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Pourquoi écrire?

Madame Antonine Maillet répond si joliment et si parfaitement à cette question que l'addition de mots devient inutile.

Jocelyne Gagné
 C’est pour qu’il reste quelque chose qu’on écrit, oui, pour qu’il reste ce qu’on n’a pas eu le temps de dire, ce qu’on n’a pas pu dire, ce qu’on n’a pas su dire, ce qu’on ne savait pas qu’on savait dire

Juste pour vous...


Ma plume n'arrête pas.
Mes déplacements non plus. 
J'aime tellement aller à la rencontre de mes lecteurs.
Ils ont tant à me dire.
Sur mes livres.
Sur eux-mêmes.
Sur ce que mes écrits évoquent en eux.

Si un brin de jasette vous tente, si l'envie d'écrire vous agace suffisamment pour vous y intéresser, mais pas assez pour vous lancer, si lire est une évasion et qu'il vous manque une belle lecture pour vous accompagner jusque dans vos rêves, venez me voir, ce samedi; j'aime tant voir un sourire illuminer un visage!

Écrire, c'est mon métier.
Et rire? C'est ma passion!

Je vous attends,

Jocelyne xox





Une force de la nature

Plume d’oie a quatre ans!
Et je célèbre ce moment avec vous, mais avant, permettez-moi de vous glisser quelques mots…

Souvent on me demande pourquoi je continue à nourrir mon blogue et à m’acharner à rester fidèle à mon café du matin. Sans arrêt, on me rappelle que je me mets beaucoup de pression pour rien et que même si je sautais une publication de temps à autre, personne ne s’en apercevrait. Et la majorité du temps, ce petit discours qui se veut gentil se termine par : « Et puis c’est un loisir, non? Prends ça relaxe ma Jojo! »

Invariablement je réponds ceci: « Je pourrais dire que j’écris d’abord pour moi, mais c’est faux : j’écris pour une seule personne; celui ou celle qui en a vraiment besoin. Et cela me suffit à prendre la plume et le papier. »

Retour à l'essentiel

Mes chers amis,

Durant un certain temps, je serai un peu moins présente sur la blogosphère; je dois prioriser certains projets afin de les voir se concrétiser. Loin de délaisser l'écriture, je vais m'y plonger avec délectation. Vous l'avez deviné, c'est un besoin viscéral.

En attendant mes retours épisodiques, n'hésitez pas à découvrir d'anciens billets ou à relire ceux qui vous ont plu. 

On se retrouve bientôt,

Mésange


Hors du trou de souris...

Il fait noir dans un trou de souris. On a l’impression que rien ne bouge à l’intérieur, mais c’est faux; la petite souris travaille fort. Depuis des jours, elle cherche l’interrupteur… 


Bonjour mes ami(e)s!

J’ai l’impression qu’un siècle s’est écoulé depuis nos derniers échanges! Je crois que je suis restée trop longtemps dans mon trou de souris; j’en ai perdu la notion du temps. De plus, je suis sincèrement navrée de vous avoir négligés; j’ai, pour ainsi dire, totalement déconnecté de la toile du Net.
 
Pour répondre à votre belle curiosité, il me fait plaisir de vous préciser les raisons de cette longue absence : durant les dernières semaines, j’ai travaillé sur un projet d’écriture. Non, je n’ai pas touché à mon manuscrit, ni œuvré au développement d’une autre idée, quoique par moment, c’était drôlement attirant. En fait, j’ai rédigé et soumis plusieurs articles dans le but de susciter l’intérêt d’un magazine. J’ose espérer que le message véhiculé au fil des pages proposées saura toucher une corde sensible chez la personne qui les lira. L’objectif derrière cette initiative? Utiliser ma plume pour donner du courage aux femmes (et hommes) d’aujourd’hui. Loin d’être une utopie, c’est un besoin qui ne demande qu’à être comblé.
 

4e lundi d'octobre 2012

[Photographie réalisée par J. Gagné]
Café du matin
Feather story...
 
