Affichage des articles dont le libellé est Article. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Article. Afficher tous les articles

Les grandes transformations

Certains disent que l’évolution d’une personne se fait petit à petit et que seuls quelques privilégiés prendront la voie express. Mais ce qu’on ne dit pas c’est que cette fameuse voie plus directe et plus rapide est celle de la douleur, de la souffrance, de la difficulté. Du pénible à soulever. 

- Mais qui serait assez fou pour la choisir délibérément? 
- Quelques-uns seulement. 
- Des fous, assurément, me diriez-vous. 
- Des fous, certes, mais pas si fous que ça… 

La difficulté ou l’épreuve peut nous tomber dessus à tout moment. On aurait beau dire qu’on ne l’a pas choisie, mais la vie semble nous démontrer le contraire. Selon elle, on a tout fait pour l’attirer… dans notre vie. Voilà, on est pris avec le problème. On a deux choix : l’ignorer jusqu’à ce qu’il devienne si gros qu’il obstrue notre champ de vision ou s’en occuper. 

Néanmoins, il arrive qu’on trouve la charge si énorme pour nos pauvres épaules qu’on doit se transformer pour y arriver. Alors, on met de côté la peur qui nous paralyserait et on fonce. On ne sait pas si notre tête va résister, si le cœur ne va pas lâcher, si le corps ne va s’épuiser à force d’en abuser. On fonce et «advienne que pourra!». Et étrangement, voilà que le corps change et devient plus fort, plus résistant. Voilà que la tête devient plus solide et plus déterminée. Voilà que le cœur s’enthousiasme à voir les progrès réalisés. 

La transformation s’opère non pas dans la facilité mais dans l’effort et la lutte contre nos blocages, nos limitations, notre incompréhension de ce qui nous arrive et notre incapacité à s’adapter et à gérer ce qui nous afflige. On se sent compressé, écrasé comme un bourgeon prêt à éclore, terrorisé à l’idée de ne pas pouvoir s’en sortir… vivant. 

Mais si le bourgeon éclot chaque printemps et survit à sa transformation, nous aussi allons survivre à celle-ci. Et plus encore, on va s’épanouir et ouvrir tout grand nos bras pour accueillir le nouveau. 

Les transformations peuvent être soudaines, brutales, mais rarement fatales. Au contraire, ce passage nous permet d’abandonner notre «vieille peau» (une version de nous-mêmes désuète) pour être soi. 

En ce lundi, je vous invite à ne pas redouter les grandes transformations… Accueillez-les et voyez votre vie éclore comme la feuillaison à l’arrivée de la douce saison. 

Soyez un peu fous et transformez-vous! 

Bonne semaine tout le monde! 

Jocelyne Gagné (Mésange) 


Et si courir n’était pas la solution?

En faire toujours plus pour se rapprocher du bonheur, est-ce là le seul moyen pour y parvenir?

 
Lundi matin, le réveil vous indique qu’il est l’heure de vous lever, mais le cerveau, lui, proteste. Vous sortez du lit misérablement. De toute évidence, les lundis ne devraient jamais exister. Le pas alourdi par le poids de la contrainte, vous vous dirigez petit à petit vers la salle de bain où machinalement vous plongez tête première sous l’eau chaude. Les yeux fermés, le corps enveloppé de vos bras, vous profitez de la délicieuse chaleur qui vous caresse. Vous savourez ce moment comme si le temps n’avait plus d’importance. La tête dans l’embrasure de la porte, votre chéri vous incite à changer de vitesse, car vous allez définitivement manquer de temps. Zut!
 
Nue comme un ver emperlé de fines gouttelettes, le corps granulé de chair de poule, vous foncez vers la penderie. Quel vêtement porter? Au diable, vous prenez n’importe lequel et dans votre hâte, vous ne remarquez même pas que vous avez enfilé un soulier brun et un soulier bleu. Oups! À la cuisine, c’est la panique : un coin de pain grillé entre les dents, un café qui refroidit à l’extrémité du comptoir et vous voilà en train de préparer en vitesse les sacs-repas de tout le monde. Sauf le vôtre. Je dînerai au resto si j’ai l’temps! Le café dans une main, vous poussez allègrement les enfants vers la sortie attrapant au passage votre serviette, et sur le pas de la porte on vous regarde la bouche grande ouverte et la queue remontée… Argh! Pas l’temps! «Chéri? Occupe-toi du chien, OK?»
 
