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Si la nature pouvait parler

Le bois aux murmures



Comme tous les matins, avant même que le soleil n’enflamme l’horizon, la jeune fille était debout, prête à embrasser ce nouveau jour. Vite douchée et habillée, coiffée d’un rien, elle mordait dans une tartine de beurre comme dans la vie. Glissant son appareil photo autour du cou et son trépied sous le bras, elle poussa la porte de sa ravissante maison, surprenant l’aube de sa présence, faisant sursauter le chat qui rentrait nonchalamment de son escapade nocturne. Les grosses billes jaunes, encore éberluées, fixaient la silhouette de sa maîtresse qui déjà s’évanouissait dans le jour naissant.

Les cheveux balayant son dos, la tête haute, la jolie demoiselle marchait de ce pas gracile qui donnait à sa démarche tant de légèreté. Elle ne marchait pas, que dis-je, elle flottait vers ce lieu magique qui l’attendait. Et pendant que sa fantaisie la poussait vers les bois, la ville, elle, s’éveillait à regret. Pour les pauvres dormeurs encore ensommeillés, le chant des oiseaux était une fausse note en cette heure si matinale. Puis le bruit du quotidien couvrit celui de la nature, laissant au passage une furtive odeur de café et de pain grillé.

À la base du monde, les premiers rayons du soleil fusèrent dévoilant les couleurs, libérant ainsi les ombres silencieuses.

Tous les matins étaient semblables aux autres matins, sauf celui-ci…

Alors dites-moi, qui êtes-vous?

Ah! les cinq à sept… Qui oserait les bouder? La question ne se pose même pas; il est évident qu’on souhaite être de la partie. D’ailleurs, ils sont si tendance qu’on a effectivement tendance à parler un peu trop de soi ou plutôt de ce que l’on fait.

 
Eh oui, après avoir échangé nos noms et origines tout en sirotant notre verre de rosé, on passera en revue les épisodes de pluie ou d’ensoleillement des derniers jours, la hausse du prix de l’essence et tout ce qui pourrait éveiller notre mécontentement. Puis on nous demandera si l’on est venu seul ou accompagné et ne sachant plus quoi dire, on soulèvera la question tant redoutée. Pourquoi redoutée? Parce que celle-ci va nous définir pour de bon.
 
« Au fait, vous ne m’avez pas dit ce que vous faisiez dans la vie? »
 
La riposte ne se fera pas attendre, car la réponse est simple : « Pour tout vous dire, je fais mon possible. »

Une force de la nature

Plume d’oie a quatre ans!
Et je célèbre ce moment avec vous, mais avant, permettez-moi de vous glisser quelques mots…

Souvent on me demande pourquoi je continue à nourrir mon blogue et à m’acharner à rester fidèle à mon café du matin. Sans arrêt, on me rappelle que je me mets beaucoup de pression pour rien et que même si je sautais une publication de temps à autre, personne ne s’en apercevrait. Et la majorité du temps, ce petit discours qui se veut gentil se termine par : « Et puis c’est un loisir, non? Prends ça relaxe ma Jojo! »

Invariablement je réponds ceci: « Je pourrais dire que j’écris d’abord pour moi, mais c’est faux : j’écris pour une seule personne; celui ou celle qui en a vraiment besoin. Et cela me suffit à prendre la plume et le papier. »

Citation de Edward Everett

« Certes, je ne suis qu'un. Mais je suis un. Je ne peux pas tout faire. Mais je peux faire quelque chose. Et le fait de ne pas pouvoir tout faire ne m'autorise pas à refuser de faire ce que je peux faire. » [Edward Everett]

3e lundi de novembre 2012

[Photog. réalisée par Robert Lemire]
Café du matin
Be different!
 
