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Où étaient-ils pendant qu’on essayait de les élever?

Je parle, tu parles, nous parlons et personne n’écoute! À quoi bon parler?

 
C’est fou le temps qu’on passe à répéter les mêmes choses! On en vient presque à croire que l’équipement de base n’a pas été installé, car même s’ils présentent les caractéristiques d’un modèle complet (bras, jambes, tête, cerveau, etc.) rien ne fait réagir nos chers adolescents. Certes, ils ont l’ouïe saturée de leur musique préférée, la vision fixe par le scintillement des pixels, les neurones trop absorbés à décortiquer le dernier texto reçu, néanmoins on aimerait croire que le message finit par passer, que l’information ne s’est pas égarée en chemin et que nos bons conseils trouveront une terre fertile où ils pourront germer, grandir et porter des fruits. L’espoir fait vivre!
 
Et pendant qu’on s’échine à vouloir leur inculquer certaines valeurs et à leur présenter une part de notre belle sagesse, eux se tournent vers l’Internet, les amis et les influences parfois douteuses à la recherche de leur identité, de leur place dans la société. En fin de compte, on a l’impression que nos adolescents grandissent sans pour autant parvenir à maturité.
 
L’astuce, s’il y en a une, est de persévérer en conservant le même discours avec quelques nuances près. Même si nos jeunes présentent de multiples contradictions, il n’en demeure pas moins qu’ils souhaitent être aimés et appuyés. Leurs comportements peuvent nous irriter, nous heurter fortement même, néanmoins on se doit de continuer à émettre le même signal véhiculant nos valeurs, nos connaissances, nos encouragements, notre désir de les voir autonomes et avisés, car en définitive c’est la répétition qui permet d’enfoncer le clou!
 
Alors que le temps file à toute vitesse et que l’on s’interroge sur l’utilité de tous ces efforts déployés au fil des ans, les fruits commencent à mûrir nous surprenant par leurs propos et le bon sens de leurs réflexions. Au fond, ils écoutaient vraiment pendant qu’on parlait!
 
Jocelyne Gagné (Mésange)
 
 

La dernière requête

Sur le banc d’une église,
Un homme repose.
Il espère la miséricorde.

Le poids de la fatigue
Pèse sur son âge,
Les remords sur son âme.

Le silence écoute.
Les flammes s’immobilisent.
Et le doux murmure de la prière
Se fait entendre.

Voilà que le premier grain du chapelet glisse entre ses doigts…

L’homme prie pour lui,
Pour la santé qui le fuit,
Lasse de ce corps.

Il souhaite l’indulgence
Pour ses faiblesses,
Pour ses forces mal déployées.

Il regarde ses mains
Usées et desséchées,
Par tant d’heures travaillées,
Par manque de solidarité.

Et les grains du chapelet roulent entre ses doigts…

L’homme demande pardon
Pour ses hiers mal vécus,
Pour tout ce temps perdu.

Il implore un sursis,
Une seconde chance
Que seul le ciel pourra lui accorder.

Derrière l’écho de pas perdus
Et le bruit des portes qui se referment,
Il tend l’oreille.
Il n’y a que le silence.

Et les grains du chapelet reposent entre ses doigts…

Dans son cœur
Il sent une présence,
Une étrange douceur.

Il le sait :
Il n’aura ni sursis
Ni seconde chance.

Ses hiers resteront ainsi,
Ses demains incertains,
Sans garantie de jours meilleurs.
Et pourtant quelque chose a changé.

Dans le silence de son cœur,
L'homme a trouvé le pardon
Et enfin, la paix de l’esprit.

- Jocelyne Gagné



Les grandes espérances

L’espoir peut soutenir et conduire toute personne vers l’étoile qu’a choisie son cœur…


Si vous ne croyez pas en votre pouvoir de transformer votre vie en quelque chose de mieux, qui va y croire?

Peut-être un ami placé sur votre route.
 
Peut-être personne.
 
Et si cet ami vous dépeint non pas votre situation actuelle, aussi déprimante soit-elle, mais plutôt celle en voie de devenir... Que cette personne arrive à vous faire oublier votre condition restrictive — telle une chenille prisonnière dans son cocon — et qu’elle vous montre le magnifique papillon que vous deviendrez. Ne cherchant pas à vous faire croire à un rêve impossible, cet ami vous offre plutôt la possibilité d’imaginer une réalité différente, car il sait que toute situation intenable ne dure jamais éternellement.
 