Vous sautez dans votre véhicule et démarrez à toute allure; vous êtes déjà en retard! Arrivée au bureau, un employé vous bouscule et par inadvertance éclabousse votre beau chemisier qui vient de passer du blanc au beige moucheté. Soupir. La réunion est devancée et vous n’êtes pas prête; ce n’est pas nouveau. Vous vous dites que vous allez improviser, mais cette fois-ci, ce sera plus difficile, car tous les chefs de service seront présents. Double soupir.

Les seins de...

L'ampleur de l’amour de tante Georgette pour les enfants n’avait d’égal que l’étendue de sa poitrine.


J’ai gardé de ma jeunesse des souvenirs qui vous apparaîtraient après tout fort banals. Néanmoins, mes six ans furent marqués à jamais par les seins de tante Georgette. Non pas que je les ai vus en détail ou que j’étais attirée par ceux-ci, mais ils étaient… Comment dirais-je? Ah oui, débordants pour ne pas dire expansifs! À eux seuls, ils faisaient tendre à l’extrême le délicat tissu, prêts à faire péter les premiers boutons de son chemisier. 
 
Comme un cheval qui ne supporte pas le mors, ses seins toléraient mal cet affreux corset qui donnait à son ventre une dureté, une rigidité surprenante. On aurait dit une forteresse attendant une attaque, parée à recevoir les boulets de canon — quoiqu’il y eut surplombant cette muraille de quoi faire flancher cet imposant rempart.

On compte sur vous

Vous me connaissez; je n’arrête pas de dire que la vie est trop courte et que ma liste de rêves à réaliser est beaucoup trop longue. À l’approche de la cinquantaine, je peux déclarer que je suis assez fière de ce qui a été accompli jusqu’ici; je suis devenue plus sage et plus souple, animée d’une belle énergie. Vous en conviendrez, ce n’est vraiment pas le moment de mettre les freins! Et si la vie commence à cinquante ans, alors je dois me préparer pour l’arrivée de mes vingt ans. (Ben quoi? Des rêves, ça se planifie!) Donc, pour mes soixante-dix ans, j’ai bien l’intention d’être pilote d’un beau coucou. J’avais prévu le coup pour mes quatre-vingts ans, mais mon fils m’a fait prendre conscience que personne ne monterait à bord d’un avion piloté par une vieille dame qui s’amuse à faire des vrilles dans le ciel. (Allons donc! On a peur des sensations fortes maintenant?) Et puis je me suis dit : « C’est vrai, j’aurais bien aimé faire de la voile, mais je ne sais pas nager. Donc, à quoi ça me servirait de savoir piloter si je ne sais pas battre des ailes? En cas de pépin, ça pourrait être utile, non? »

C’est clair, je dois avoir confiance en mon mécanicien.

Si la nature pouvait parler

Le bois aux murmures



Comme tous les matins, avant même que le soleil n’enflamme l’horizon, la jeune fille était debout, prête à embrasser ce nouveau jour. Vite douchée et habillée, coiffée d’un rien, elle mordait dans une tartine de beurre comme dans la vie. Glissant son appareil photo autour du cou et son trépied sous le bras, elle poussa la porte de sa ravissante maison, surprenant l’aube de sa présence, faisant sursauter le chat qui rentrait nonchalamment de son escapade nocturne. Les grosses billes jaunes, encore éberluées, fixaient la silhouette de sa maîtresse qui déjà s’évanouissait dans le jour naissant.

Les cheveux balayant son dos, la tête haute, la jolie demoiselle marchait de ce pas gracile qui donnait à sa démarche tant de légèreté. Elle ne marchait pas, que dis-je, elle flottait vers ce lieu magique qui l’attendait. Et pendant que sa fantaisie la poussait vers les bois, la ville, elle, s’éveillait à regret. Pour les pauvres dormeurs encore ensommeillés, le chant des oiseaux était une fausse note en cette heure si matinale. Puis le bruit du quotidien couvrit celui de la nature, laissant au passage une furtive odeur de café et de pain grillé.

