Tout récemment, j’ai eu une conversation animée avec ma mère concernant des insectes qui auraient fait la vie dure à un végétal. Elle insistait sur le fait que ces vilaines bestioles avaient réussi à endommager un de mes arbres, me forçant à le tailler drastiquement. De mon côté, j’avais beau creuser dans mes souvenirs, je ne voyais rien d’aussi alarmant qui m’ait poussé à abattre un arbre. Je m’entêtais à lui expliquer que – bien que sa mémoire était assurément bonne – jamais je n’avais vécu pareille expérience et qu’elle se trompait de victime. Certes, cette engeance avait dû causer des torts aux végétaux dans la cour de l’un de mes frères, mais pas dans la mienne. Évidemment, vous vous en doutez, le ton a monté, car toutes les deux nous voulions maintenir mordicus notre position; ni l’une ni l’autre ne voulant admettre que la mémoire avait failli à son devoir.
Après une discussion qui me sembla avoir duré une éternité et presque aussi supportable qu’une soprano s’acharnant sur une note aiguë, j’ai admis l’inadmissible : « Maman, tu as raison; ça me revient maintenant! » Mais nooon, ça ne me revenait pas du tout! Et le pire, j’étais en train de mentir!
