. Que de plaisir à venir! Rien que du bon et du savoureux! Comme je suis très heureuse de vous retrouver! 




Un regard humain

Vivre le Salon du livre de Montréal, c'est un plongeon dans le regard de l'autre, deux bras tendus pour accueillir la vulnérabilité et s'émouvoir de la fragilité de l'être. C'est toucher le coeur de l'autre avec nos mots. C'est également une occasion extraordinaire pour pouvoir donner à ceux que l'on rencontre un peu de cette lumière qui nous habite.

Quelle enrichissante expérience! Quel beau moment entourée de gens fascinants, intéressants et avides de mots bienveillants!

À revivre, très certainement!

Jocelyne xo

* * *
Texte de Jacques Salomé
Paroles de rêves - Éd. Albin Michel
 
Femmes et hommes aux origines si lointaines qu'elles se sont perdues dans la poussière des étoiles, nous oublions trop souvent que nous avons non seulement des yeux, mais aussi un regard.

Que nous venions des montagnes, des vallées ou des villes, que nous soyons athées ou croyants, jeunes ou vieux, notre regard, même s'il est parfois une attente, est une offrande à la vie, un cadeau du coeur.

Qu'il soit proche ou plus lointain, ouvert ou distant, un regard dit et confirme la présence, et plus encore l'intensité d'un être. Il dit aussi la vivance qui circule en chacun.

Qu'il soit encore tourné vers le passé, ancré sur le présent ou prolongé sur l'avenir, chaque regard témoigne du désir d'exister à chaque instant, il s'avance bien au-delà de nous et ne craint point d'affronter l'inaccessible.

Un regard humain c'est une lumière dans la nuit des doutes.
* * * 



Du papier ou de la vie



Un choix difficile?
Voyons voir...






On nous dit que nous sommes à l’ère du sans-papier. Sans rire. Je pense qu’on se moque de nous. Je n’ai jamais vu autant de documents papier dans une seule pièce! Et l'aspect à ne pas négliger lorsqu’on fait du ménage dans nos documents, c’est la protection de certaines informations. On ne peut plus jeter à l’aveugle des factures, des reçus de caisse, des relevés bancaires, etc. On doit tout déchiqueter. Vraiment tout. Pourquoi? Parce que nous ne sommes pas à l’abri du vol d’identité. 

Et j'ai bien peur que, à ce rythme, le ménage de toute cette paperasse prenne une éternité à faire.

Soupirs…

Le drame n’est pas tant mes documents, mais bien ceux de mon défunt mari. Pour lui, tout était important. Tout, je vous dis. Vraiment tout. Je me sens un peu gênée de jeter ce qu’il avait si précieusement identifié, rangé, archivé. Ah! il doit en pleurer de me voir ainsi vider les tiroirs, les placards, les bibliothèques presque sans émotion. Après tout, ce n’est que du papier.
Enfin, pas tout à fait.

C’étaient des arbres auparavant. Des arbres remplis de vie.

L’émotion qui m’habite durant ce grand ménage obligé c’est la tristesse. C’est vrai, c’est affligeant de voir autant d’arbres sacrifiés pour la formalité administrative. Ben oui, on imprime au cas où l'on aurait besoin de prouver qu’on a bien reçu et payé une facture; on imprime pour nos dossiers au cas où le vérificateur passerait pour nous poser des questions sur nos transactions; on imprime en multiples copies juste au cas où l'on ne se souviendrait plus de l’endroit où  l'on a classé nos documents.

C’est désolant, je vous assure.

Mon constat? Nous avons de mauvaises habitudes.

On conteste haut et fort qu’on doit protéger nos arbres avec des pancartes dont le carton provient de la fibre naturelle des arbres. C’est un non-sens, vous ne trouvez pas?

Oui, le papier se recycle (là, on a bonne conscience, hein?). Mais pour le recycler, on pollue.

Il serait peut-être temps de changer de stratégie et de régler le problème en amont.