À la base du monde, les premiers rayons du soleil fusèrent dévoilant les couleurs, libérant ainsi les ombres silencieuses.

Tous les matins étaient semblables aux autres matins, sauf celui-ci…

Rien n’arrive pour rien

Durant le week-end, je regardais mon petit-fils s’amuser avec son jeu «Plants vs Zombies» sur mon téléphone intelligent, et je me demandais ce que ce jeu avait de si extraordinaire pour le captiver ainsi.  On ramasse des soleils en vue d’acquérir des plantes qui, à leur tour, produiront d’autres soleils lui permettant ainsi d’obtenir des éléments qui ralentiront ou détruiront les zombies friands de ces jolies plantes. Le but ultime de ces affreux personnages est de manger le cerveau du joueur (dissimulé dans la maison derrière le jardin). D’un côté, il y a la végétation s’épanouissant joyeusement, de l’autre l’envahisseur, boitant, traînant les pieds, mais drôlement affamé et dangereux…
 
Arghhhh!!! Braiiins!!!
 
Et quand mon petit bonhomme réussit à freiner les zombies,  il obtient une récompense et passe au niveau suivant; niveau toujours de plus en plus difficile à exécuter, évidemment! Et il aime ça. La difficulté ne lui fait pas peur parce que tout se déroule étape par étape, usant de stratégie, anticipant le mouvement de l’ennemi. Et le plus beau dans tout ça? S’il rate son coup, il se reprend. Il se dit qu’il manquait sans doute d’entraînement, de ruse ou de vitesse.
 
Il n’en fait pas une crise de boutons, car il sait qu’un jour où l’autre, il va réussir.
 
Pas bêtes ces p’tits jeux! Pas fou le p’tit pit!

Être le premier

Ce matin, je vous invite à faire différemment : être le premier ou la première dans tout ce que vous ferez. Ne croyez pas que je suis devenue tout à coup orgueilleuse et compétitive; ce n’est pas du tout le cas. Je vous demande simplement de faire ressortir votre leadership.
 
Nul besoin d’être chef d’entreprise ou d’avoir une équipe sous sa direction pour être leader; tous nous pouvons inspirer et influer fortement les gens qui nous entourent. Comment est-ce possible? En étant le premier dans tout.
 

Les dessous de la communication

Dernièrement, j’écoutais une petite conversation à une table voisine dans un restaurant. Non, n’ayez crainte, ce n’est pas de vous dont il est question, mais d’une majorité de couples qui vivent des hauts et des bas. Le sujet de leur échange ou plutôt de leur débat tournait autour d’un même axe : les toujours et les jamais. «Tu fais toujours tout de travers! Tu ne comprends jamais rien! Je ramasse toujours tout derrière toi! Je ne suis jamais consultée dans les décisions! Tu dépenses toujours trop! Tu ne penses jamais à mon anniversaire!» et ainsi de suite jusqu’à l’infini. Et l’élément sur lequel les deux antagonistes butaient était le délicat soutien-gorge à sécher sur la poignée du placard situé dans le salon du sous-sol.
 
[Madame]: Ben quoi? Il est dans le sous-sol! Qu’est-ce qui te dérange autant?
 
[Monsieur]: Justement, si du monde venait à se pointer, t’as idée de ce qu’ils vont penser?
 
[Madame] : Où veux-tu que je le mette? Tu refuses toujours d’installer une corde pour le séchage!
 
[Monsieur]: Évidemment! De quoi ça aurait l’air une corde qui nous pendouille au-dessus du nez pendant qu’on regarde la télé?
 
[Madame]: Justement, si tu avais rapetissé la taille du salon, j’aurais eu une pièce à moi pour suspendre ce genre de truc!
 
[Monsieur]: Mais c’est toi qui voulais un écran géant à ce que je sache! Faudrait que tu te fasses une idée! Argh, peu importe ce que je fais, ce n’est jamais à ton goût!

