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Une richesse intérieure

Il y a du bonheur à rester à l’intérieur.
À regarder le décor changer, se dépouiller, se délester de ce qui ne lui sert plus.
C’est vrai, les arbres n’auront pas de besoin de leurs feuilles pour se protéger de l’hiver.
D’ailleurs pourquoi se protéger quand la vie est une amie?
Ils vont plutôt s’exposer, se rendre vulnérables afin de ressentir le vent, le froid, le silence.
Ils vont se dénuder afin d’être des arbres. Tout simplement.
Sans se questionner, sans s’alarmer, sans imaginer qu’il pourrait en être autrement s’ils étaient plantés ailleurs sur cette planète.

Il y a une certaine sagesse derrière ce dépouillement.
La nature ne résiste pas au changement; elle l’accueille.
Avec une confiance extraordinaire.
Parce qu’il y a du bon dans ce passage obligé.
Toujours.
Soit que l’arbre deviendra plus grand ou plus fort au printemps.
Soit qu’il laissera la place à une nouvelle pousse cherchant à grandir sous son regard attendri.

Il y a un acte de foi qui se vit à l’extérieur.
Derrière mes fenêtres closes, je peux le percevoir.
Je pourrais l’ignorer et me dire que l’arrière-saison est triste à mourir.
Ou encore, je pourrais me dire que je fais partie de ce monde, de cette nature.
Et qu’il est temps de me dépouiller afin d’être véritablement.

Jocelyne xox




La vieille dame et la mort

Depuis des années, je me répète:
Je n'en ai plus pour longtemps.
Et pourtant,
Je suis toujours là.
 
Alors je le répète aux autres,
Provoquant ainsi le destin.
Et pourtant,
Je suis encore là.
 
Ça ne va pas toujours mal;
J'ai mes bons jours.
Alors je me dis:
Prépare-toi, le malheur approche.
 
On me croit vivante,
Je le pense aussi,
Mais de l'intérieur,
Je creuse ma tombe.
 
Pas trop vite, pas trop facilement,
À la petite cuillère,
Sous un soleil de plomb
Et à genoux sur le sol.
 
On doit me voir creuser,
Sinon où est le plaisir de me plaindre?
On doit avoir pitié,
Sinon à quoi bon vivre?
 
Vous le voyez, je suis morte,
D'une mort très naturelle,
Très efficace:
C'est la mort de l'âme...
 
Jocelyne Gagné