Il y a des moments dans une vie où la tête est remplie. Remplie de projets, d'idées, de passion à découvrir, à développer, de vision de nous-même que l'on souhaite réinventer, remodeler, transformer en quelque chose de plus fin, de plus vrai, de plus authentique, de plus frais.
Ça nous prend comme ça à bras le corps, ça nous enserre le cou, ça nous propulse au-delà de soi et ça nous transporte de l'autre côté de la rue, à une intersection, à une interdiction de vouloir tout transgresser. On veut plus, on veut grand, on veut profond... Mais on a peur. Peur de perdre quelque chose en cours de route. Alors, on s'explique, on se confond en excuses, on se retient, on se ficelle bien serré afin d'être sûr que cela ne nous reprendra plus, que notre coeur ne s'affolera plus de cette façon. Façon qui nous est coutume, façon qui façonne non pas à notre mieux mais à notre pire. Alors dans tout cet émoi qui nous malmène, qui nous culbute, qui nous fait la vie dure nous montrant les hauts et les bas, ces bas que l'on ne porte plus, qui ne nous font plus et que personne ne voudrait, on finit par rester là sans rien faire.
Oui... Il y a des moments dans la vie où la tête est trop pleine et les mains peu assez nombreuses pour semer, labourer et récolter tout le potentiel d'une vie.
Jocelyne Gagné

