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Prédictions trompeuses

Il est 23 heures passées et je n’ai toujours pas écrit mon café du matin. J’avais bien griffonné quelques pages cinq heures auparavant, mais je n’avais nullement envie d’entreprendre l’écriture d’un long texte. C’est l’été après tout et avec toute cette chaleur, je me disais qu’un peu de légèreté serait la bienvenue.
 
Mon curseur à l'écran clignote tout comme mes yeux fatigués…
 
Mon cerveau aurait tendance à dire : « Eh bien ma grande va te coucher; à cette heure-ci, les gens normaux dorment déjà… Tu verras ça demain! »
 
Eh bien justement, je ne veux pas attendre à demain et vous non plus.
 
Alors, allons-y le plus simplement du monde…

La tarte ou le café, c’est bien!

Si vous n’avez pas vu le film MIB 3, il est temps de vous y mettre; c’est à voir non pas pour les horribles bestioles qui crèvent l’écran, mais plutôt pour la finale. À elle seule, elle mérite que l’on supporte l’écoeurante créature qui donne du fil à retordre à nos deux héros. La scène que je préfère, c’est celle où les deux agents, K et J, font face à un problème de taille : un dangereux criminel leur a échappé. Et au lieu de partir à sa recherche, l’agent K propose à son partenaire quelque chose d’assez inusité : « Il nous faut une tarte… Mon grand-père disait : "En cas de problème insoluble, ça libère la tête." La tarte, c'est bien. »
 
Vous en conviendrez : ce n’est vraiment pas le moment!
 
Pendant qu’un "serial killer" planétaire rôde, que font les deux hommes? Ils se dirigent tout droit au resto du coin pour aller manger de la… tarte. Et pour reprendre les propos de l’agent J (Will Smith) : « C’est vrai que c’est inutile et contreproductif, mais pourquoi pas? »
 
En effet, pourquoi pas?

Quand la peur de l'inconfort nous encombre

C’est lors du transfert des articles saisonniers que je prends conscience de tout ce que je possède et de tout ce dont je vais avoir besoin pour affronter la nouvelle saison. Ce n’est pas croyable! Juste d’y penser, cela me donne envie de tourner les talons et d’aller vivre ailleurs, c’est-à-dire plus au sud, au sud du sud, là où le froid égale glaçon dans un verre à cocktail.
 
À bien y penser, ai-je vraiment besoin de tout cela?
 
Avant de répondre, permettez-moi de vous expliquer en bref la nature humaine : l’homme (et la femme) recherchera toujours à satisfaire deux besoins : éviter la souffrance (ou fuir l’inconfort) et rechercher le plaisir. Toute décision ou impulsion, tout comportement sera axé sur ce bon vieux principe – lequel est aussi âgé que l’humanité. Et on n’est pas prêt d’y renoncer, car il gouverne l’ensemble de nos faits et gestes.
 
Et pourtant, un peu d’inconfort n'a jamais fait mourir personne!

Est-ce vraiment suffisant?

Quoi qu’on en pense, on n’aime jamais assez
- ce que l’on est,
- ce que l’on fait, 
- ce qui nous entoure, 
- ceux que nous côtoyons, 
- la vie en général. 

Mais qu’est-ce qui nous retient ainsi? Aurions-nous peur d’y laisser une part de nous-mêmes en osant aimer intensément? 

Lorsque le pommier abandonne ses fruits, il ne se dit pas : « Zut! je viens perdre une bonne partie de moi-même! Ça m’apprendra à laisser faire le vent. La prochaine fois, je retiens tous mes fruits. Ainsi, ils ne tomberont pas et ne seront pas meurtris par ce sol trop dur ou lancés par des enfants indisciplinés. » L’arbre a compris qu’en donnant tout ce qu’il possède, il fait preuve d’amour envers la vie; cette vie qui attend avec impatience ses fruits qui serviront soit de semences, soit d’engrais ou encore à remplir les ventres affamés et les réserves d’hiver. 

Il n’attend rien; il offre tout simplement de bon cœur, car le but ultime du pommier n’est-il pas de « donner » des pommes? 

Mais très chère, vous avez raison!



Tout récemment, j’ai eu une conversation animée avec ma mère concernant des insectes qui auraient fait la vie dure à un végétal. Elle insistait sur le fait que ces vilaines bestioles avaient réussi à endommager un de mes arbres, me forçant à le tailler drastiquement. De mon côté, j’avais beau creuser dans mes souvenirs, je ne voyais rien d’aussi alarmant qui m’ait poussé à abattre un arbre. Je m’entêtais à lui expliquer que – bien que sa mémoire était assurément bonne – jamais je n’avais vécu pareille expérience et qu’elle se trompait de victime. Certes, cette engeance avait dû causer des torts aux végétaux dans la cour de l’un de mes frères, mais pas dans la mienne. Évidemment, vous vous en doutez, le ton a monté, car toutes les deux nous voulions maintenir mordicus notre position; ni l’une ni l’autre ne voulant admettre que la mémoire avait failli à son devoir.
 
Après une discussion qui me sembla avoir duré une éternité et presque aussi supportable qu’une soprano s’acharnant sur une note aiguë, j’ai admis l’inadmissible : « Maman, tu as raison; ça me revient maintenant! » Mais nooon, ça ne me revenait pas du tout! Et le pire, j’étais en train de mentir!

Mes neurones m'épuisent

Ces derniers temps, j’ai eu droit à un mal de saison c’est-à-dire à un bon rhume. Certes, il y avait un sacré bout de temps que je ne m’étais pas sentie aussi vulnérable. J’ai combattu le virus à coup de comprimés, d’oranges et de repos. À ma grande surprise, je ne retrouvais pas l’énergie d’avant. D’accord, mon système immunitaire avait été affaibli cependant je m’attendais à une certaine remontée. Au contraire, plus les jours passaient et plus mon énergie me fuyait comme si j’avais laissé ouvert le robinet. Au bout de quatorze jours, ce que je craignais survint : panne d’énergie! J’ai eu beau regarder partout, nulle trace d’elle; la garce avait plié bagage! 

Il me serait facile de taxer mon rhume d’avoir su profiter de ma faiblesse afin de me soutirer un bien inestimable, mais je n’en ferai rien. Le seul à blâmer est bel et bien mon dialogue intérieur. Durant ces deux longues semaines, j’ai songé aux événements qui m’ont affectée, à la confiance qui avait été ébranlée, aux liens d’amitié qui avaient été éprouvés, aux illusions perdues ayant généré une profonde déception. Toute mon énergie avait servi à alimenter mes sombres réflexions. À m’écouter ainsi penser, ce n’était pas pour demain que j’allais être pimpante de vitalité! 

Une source d'amour


L’hiver s’installe et pourtant j’aimerais tant retrouver les couleurs de l’automne et la douce fraîcheur de cette saison. Je sais, je m’accroche! Je devrais plutôt laisser aller, accepter ce qui vient plutôt que de regretter ce qui n’est plus… C’est loin d’être facile, je l’avoue.

Il m’arrive de penser que l’humain a du mal à lâcher le morceau. Vous ne me croyez pas? Permettez-moi d’illustrer mon propos :