Inutile de laisser votre message après le bip

Durant plus de vingt ans, j'ai occupé un poste d’adjointe administrative et jamais il ne me serait venu à l’esprit de ne pas rendre un appel ou de laisser une lettre ou un courriel sans réponse. Si une personne avait fait l’effort d’entrer en contact avec moi, c’était la moindre des choses que de lui répondre. En revanche, il arrivait que mes messages disparaissent dans le néant. Le p’tit bout de papier rose avait dû, par inadvertance, s’égarer parmi les dossiers empilés ou entre les boules de papier froissé et les restes d’un dîner. Ça peut arriver. Cependant, durant les cinq dernières années en poste, je remarquai une aggravation de ce manque de rigueur qui ne s’expliquait pas. Désormais, je devais me déplacer d’un poste de travail à un autre si je voulais obtenir les réponses voulues. De toute évidence, la nouvelle technologie nous permettait de gagner du temps (boîte vocale, messagerie, textos, etc.), mais bizarrement, on ne joignait plus personne.
 
Aujourd’hui encore, je remarque que ce respect se perd; les messages et les invitations attendent toujours une réponse qui ne vient pas. Vous vous dites (et vous y croyez) que cette façon de faire est acceptée, car tout le monde vit le même problème. Vous êtes tellement sollicité par la publicité que, psychologiquement, vous décrochez; tout va à la poubelle! De l’annonce qui vous promet de doubler la taille de votre lunette télescopique à la belle invitation d’une amie à une fête; tout y passe, car vous ne prenez plus la peine de faire le tri. Ben quoi, vous avez une vie!
 
Dommage…

Besoin de...

Retrouver ce que nous avions égaré c’est possible, mais parfois nous n’avons d’autres choix que de faire le deuil de ce que nous avons perdu.

 
Un jour ou l’autre, on a toutes besoin de faire un pied de nez à la routine, de s’exiler loin des enfants, du mari, du travail et des responsabilités. Besoin de se retrouver avec soi-même pour savoir ce que l’on veut, pour revalider ses choix et la direction de sa vie, pour faire le point afin de retrouver l’équilibre perdu. Nul besoin de claquer la porte, d’envoyer valser la belle porcelaine contre le mur ou de bombarder son conjoint de ses ras-le-bol, un simple énoncé suffirait. Pourtant, notre cri de détresse est tellement chargé d’émotion qu’il finit par brouiller le message que l’on voulait émettre. Alors personne ne nous comprend et on passe facilement pour une excentrique ayant besoin de mettre le feu à sa perruque pour attirer l’attention.
 
Pendant un certain temps, on a accumulé certaines frustrations issues de situations que l’on n’a pas su dénouer convenablement, de conversations qui nous ont blessée par leur acidité contribuant à nous brûler de l’intérieur, de déceptions que l’on a tenté d’adoucir, mais ayant laissé tout de même de profonds sillons dans l’âme. On a préféré étouffer le besoin de s’exprimer pour ne pas blesser ou chagriner ceux qu'on aime, pour ne pas éveiller le mécontentement chez les autres, car l’harmonie de la maison comptait plus que notre propre désir d’être écoutée, rassurée et comprise. Cependant, il vient un jour où trop, c’est trop! Une heure avant, tout allait bien et puis tout à coup, plus rien ne va. Que s’est-il donc passé?
 
On est en situation de déséquilibre. Un des côtés du balancier pèse trop lourd et on souhaite l’alléger le plus vite possible. C’est inconfortable, intolérable, presque impossible à vivre ! On veut un changement radical, immédiat, apparent. La première solution qui nous viendrait à l’esprit serait de partir en voyage ou en exil, autre part uniquement pour se soustraire de ce qui nous appesantit. Dans le fond, on a besoin d’une pause sans justification. Cette crise passagère serait mieux vécue si on n’était pas forcée d’expliquer le pourquoi on en est arrivée là. La remise en question, on préférerait la vivre seule et non pas avec le conjoint, les enfants, la famille, car tout ce dont on a besoin, c’est un moment de décompression.
 