Bon matin tout le monde! Me voilà enfin de retour après quatre semaines d’absence et heureuse d’être à mon poste de travail.  J’avais presque hâte de m’y mettre, car durant tout ce temps j’avais déposé ma plume. J’avais osé espérer que celle-ci profiterait de mon absence pour poursuivre mon roman, régler ma correspondance laissée en suspend, noircir ma liste de choses à faire dès mon retour et pourquoi pas, me signer un chèque de 10 000 $ pour mes bons et loyaux services car après tout, c’est encore moi le cerveau de l’équipe!  Eh bien non. Elle est restée là où je l’avais laissée c’est-à-dire devant une pile formidable de papier blanc.
Mais ce que Mésange ignore, c’est qu’il s’est passé beaucoup de choses durant son absence! Laissez-moi vous raconter…
Pendant que Mésange s’offrait des vacances dans la belle ville de New York, la plume, de son côté, s’exposait aux rayons du soleil, se gorgeant de lumière pour ainsi réchauffer son sang bleui par l’inactivité des dernières semaines.  Elle contemplait son ombre d’abord petite et puis s’allongeant sous les rayons obliques de la lumière qui filtrait à travers le fin tissage des rideaux. Elle se surprenait à rêver d’une vie de star, déambulant sous les projecteurs, ovationnée par une foule en délire. Elle se plaisait à imaginer qu’elle était une Grande Plume, qu’elle deviendrait La plume de l’histoire. Durant un instant, elle n’était plus le simple outil mais plutôt la créatrice d’amalgames de mots formant les plus belles images du monde et les plus incroyables récits. Allongée sur le bois ambré du secrétaire, elle s’étirait davantage, prolongeant du même coup son ombre jusqu’à devenir gigantesque. Elle se sentait puissante et audacieuse. « Je serais folle d’attendre le retour de ma maîtresse, se dit-elle. Pourquoi ne pas essayer par moi-même, car au fond, tout ce qu’elle fait c’est d’agiter la plume : d’abord de gauche à droite, s’interrompant un instant pour ajouter un trait, un point ou quelques signes de ponctuation pour faire joli. En somme, un véritable jeu d’enfant! Même une plume pourrait faire cela! »
Avec détermination, la plume se redressa et grimpa sur l’incroyable pile de papier. Elle fixa la surface vierge de la première feuille; la blancheur lui fit presque mal aux yeux. « Par où commencer? se demanda-t-elle. Ah oui, de gauche à droite! Mais encore, comment débuter ma phrase, mon histoire? »  Le blanc de la page devint plus persistant, plus insolent même. La plume se désolait. Elle regarda au-dessus d’elle et remarqua les livres de sa maîtresse, une belle panoplie d’outils d’écriture. « Là voilà ma solution!  C’est sûrement là-dedans qu’elle trouve tous les mots! Au fond, c’est facile d’écrire, il suffit de copier les mots un après l’autre et d’ajouter quelques points par-ci par-là pour ajouter un peu de fantaisie! » La pointe bien enfoncée sur la première page, elle s’étira cherchant à atteindre le plus petit livre d’entre eux, allongea le cou autant que son mécanisme le lui permettait. Rien n’y fit. Soudain, la visite inopinée du chat, lui redonna un peu d’espoir. « Si je chatouille ta patte, Matou, tu feras tout le travail pour moi! Minou, minou, minou, héla la plume, viens par ici grosse boule de poils! » Tel qu'anticipé, le chat agacé par les assauts répétitifs de la plume sauta sur l’étagère et fit tomber tous les livres. La plume jubilait! Dans leur chute, les livres s’étaient ouverts offrant à son regard une multitude de mots qui n’attendaient qu’à être soigneusement copiés…  
Deux jours après son retour de voyage, Mésange trouva sur le sol de son bureau une feuille blanche que le chat, dans sa maladresse, avait dû faire tomber. En la retournant, voici ce qu’il était écrit :
Écriteau [ekRito] n.m. – escriptiau 1391; de écrit – Surface plane (morceau de papier, carton, bois, etc.) portant une inscription en grosses lettres destinée à faire connaître qqch. au public. – affiche, pancarte. Mettre un écriteau pour annoncer qu’une maison est à vendre, à louer.
Écritoire [ekRitwaR] n.f. – avant 1250; escritorie « cabinet d’étude » v. 1175; latin médiéval scriptorium « style pour écrire sur la cire » - Petit nécessaire (coffret, étui) contenant tout ce qu’il faut pour écrire.
Écriture [ekRityR] n.f. – escriture v. 1050 ; latin scriptura - […]
« Comme c’est étrange ! », s’étonna Mésange qui, à force de réflexion, n’avait aucun souvenir d’avoir copié une page du dictionnaire. Croyant encore à un caprice de sa mémoire et jugeant le contenu sans intérêt, elle jeta ladite feuille dans la corbeille et rangea les livres éparses sur son bureau. « Encore l’œuvre du chat, très certainement! »
Et pendant que se faisait gronder le chat pour ses bêtises, Dame Plume rêva d’une autre absence prolongée de sa maîtresse afin de récupérer son texte et ainsi continuer son œuvre littéraire.
Quand la maîtresse n’est pas là, la plume écrit!

Citation de Françoise Giroud

« Ce n’est pas la peine d’avoir du talent à la cinquième ligne si le lecteur ne dépasse pas la troisième. » [Françoise Giroud]

Excès de pensées

Je ne crois pas être la seule pour qui l’écriture prend beaucoup de place dans la vie. Pour la majorité, elle peut être soit un loisir,  soit une thérapie tandis que pour d'autres, elle est tout simplement un gagne-pain. Qu'elle soit essentielle ou accessoire, épisodique ou chronique, la rédaction est présente au quotidien pour l’ensemble de la population. Que ce soit sous forme de notes, de courriels, de communiqués, de lettres ou de cartes de vœux, l’acte d’écrire sollicite l’attention. Il serait mal avisé d’écrire spontanément sans avoir pris le temps de se relire, quitte à vérifier juste l’essentiel. Idéalement, on soignerait l’orthographe, la syntaxe, la ponctuation, le style et enfin l'apparence. Étant donné la rapidité à laquelle on doit répondre à chaque correspondance reçue, le mieux que l’on puisse faire, c’est de limiter les dégâts en écrivant moins. On opte pour un style télégraphique, nous épargnant ainsi bien des soucis et de temps perdu. On favorise le contenu plutôt que le contenant.