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Rien n’arrive pour rien

Durant le week-end, je regardais mon petit-fils s’amuser avec son jeu «Plants vs Zombies» sur mon téléphone intelligent, et je me demandais ce que ce jeu avait de si extraordinaire pour le captiver ainsi.  On ramasse des soleils en vue d’acquérir des plantes qui, à leur tour, produiront d’autres soleils lui permettant ainsi d’obtenir des éléments qui ralentiront ou détruiront les zombies friands de ces jolies plantes. Le but ultime de ces affreux personnages est de manger le cerveau du joueur (dissimulé dans la maison derrière le jardin). D’un côté, il y a la végétation s’épanouissant joyeusement, de l’autre l’envahisseur, boitant, traînant les pieds, mais drôlement affamé et dangereux…
 
Arghhhh!!! Braiiins!!!
 
Et quand mon petit bonhomme réussit à freiner les zombies,  il obtient une récompense et passe au niveau suivant; niveau toujours de plus en plus difficile à exécuter, évidemment! Et il aime ça. La difficulté ne lui fait pas peur parce que tout se déroule étape par étape, usant de stratégie, anticipant le mouvement de l’ennemi. Et le plus beau dans tout ça? S’il rate son coup, il se reprend. Il se dit qu’il manquait sans doute d’entraînement, de ruse ou de vitesse.
 
Il n’en fait pas une crise de boutons, car il sait qu’un jour où l’autre, il va réussir.
 
Pas bêtes ces p’tits jeux! Pas fou le p’tit pit!

Mais très chère, vous avez raison!



Tout récemment, j’ai eu une conversation animée avec ma mère concernant des insectes qui auraient fait la vie dure à un végétal. Elle insistait sur le fait que ces vilaines bestioles avaient réussi à endommager un de mes arbres, me forçant à le tailler drastiquement. De mon côté, j’avais beau creuser dans mes souvenirs, je ne voyais rien d’aussi alarmant qui m’ait poussé à abattre un arbre. Je m’entêtais à lui expliquer que – bien que sa mémoire était assurément bonne – jamais je n’avais vécu pareille expérience et qu’elle se trompait de victime. Certes, cette engeance avait dû causer des torts aux végétaux dans la cour de l’un de mes frères, mais pas dans la mienne. Évidemment, vous vous en doutez, le ton a monté, car toutes les deux nous voulions maintenir mordicus notre position; ni l’une ni l’autre ne voulant admettre que la mémoire avait failli à son devoir.
 
Après une discussion qui me sembla avoir duré une éternité et presque aussi supportable qu’une soprano s’acharnant sur une note aiguë, j’ai admis l’inadmissible : « Maman, tu as raison; ça me revient maintenant! » Mais nooon, ça ne me revenait pas du tout! Et le pire, j’étais en train de mentir!

Citation de Raymond Devos

"On a toujours tort d'essayer d'avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu'ils n'ont pas tort !" [Raymond Devos]

Des excuses alambiquées...

"Désolée, c’est impossible! J’ai tellement de choses à faire telles que déneiger le balcon, sortir les ordures, dépoussiérer les bibelots, ajuster l’horloge, ranger mes livres par ordre de grandeur, brosser mes cheveux, passer quelques coups de fil à des copines et regarder les infos du soir. Non vraiment, je ne peux pas être présente à cette fête et de toute façon, pourquoi te donnes-tu tout ce mal? N’es-tu pas fatiguée ces temps-ci? Oublie donc la fête et repose-toi donc!"

N’aurait-il pas été plus simple de répondre : "Non merci, c’est gentil d’y avoir pensé. Une autre fois peut-être? " au lieu de se faire servir tout un plateau d’excuses aussi ridicules les unes que les autres! Parfois, on ne réfléchit pas trop aux raisons de notre refus et au lieu de le dire tout net, on en rajoute jusqu’à ce que ça devienne presque comique et du coup, non crédible. On peut se rendre à une fête ou on ne peut pas; la raison n’a pas d’importance. Tout ce qu’on nous demande c’est si on est ou non disponible. Est-ce qu’on veut savoir la raison de notre acceptation? Bien sûr que non! Alors pourquoi s’ingénier à trouver des excuses tantôt fantaisistes, tantôt variées pour expliquer notre déclinaison. Un "non merci" tout simple fera l’affaire tout comme un "oui, c’est gentil!".