À propos, quelle est la cause de tout ce remue-ménage interne? L’oubli de soi par amour, par générosité, mais aussi par culpabilité. « Si les femmes avant nous l’ont fait, on doit forcément le faire! » On a tout misé sur les nôtres c’est-à-dire bien-être, confort, sécurité, épanouissement, développement, réussite. Et nous? Nous ne faisions pas partie de l’équation. Maintenant, on réalise que les années ont passé et que la beauté de notre jeunesse n’est plus. Qu’en est-il de nos rêves? Se sont-ils fanés comme ce visage que l’on ne reconnaît plus dans le miroir? Et puis, si on était passée à côté de l’essentiel, de ce que l’on voulait de la vie un peu comme ces chercheurs d’or qui abandonnaient croyant avoir perdu définitivement le filon quand en fait, il se situait à moins d’un mètre d’où ils prospectaient. Et si…
 
On en est arrivée là; on ne peut ignorer cet état de fait. En revanche, rien ne nous oblige à faire voler en éclat notre beau château de cartes; quelques réajustements bien ciblés peuvent contribuer à nous remettre sur la bonne voie, mais avant d’entreprendre quoi que ce soit, on doit faire une pause. Avec du recul, on pourra considérer le problème avec lucidité.
 

Même si c’est difficile, faites-le!

Combien de fois faut-il essayer avant de renoncer?
 
Abandonner n’est pas une option; désolée de vous décevoir. On se relève, on tombe et on se relève aussi souvent qu’il le faudra pour atteindre notre but, pour décrocher notre rêve. Il n’y a pas de chiffres magiques…
 
Rappelez-vous votre jeunesse quand vous souhaitiez sortir avec vos ami(e)s, mais qu’avant toute chose vous deviez obtenir l’accord de vos parents? Vous demandiez, négociez, argumentiez jusqu’à ce que ces derniers, n’en pouvant plus d’entendre votre plaidoirie, vous donnaient le OK tant attendu. Les efforts investis étaient vite oubliés, car vous ne pensiez qu’à une seule chose : le résultat.
 
Donc, si je résume : on se relève tant qu’on n’a pas obtenu ce que l’on voulait.
 
Oui, mais pourquoi?
 

Donner l'impression c'est aussi la perdre

Impressionner, ça ne dure que cinq secondes ou dans le meilleur des cas, jusqu’au moment où celui que l’on souhaite impressionner décide à son tour de nous impressionner. Et de fil en aiguille, ce qui semblait une conversation légèrement teintée de vantardise devient vite une compétition où chaque participant souhaite à tout prix gagner le dernier mot, c’est-à-dire l’éblouissement total de son opposant : « Enfin, je le vois dans ses yeux : il m’envie! » Mmm…
 
Cinq secondes et c’est tout!  Profitez de ce moment, car il sera aussi bref qu’un vent échappé par mégarde en pleine homélie! Après quoi, vous constaterez tristement que vous venez de perdre cette impression de grandeur si durement gagnée!
 

Où étaient-ils pendant qu’on essayait de les élever?

Je parle, tu parles, nous parlons et personne n’écoute! À quoi bon parler?

 
C’est fou le temps qu’on passe à répéter les mêmes choses! On en vient presque à croire que l’équipement de base n’a pas été installé, car même s’ils présentent les caractéristiques d’un modèle complet (bras, jambes, tête, cerveau, etc.) rien ne fait réagir nos chers adolescents. Certes, ils ont l’ouïe saturée de leur musique préférée, la vision fixe par le scintillement des pixels, les neurones trop absorbés à décortiquer le dernier texto reçu, néanmoins on aimerait croire que le message finit par passer, que l’information ne s’est pas égarée en chemin et que nos bons conseils trouveront une terre fertile où ils pourront germer, grandir et porter des fruits. L’espoir fait vivre!
 
Et pendant qu’on s’échine à vouloir leur inculquer certaines valeurs et à leur présenter une part de notre belle sagesse, eux se tournent vers l’Internet, les amis et les influences parfois douteuses à la recherche de leur identité, de leur place dans la société. En fin de compte, on a l’impression que nos adolescents grandissent sans pour autant parvenir à maturité.
 