Hier matin, je me plaisais à regarder un jeune garçon qui s'amusait dans la rue. Comme c’est l’automne, plusieurs voisins en profitaient pour vider leur piscine. L’eau, ainsi rejetée, venait s’accumuler le long de ma rue noircissant à vue d’œil le large ruban d’asphalte. Et le petit voisin, chaussures aux pieds, suivait ce mince fleuve, curieux de voir où s’écoulait ce torrent boueux. À peine ai-je eu le temps de déposer ma tasse de café que le jeune fripon s’élançait dans les airs pour atterrir tel un boulet de canon dans la gigantesque mare d’eau. L’eau gicla de toutes parts arrosant sur son passage et les témoins abasourdis et le fond de sa culotte. Comme il était beau à voir ainsi trempé jusqu’au menton! Et le plus drôle, c’est qu’il avait un large sourire qui lui coupait le visage en deux. Il était vraiment heureux de son exploit! Loin de s’arrêter là, il chercha une plus grosse nappe d’eau pour un effet encore plus retentissant. À mon humble avis, il était impossible qu'il puisse empirer son état, quoique sa casquette semblait encore au sec! Trop absorbée par ce spectacle, j’en oubliai mon café et la jolie mousse qui le coiffait…
 
Le petit jeu dura vingt bonnes minutes. Et pas une fois, son sourire ne s’est envolé. Il avait du plaisir tout simplement. Il ne pensait pas au rhume qui le guettait, ni aux réprimandes qui allaient survenir tôt ou tard et encore moins à ses chaussures qui prendraient probablement plus de deux jours à sécher… Il s’amusait, voilà tout. Il vivait l’instant présent. Alors, m’inspirant de ce petit bout d’homme, je me suis installée devant mon chevalet cherchant à goûter à ce même bonheur innocent. Et au bout d’un moment, j’ai ignoré mes pinceaux pour utiliser mes doigts pour estomper, adoucir, fondre les couleurs. Certes, j’avais l'extrémité des mains très colorée mais quelle belle sensation! Je sentais que je venais d’enfreindre une loi "universelle", celle de ne jamais se salir! Double bonheur, je savais que je ne me ferais nullement disputer car j’ai passé l’âge des remontrances… Triple bonheur, des doigts, ça se lave!
 
Les plaisirs simples ne coûtent rien et l’innocence ne fait de mal à personne…
 
Ce matin, faites quelque chose d’inusité pour briser l’ordinaire de votre quotidien. Pour vous inspirer, j’ai commencé ma journée avec un dessert aux pommes. Ce n’est pas le déjeuner recommandé par le Guide alimentaire canadien, mais c’était tout à fait divin au goût et bon pour le moral. Et d’ailleurs, qui va me chapitrer pour cet écart de conduite? Personne! Et une exception ne fait pas la règle, n’est-ce pas?
 
N’oubliez pas, la vie est trop courte pour la laisser vide de sens et dépourvue d’expériences. Sortez de l’ordinaire et surprenez-vous!
 
C'est enfin le moment de savourer mon cappuccino et cette fois-ci saupoudré de chocolat, rien de moins!
 
Bonne et belle semaine tout le monde!
 
Mésange

Dans les yeux des autres...

Elles sont nombreuses les tentatives pour plaire aux autres! On est prêt à bien des pirouettes et même, à déployer le grand jeu pour se conformer et entrer dans le moule des gentils et des accommodants. Il est hors de question de mal paraître! On met le masque de la bienséance et on joue le jeu. En dépit de toutes ces clowneries pour faire plaisir, pour être accepté et enfin pour être aimé, que reste-t-il de notre identité, de nos valeurs, de nos besoins, de notre perception du monde? Moins que rien! À devenir ce que les autres attendent de nous, on devient un reflet de leurs pensées, une conséquence de leur influence, le résultat de leurs convictions. On devient ce qu’ils croient que nous sommes. En acceptant ce rôle, nous supportons toutes les contraintes qui s’y rattachent. Voulons-nous vraiment de ce fardeau?

Un petit rien qui fait toute la différence...


N'attendez pas une panne électrique pour créer de l'ambiance; avec peu de choses, vous pouvez métamorphoser l'atmosphère d'une pièce et du même coup votre état d'esprit.  Allez-y, sortez les bougies et... illuminez votre intérieur!

[Ambiance nocturne - Photographie prise par J. Gagné]
Mésange