On est là à se plaindre que la planète se meurt, qu’il faudrait que les grandes industries de ce monde (celles dont les agents polluants ont un impact gravissime sur l’environnement et dont les effets ont une incidence sur l’accélération du réchauffement climatique) modifient leur façon de faire afin de préserver notre environnement. Et nous, que faisons-nous pour sauvegarder cette vie qui s’épanouit sous nos yeux? Que faisons-nous (individuellement parlant) pour diminuer la quantité de déchets produits quotidiennement dans notre foyer? Que faisons-nous pour ralentir le réchauffement de la planète? Peu de choses. On attend de voir ce que les autres vont faire… On se dit que notre propre contribution est tellement minime qu’elle va passer inaperçue. Donc, pourquoi s'affoler? Et notre conscience, elle, que nous dit-elle?

Les forêts (et les océans) sont les poumons de la Terre.

Sans poumons, le cœur de la vie cesse de battre.

A-t-on besoin de tant de papier pour prouver que l’on travaille fort, que l’on existe? A-t-on besoin de tant de choses autour de nous pour se sentir important?

Non. Ce ne sont pas les objets, les documents qui font en sorte que nous sommes quelqu’un. C’est notre attitude face à nous-même, face aux autres, face à notre environnement qui fait de nous des êtres importants (et conscients!) ou non. Le respect de ce que nous sommes, de la vie qui nous entoure, de ce qui nous est donné, jour après jour. Oui, la vie nous donne tout ce dont on a besoin. C’est nous qui voulons toujours plus et encore plus de ce qui finira un jour ou l’autre par nous encombrer et nous empêcher de voir l’essentiel, c’est-à-dire notre essence.

Alors voilà, je me débarrasse de ce qui m’empêche de mieux vivre, de mieux être. Je recycle, je donne, je vends en donnant une seconde vie à ce que j’ai jadis aimé et je pars du bon pied. 

Ce qui était n’a plus sa raison d’être. Je change. Les choses changent. La vie change… Alors, s’il y a moins de choses autour, il y aura aussi moins de distractions. Je pourrai me concentrer sur ce qui compte vraiment. Aimer, donner, m’émerveiller.

La paperasse? Non, merci. 

Prenons de bonnes habitudes en prenant soin de la nature non pas en recyclant le papier, le verre, le plastique, etc., mais bien en faisant des choix éclairés au départ, en répondant à la question : est-ce que j’en ai « vraiment » besoin? 

Comme moi, vous verrez; vous vous contenterez de peu. Et le peu est beaucoup plus facile à ranger, à gérer et à apprécier.

Bonne semaine tout le monde!

Jocelyne Gagné (Mésange)

P.-S. Où étais-je hier? Dans ma paperasse. Là, j’en suis sortie… Enfin presque!

Sans fard ni masque

Ce soir, ce sera la balade des p’tits monstres, des zombies, des princesses et des personnages de Disney dans les rues du Québec. Ce soir, tout le monde va porter un masque. Tout le monde sans exception. Même ceux qui n’ouvriront pas la porte à ces quêteurs de bonbons. 

Car une fois que le masque est mis, on ne peut (ou on ne veut) plus l’enlever. 

Je le sais, car je l’ai porté et il m’arrive encore de le porter pour certaines personnes. 

Les gens nous voient d’une certaine façon. Ils aiment bien apposer une étiquette qui nous sied ou non. Ça les rassure. Ainsi, ils n’ont pas besoin de faire d’effort, de creuser bien loin pour chercher le meilleur en nous. Comme une vitrine que l’on regarde, on se fait vite une idée du contenu et s’il ne nous plaît pas, on passe à la prochaine, n’oubliant pas de mentionner à notre entourage d’éviter à tout prix cet endroit. 

Et puis, il y a nous. On se voit d’une certaine manière. Et ce qui nous fait faire la grimace, eh bien, on le dissimule derrière un masque. Ainsi, ça ne paraît pas aux yeux des autres. Qui pourrait se douter que nous souffrons, que nous sommes blessés, que nous avons des faiblesses, des peurs, que nous avons commis des erreurs? Derrière ce camouflage, il n’y a que des yeux qui brillent. 