L’astuce, s’il y en a une, est de persévérer en conservant le même discours avec quelques nuances près. Même si nos jeunes présentent de multiples contradictions, il n’en demeure pas moins qu’ils souhaitent être aimés et appuyés. Leurs comportements peuvent nous irriter, nous heurter fortement même, néanmoins on se doit de continuer à émettre le même signal véhiculant nos valeurs, nos connaissances, nos encouragements, notre désir de les voir autonomes et avisés, car en définitive c’est la répétition qui permet d’enfoncer le clou!
 
Alors que le temps file à toute vitesse et que l’on s’interroge sur l’utilité de tous ces efforts déployés au fil des ans, les fruits commencent à mûrir nous surprenant par leurs propos et le bon sens de leurs réflexions. Au fond, ils écoutaient vraiment pendant qu’on parlait!
 
Jocelyne Gagné (Mésange)
 
 

Que veux-tu pour Noël?


«Ben oui, dis-moi donc ce que tu voudrais avoir pour Noël? Je veux tant te faire plaisir, ne pas me tromper, ne pas acheter quelque chose que tu possèdes déjà ou que tu n’aimerais pas. Allez, fais-moi une liste!»
 
Je crois qu’on a oublié quelque chose…
 
L’essentiel, peut-être?
 
Le verbe avoir – ah le vilain! il nous a bien eus! Dès qu’il est apparu dans notre langage, on s’est mis à vouloir plus, à exiger de la vie toujours plus. Au lieu de se satisfaire de ce que nous avions obtenu, nous nous sommes mis à rêver à plus, à mieux, et ce, de plus en plus souvent. Tellement, qu’on n’arrive plus à assouvir ce désir; il nous ronge de l’intérieur telle une bête affamée se repaît de sa proie ne laissant derrière elle que des os fort bien nettoyés. Inutile de se leurrer: derrière l’avoir, il y a l’être.
 
On pourrait penser que si on a plus, on est plus. Voyons voir…

La course aux cadeaux

Vous ne serez pas surpris si je vous disais que je suis allée faire un tour dans les boutiques en fin de semaine, histoire de dénicher quelques présents pour Noël. Ce que je cherchais était absent des rayonnages. Évidemment! Pourtant ce n’est pas faute d’avoir cherché!
 
Et puis, je suis rentrée à la maison, le moral aussi intact qu’au départ.
 
Le magasinage des Fêtes n’a jamais réussi à me faire perdre ma bonne humeur et mes bonnes manières. D’ailleurs, comment le pourrait-il? C’est agréable de déambuler dans les allées à la recherche du cadeau qui illuminera le visage de celui ou celle qui le recevra. Il est si facile de s’émerveiller devant les vitrines joyeusement décorées. En outre, cette préparation d’avant les Fêtes devrait se dérouler dans la joie. C’est le gros bon sens!

Comme si vous y étiez

Pour rêver, un minimum d’imagination est requis, mais pour réaliser ses rêves, il faut beaucoup de soi et une bonne… vision!

 
J’adore la photographie, surtout en pleine nature. On peut rester à distance d’un volatile, d’un rongeur ou d’un enfant sans le déranger et ainsi, croquer sur le vif son comportement, son expression et même ses états d’âme. Le téléobjectif me permet de me rapprocher de la scène ou de l’objet de ma curiosité comme si j’étais à quelques centimètres de ce qui m’attire. Ce qui me séparait de l’élément se trouve alors hors de mon champ de vision. Ainsi je peux, à loisir, contempler mon sujet et remarquer les moindres détails jusqu’à m’en imprégner, jusqu’à ce qu’ils me deviennent familiers.
 
Qu’en est-il de mes objectifs de vie? Est-ce que je les regarde dans leur ensemble, entourés d’obligations, cachés par les tâches quotidiennes, à demi obstrués par les problèmes du moment ou est-ce que je prends le temps de changer de lentilles ou de vision pour mieux m’en rapprocher? Et qu’en est-il des vôtres?