Cette âme charitable ne cherche pas à endormir votre vigilance en vous montrant un avenir plus rose qu’il ne l’est en réalité, mais vous demande de vous montrer moins âpre envers cette vie qui a été impitoyable envers vous, car celle-ci a des surprises en réserve… de bonnes surprises!
 
« Croyez-y! »

Ça ne donne rien...

Presque chaque jour je rencontre des gens pour leur parler des produits Arbonne. En plus d’être sûrs, purs et bénéfiques pour la peau, ils procurent un extra non négligeable : parce qu’on se sent belle, on gagne en assurance et parce qu’on gagne en assurance, on se sent belle et bien dans sa peau. Naturellement, je ne peux résister à l’envie de partager avec d’autres les bienfaits de ces produits. Alors j’en parle à ceux qui m’entourent, à des gens qui croisent ma route…

Cependant, il m’arrive de croire que je perds mon temps; soit ils ne sont pas réceptifs, soit ils sont sceptiques, soit ils démontrent tout au plus un intérêt poli. Alors je serais tenté de dire que ça ne donne rien, que je devrais investir moins de temps car au bout du compte, ils me font perdre du temps. L’erreur que je fais, c’est que je m’attarde à la récolte plutôt qu’aux semences. Est-ce que le cultivateur se dit qu’il perd son temps lorsqu’il laboure et sème son champ? Est-ce qu’il se dit une fois la tâche terminée, eh bien mon vieux, tu as perdu trois jours à semer. Tu vois bien, il n’y a rien qui a poussé. Vends ta ferme et tes terres, c’est peine perdue! Au contraire, il est satisfait de ses efforts car tout ce qu’il avait à faire durant ces trois jours, c’était labourer et semer. Et c’est ce qu’il a fait. Alors il se récompense en se reposant un moment sur sa galerie pour savourer son café dans le déclin du jour. Son regard se perd dans l’horizon. Il oublie le soleil qui lui brûle les yeux, la fatigue des derniers jours, les ampoules aux mains et ne voit qu’une seule chose : un champ de blé dansant dans la lumière dorée. Il sait que ce n’est pas pour tout de suite, mais il sait que c’est pour bientôt… 

Si vous croyez que ce que vous faites ne semblent pas donner les résultats escomptés, détrompez-vous : les résultats sont là; ils ne sont juste pas visibles pour l’instant. Il faut laisser le temps à la semence de germer, de pousser jusqu’à maturité afin de pouvoir en faire la récolte. 

Quand vous voulez quelque chose, posez-vous une seule question: est-ce que j’ai semé aujourd’hui? Si oui, vous avez fait du bon boulot! Si non, retroussez vos manches et faites ce qui doit être fait. 

En savourant mon café ce matin, je pense à vous, à vos projets, à vos rêves. Je vous connais bien, vous êtes d’excellents semeurs alors c’est certain qu’au bout du compte quelque chose poussera! 

Bonne semaine tout le monde! 

Mésange

La vie en éclat...

 
Un peu de douceur pour ton cœur
Dont les battements se sont affolés
Craignant tout à coup qu’il s’arrête,
Redoutant de ne plus être entendu.
 
Un peu de calme dans ton existence
Quand tu sens que la terre tremble encore,
Lorsque tu crois qu’elle va t’engloutir
Et te faire disparaître sans laisser de traces.
 
Un peu de réconfort pour ton âme
Dont elle sent venir les longues nuits d’hiver
Sans chaleur pour la tenir au chaud,
Sans l’espoir de jours meilleurs.
 
Un peu de clarté dans ton regard,
Dans ces yeux qui cherchent l’invisible
Mais qui s’attardent sur les ombres
Oubliant la lumière qui les a créées.
 
Le monde n’a pas changé.
Tout est resté pareil.
Seul ton regard s’est transformé.
Seul ton cœur s’est brisé.
 
Dans les morceaux de ta vie,
Il y a encore du beau et du bon.
Rassemble ton courage
Et attèle-toi à la tâche.
 
Pierre après pierre
Rebâtis ton existence,
Reforge ta confiance
Dans le feu de l’action.
 
Et un jour, tu découvriras :
Ce qui t’a écrasé, t’a fait grandir,
Ce qui t’a ébranlé, t’a rendu plus fort,
Ce qui ne comptait plus est devenu cher à ton cœur.
 
Il fallait que le vent se lève,
Qu’il te secoue, te blesse et te déchire
Pour reconnaître ta vulnérabilité,
Pour sentir toute la puissance de ton désir de vivre.
 
Un peu de douceur pour ton cœur
Et te voilà enfin prêt à reprendre la route…
 


[Jocelyne Gagné - Février 2013]