Sur le banc d’une église,
Un homme repose.
Il espère la miséricorde.
Le poids de la fatigue
Pèse sur son âge,
Les remords sur son âme.
Le silence écoute.
Les flammes s’immobilisent.
Et le doux murmure de la prière
Se fait entendre.
Voilà que le premier grain du chapelet glisse entre ses doigts…
L’homme prie pour lui,
Pour la santé qui le fuit,
Lasse de ce corps.
Il souhaite l’indulgence
Pour ses faiblesses,
Pour ses forces mal déployées.
Il regarde ses mains
Usées et desséchées,
Par tant d’heures travaillées,
Par manque de solidarité.
Et les grains du chapelet roulent entre ses doigts…
L’homme demande pardon
Pour ses hiers mal vécus,
Pour tout ce temps perdu.
Il implore un sursis,
Une seconde chance
Que seul le ciel pourra lui accorder.
Derrière l’écho de pas perdus
Et le bruit des portes qui se referment,
Il tend l’oreille.
Il n’y a que le silence.
Et les grains du chapelet reposent entre ses doigts…
Dans son cœur
Il sent une présence,
Une étrange douceur.
Il le sait :
Il n’aura ni sursis
Ni seconde chance.
Ses hiers resteront ainsi,
Ses demains incertains,
Sans garantie de jours meilleurs.
Et pourtant quelque chose a changé.
Dans le silence de son cœur,
L'homme a trouvé le pardon
Et enfin, la paix de l’esprit.
- Jocelyne Gagné
L'écriture - À travers les mots faire revivre ses expériences personnelles, découvrir des leçons de vie, relater ses voyages, faire germer de nouvelles idées, poursuivre ses réflexions et pourquoi pas, réinventer le rêve...
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Mes souvenirs...
Mes souvenirs, c’est tout ce qu’il me reste…
Ils me font oublier ces mains qui ne savent plus travailler,
Ces caresses que je ne peux plus prodiguer.
Ces caresses que je ne peux plus prodiguer.
Ils me pardonnent mon immobilité, mon ennui,
Ma désespérance aussi.
Ma désespérance aussi.
Ils apaisent mes chagrins charriés par les ans
Et mes tourments du moment.
Et mes tourments du moment.
Mes souvenirs, c’est tout ce qu’il me reste
Ainsi, je peux vivre ma vie une seconde fois…
Ainsi, je peux vivre ma vie une seconde fois…
Ils sont ces yeux qui ne voient plus,
Ces mains devenues inertes,
Ce corps rendu trop faible.
Ces mains devenues inertes,
Ce corps rendu trop faible.
Ils sont ces battements de coeur
Qui s’animent et s’emballent
Au contact des petits bonheurs.
Qui s’animent et s’emballent
Au contact des petits bonheurs.
Mes souvenirs ne rêvent plus.
Ils voyagent d’hier à aujourd’hui,
D’aujourd’hui à hier
Car demain n’est plus.
Ils voyagent d’hier à aujourd’hui,
D’aujourd’hui à hier
Car demain n’est plus.
Entre quatre murs
Les rêves manquent d’espace.
Les rêves manquent d’espace.
Dans la solitude
L’avenir n’a pas d’avenir.
L’avenir n’a pas d’avenir.
Au fond, ma vie est une grande vie
Contenue dans quelques souvenirs, souvent les mêmes.
Contenue dans quelques souvenirs, souvent les mêmes.
Mes souvenirs c’est tout ce qu’il me reste
Et Dieu seul sait combien je suis comblée…
Et Dieu seul sait combien je suis comblée…
[Jocelyne Gagné alias Mésange – 9 mai 2012]
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| [Photographie tirée de Dreamstime] |
La solitude qui fait grandir...
"Trouver sa voie sans compagnon, carte ou guide.
Avancer en toute confiance.
Regarder l’horizon comme une promesse.
Percevoir l’infini du ciel même les yeux fermés.
Retrousser ses manches et foncer.
Développer le courage de faire face aux intempéries.
Apprécier sa liberté de penser, d’agir et d’influer sur l’avenir.
Avoir une vision assez forte pour faire fi de l’approbation des autres.
Être seul et se sentir comblé.
Être seul sans être esseulé." [J. Gagné]
Solitaires le jour...
Cinq solitaires reposent sur la rive, dépouillés de leur parure, abandonnés des oiseaux. Autour d’eux l’eau s’agite, le monde s’anime, mais pas eux. Debout et immobiles, telles des sentinelles devant une forteresse désormais déserte, ils attendent…
Leur ombre fouille la neige à la recherche d'herbe fraîche, à la poursuite d’un peu de rosée. Il fait froid… Ils ont froid et se sentent abandonnés.
La blancheur de l’hiver n’arrive pas à éclairer leur sombre carcasse pas plus que le soleil ne peut réanimer la sève endormie. Le vent souffle et la chaleur ne vient pas. Ils attendent…
De leurs doigts figés ils ne peuvent atteindre le ciel, de leurs pieds gelés ils ne peuvent explorer le sol. Ils attendent…
Ils attendent la nuit avec ses étoiles et sa lune claire. Quand l’obscurité les enveloppera et que le ciel s’éclairera, la lumière leur donnera l’apparence de titans et durant ces quelques heures, ils ne seront plus les cinq solitaires mais les gardiens de l’île…
Mésange
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