Qui fait vivre qui?

Lors d’une mise à pied, ils sont peu nombreux au banc des accusés : il y a la direction et la main d’œuvre. Chacun y va de son interprétation des faits. Le coupable? C’est forcément l’autre!


En période de récession, les congédiements sont nombreux et les raisons multiples. Mais plus souvent qu’autrement, c’est une question de chiffres. Si les dépenses sont plus élevées que les revenus, on doit alors couper dans ce qui ne rapporte pas. Cela va de soi.
 
Et les salaires font partie des plus grosses dépenses de l’entreprise.

Une énergie inépuisable

On pourrait commencer la semaine avec une dose d’inspiration ou à grand renfort d’optimisme qui saurait nous soutenir du matin jusqu'au soir ou simplement la débuter par quelques mots forgés sur l’enclume des premiers rayons de soleil. Ce matin, j'opte pour le silence de l’aube pour vous écrire en toute simplicité…
 
Et oui, j’ai besoin d’un bon café et de vous à mes côtés.
 
Sans entrer dans les détails, je peux vous dire que j’ai travaillé en fin de semaine. Loin d’être une corvée, ces activités me permettaient de me rapprocher de mes rêves. Certes, depuis deux mois, les week-ends ne ressemblent en rien à une pause dans le temps où je peux me reposer. Bien au contraire : je dois déployer une énergie plus considérable encore. Je me dis que tout ceci en vaut la peine, et puis, sans prix à payer, mes rêves perdraient de la valeur!
 

Alors dites-moi, qui êtes-vous?

Ah! les cinq à sept… Qui oserait les bouder? La question ne se pose même pas; il est évident qu’on souhaite être de la partie. D’ailleurs, ils sont si tendance qu’on a effectivement tendance à parler un peu trop de soi ou plutôt de ce que l’on fait.

 
Eh oui, après avoir échangé nos noms et origines tout en sirotant notre verre de rosé, on passera en revue les épisodes de pluie ou d’ensoleillement des derniers jours, la hausse du prix de l’essence et tout ce qui pourrait éveiller notre mécontentement. Puis on nous demandera si l’on est venu seul ou accompagné et ne sachant plus quoi dire, on soulèvera la question tant redoutée. Pourquoi redoutée? Parce que celle-ci va nous définir pour de bon.
 
« Au fait, vous ne m’avez pas dit ce que vous faisiez dans la vie? »
 
La riposte ne se fera pas attendre, car la réponse est simple : « Pour tout vous dire, je fais mon possible. »

Une terre universelle

Il m’est impossible de dire que je n’aime pas la politique. Il faudrait d’abord que je m’y intéresse un tant soit peu, que je l’explore, la découvre et la comprenne pour qu’ensuite je puisse dire, si oui ou non j’aime la politique.
 
Alors comme je m’y connais peu en la matière, c’est à titre de femme de plume, amoureuse des mots, que je m’adresse à vous…
 
Chacun de nous avons une île quelque part dans le cœur. Cet endroit uniquement accessible par nous et où l’on peut se retirer, s’isoler, se retrouver en toute quiétude. C’est un lieu si parfait qu’on n’en parle à personne de peur qu’on ne lui trouve quelques défauts, quelques nuages dans notre beau ciel bleu. Ah! mais on a une image bien nette de ce petit paradis! Son climat n’est ni trop chaud ni trop froid, légèrement influencé par la brise marine. Il y a une petite colline, une plage de sable fin, une rivière qui serpente pour se jeter dans la mer et évidemment un hamac pour se reposer du monde extérieur. Pour parer à toutes les éventualités, on a amarré une barque tout équipée pour aller pêcher. Nul besoin de s’en servir, car notre appétit s’est vite rassasié par tant de beauté.
 
Il va de soi, ses habitants sont très accommodants. Puisqu'on y va en solo, la seule personne que l’on doit tolérer, c’est nous-même. Et pour que tout fonctionne comme sur des roulettes, on a instauré un règlement — quand même, on est civilisé! Et puis pourquoi se compliquer la vie? Une seule règle suffit : on n’emmène personne sur notre l’île!