Pas facile de s’ouvrir, d’être authentique, d’être vrai pour soi et pour les autres. 

Pas facile d’ôter le masque. 

On n’a peur de notre « nudité », de notre vulnérabilité. Mais c’est en étant vulnérable qu’on devient sensible à la vie, à ce qui nous entoure, à notre essence. C’est en sortant de l’ombre dans laquelle on s’est placé (ou d’autres nous ont mis) qu’on peut sentir la lumière sur soi, en soi. 

En ce lundi matin, je vous invite à vous ouvrir, quitte à être vulnérable, fragile, extrêmement inconfortable dans cette nouvelle ouverture. Néanmoins, je peux vous l’affirmer que, dans quelque temps, vous ne pourrez plus vivre autrement. 

Alors, laissez tomber les masques et sortez dans la lumière.

Bonne semaine tout le monde! 

Jocelyne Gagné (Mésange)



Souple ne veut pas dire mou

Il m’arrive de penser que certaines de mes qualités me nuisent. Je suis souple, adaptable, compréhensive. J’aime dépanner les autres et j’éprouve beaucoup d’empathie pour mes semblables, car après tout, ils me ressemblent. 

Bref, au début de l'été, j’ai été confrontée à une difficulté. 

Je vous explique... 

J’aime écrire. Beaucoup même. Et quand j’écris, je me donne à 200%. Oui, à 200%. Je ne regarde pas l’heure ; j’écris. Je suis mon idée et je la raffine jusqu’à ce qu’elle soit parfaite (enfin de mon point de vue). Et là, je ne compte pas les heures. Pourquoi? Ce n’est pas important ; l’article l’est. Alors je m’investis dans ce que je fais et j’oublie de m’arrêter, de me dégourdir les jambes, les épaules et le cou qui déjà montrent des signes de crispation. J’oublie même de manger, de boire et parfois de respirer. Je donne tout ce que j’ai, car c’est important : j’écris. Que ce soit un article, un billet, un chapitre de mon livre, j’écris parce que je sais que quelques mots suffisent pour changer la vie de quelqu’un. Il n’y a aucune prétention dans ce que je dis… Je lis des livres en quantité et je peux vous affirmer que chaque livre m’a transformée, petitement ou grandement. Certains par une seule ligne, d’autres par l’intégralité de l’œuvre. 

Cela dit, parfois on me demande d’être souple, de m’adapter à la demande. Je veux bien, croyez-moi! Et ne pensez pas que je suis une diva qui a ses caprices. Non, vous n’y êtes pas du tout. J’aime rendre service et faire plaisir. Ah ça oui! Mais, parfois, c’est tout simplement impossible. 

Mon père disait souvent (et le répète, mais moins souvent parce qu’on a appris la leçon cinquante ans plus tard, hi! hi! hi!) : « Celui qui travaille bien ne manquera jamais d’ouvrage! » C’est vrai. En voici la preuve : on va manger dans le restaurant dont le stationnement est plein à craquer, on demande un service à une adjointe qui déjà croule sous les dossiers à traiter, on demande à ceux qui sont souples de faire ce que les râleurs refusent de faire. 

Je suis souple et adaptable… J’aime ces qualités. Et ça me chagrinerait au plus haut point de devoir les changer par abus. Je souhaite le respect, car je respecte les autres. Je veux la considération, car je considère tout travail comme source de bonheur. Je désire l’authenticité, la même qui se retrouve dans mes écrits. J’aspire à une compréhension ; certes, les miracles peuvent se produire, mais à une échelle plus réduite… Je suis une femme après tout! 

Règle générale, je suis souple parce que je le veux bien. Je suis malléable, car j’aime l’harmonie, la simplicité, l’entraide… Et je me dis que la vie se doit être simple, allant du point A au point B. Mais je dois aussi me respecter. 

Je ne peux pas tout accepter, tout tolérer. 

Et ça me fait mal d’être obligée de mettre mon pied à terre (ou d’abattre mon poing sur la table), d’affirmer mon point de vue et de refuser de faire une chose qui m’attriste. Néanmoins, c’est ma blessure à moi. Je dois l’accepter et vivre avec. 

On n’est pas parfait. 

On essaie, même très fort, d’être mieux, d’être plus. Mais, je le répète, on n’est pas parfait! 

La vie attend de nous non pas la perfection, juste le désir d’être mieux qu’hier. 

Par conséquent, je me dis, si je fais de mon mieux, ça devrait suffire. Et si le mieux est de refuser quelque chose qui pourrait altérer ma confiance, l’estime que j’ai de moi, alors le mieux est de penser à moi plutôt qu’aux caprices de certaines personnes. 

S’affirmer n’est pas chose facile ; respecter ses limites non plus. Nous n’avons pas à dire oui à tout et tout le temps. Être souple ne veut pas dire être mou. Être souple, c’est choisir nos concessions selon ce que nous croyons être juste pour nous et les autres. 

Alors, faisons de bons choix afin de nous respecter tout en respectant les autres. Répondons à la demande en gardant en tête que nous avons le droit de refuser de faire quelque chose qui ne nous convient pas. Faisons de notre mieux et si les autres trouvent à redire, eh bien, il est peut-être temps pour nous de changer de décor ou de modifier notre cercle d’amis. 

Bonne semaine tout le monde! 

Jocelyne Gagné (Mésange) 




La gratitude

Après deux belles journées à savourer l'automne de mille et une manières, voilà que la routine nous attend. Sérieusement, a-t-on vraiment envie de reprendre le collier? Non. L'incroyable lumière qui nous enveloppait nous a donné l'enthousiasme pour démarrer de nouveaux projets,  relever des défis ou entreprendre de saines habitudes. Et la routine? On l'a oubliée. Dans un coin.

Et ce matin, en traversant la cuisine, quelque chose a attiré notre attention. Quelque chose qui patientait dans un coin...

La routine nous attendait.
(Soupir...)

Impossible de faire comme si on ne l'avait pas vue. Elle nous a vus et cela était suffisant pour nous faire courber le dos. C'est clair, on n'aura pas d'autres choix que d'aller la voir, la prendre sous le bras et l'inclure dans notre quotidien.

Soyons honnêtes: il nous arrive de vouloir étirer le bonheur à son maximum, craignant d'une certaine manière d'en manquer. On aimerait bien se faire quelques réserves au cas où les temps deviendraient durs.  C'est normal. Quand on se sent heureux, la vie devient tellement belle qu'on se demande pourquoi on râle sur tout et sur rien. On en vient à croire qu'on se plaint le ventre plein!

La routine a du bon. Elle nous rappelle qu'on doit être reconnaissant pour le plaisir, le bonheur, la joie ressentis. Elle nous invite à apprécier tout ce que l'on a dans le coeur et tout autour de nous. Au fond, elle nous demande peu de choses: après avoir vécu tant de beaux moments, elle souhaite qu'on la regarde différemment; si possible avec des yeux encore émerveillés du merveilleux qu'on a contemplé. Certes, la routine n'est pas aussi flamboyante que les couleurs qui égayaient la ligne d'horizon, pas aussi invitante que ces chemins lumineux que nous avons empruntés, pas aussi satisfaisante que cette sympathique promenade le long de la rivière. Non. Elle est assez "ordinaire" quoique rassurante. 

Et si ce matin, on regardait notre train-train quotidien avec des yeux aimants, compréhensifs, tolérants. Et si on prenait la peine d'apprécier le travail, les responsabilités, les choix qu'on a faits pour nous-mêmes et les autres. Oui, entretenir une maison c'est sans fin, mais ce sont ce toit et ces quatre murs qui abritent les réunions de famille, les confidences, les rires. C'est un endroit où il fait bon vivre. Prenons quelques minutes pour exprimer notre gratitude pour tout ce que nous avons, vivons et osons.

Nous sommes riches. Nous avons une routine; signe que nous avons une vie!

Bonne semaine tout le monde!

Jocelyne Gagné (Mésange)