lundi 8 février 2016

Pour donner une chance à la vie

On vit dans l’abondance.
 
Mais on vit aussi dans l’ignorance. Dans l’ignorance que cette abondance à un coût. Un coût trop élevé pour le plaisir que l’on en retire.
 
Nous avons de l’eau, de la nourriture, un toit, une voiture. Nous avons des luxes, des petits plaisirs de vie auxquels nous ne sommes pas disposés à se soustraire. Et même si la récession tire fortement sur la corde de notre bourse cherchant à s’accaparer nos beaux dollars, on continue de savourer les repas au resto et de profiter des 5 à 7 bien arrosés.
 
Chaque minute, près quatre-vingts personnes dans le monde meurent à cause de la faim et dans ce chiffre, on dénombre soixante enfants. Chaque minute, sept personnes dans le monde meurent faute d’eau potable.
 
Le coût de cette abondance se calcule en vies humaines. Des vies qui sont bien loin des nôtres…
 
Ce ne sont pas des ours, des abeilles, des blanchons (bébés phoques) qui meurent; ce sont des enfants, des mères, des pères, des grands-parents, des personnes qui ont un visage, une vie, une histoire. C’est de nos frères «humains» dont il est question, ceux-là même qui attendent de nous un effort. Certes, on les voit sur nos écrans de télé. On s’en émeut un instant, puis on change de chaîne; le spectacle n’est pas suffisamment «divertissant».
 
Serait-il possible de réduire notre consommation afin de rééquilibrer les plateaux de la balance? Pourrait-on partager plus largement notre abondance afin que d’autres puissent vivre? En y songeant bien, pourrait-on simplement envisager une vie plus simple, plus sobre afin d’offrir une qualité de vie acceptable aux autres?
 
« Ah, mais avant de songer à ces affamés vivant à des milliers de kilomètres d’ici, songeons plutôt à nos pauvres! »
 
Permettez-moi une petite parenthèse, car il y a quelque chose qui me contrarie chez nos pauvres… L’an dernier, j’ai voulu donné à un organisme d’entraide une énorme télévision (écran plat, vieux modèle certes, mais en bon état; le genre de télé qui pèse lourdement, quoi!) on m’a répondu qu’ils n’en voulaient pas. Leur clientèle préférait des écrans « plasma »… Oh!!! Sans le savoir, on venait de me clouer le bec avec ce constat : nos pauvres ont des goûts de luxe! Alors je me suis tournée vers ceux dont la malchance, l’ignorance de moyens ou le manque de ressources a cruellement affligé leur vie. Je préfère offrir de l’eau, de la nourriture, des vêtements, la possibilité d’un abri à des gens vraiment démunis. Les pays ne sont pas identiques; certains ont un climat peu propice à la culture, d’autres sont soumis à des catastrophes naturelles récurrentes, quelques-uns sont aux prises avec des dirigeants favorisant une politique qui empêche l’acheminement de matériels et de vivres de premières nécessités vers le peuple.
 
Nous vivons dans l’abondance : abondance de ressources, de biens, de choix. Nous vivons aussi en pénurie d’amour, de compassion envers notre prochain qui se trouve à l’autre bout de la planète, vivant sous le même soleil que nous. Il ne peut imaginer un instant que nous sommes là à regarder l’irréalisme de nos vies sur un écran pendant que lui se débat pour vivre.
 
Imaginons un instant que nous avons moins de café, moins de pain, moins de beurre sur nos tables, en somme moins de ce que nous utilisons tous les jours. Imaginons un instant que, par souci de partage, nous avons permis à plus de vies d’exister…
 
Ça vaut la peine d’essayer.
 
« Vivons simplement pour que d'autres puissent simplement vivre. »
- Mahatma Gandhi
 
Pourquoi attendre que les gouvernements nous donnent la direction? Nous savons ce qui est humain et ce qui ne l’est pas. Ce monde est à nous. Ce monde, c’est nous! S’entraider afin de mieux vivre ensemble, voilà le premier pas vers la paix.
 
Bonne semaine tout le monde!
 
Jocelyne Gagné (alias Mésange)
 

lundi 1 février 2016

Parler quand il faudrait écouter

Parce qu'il m'arrive de me prendre pour Jeanne D'Arc cherchant à sauver le monde, je suis là à grimper sur mon fougueux cheval noir, soulevant mon bouclier et mon épée pour défendre ceux que j'aime. Pas le temps d'écouter; mon cheval est déjà parti et mes cris de guerre lancés.
 
Mais au fond, ce que je devrais faire c'est tout simplement retenir mon cheval, me taire et écouter... très attentivement.
 
Pour tous ceux et celles qui, comme moi, sont aux prises avec cette irrépréssible envie de tout régler, de vouloir aider à tout prix, voici un texte de Jacques Salomé qui porte à réfléchir...
 
Bon lundi tout le monde et bonne écoute!
 
Jocelyne Gagné (Mésange)
 
 
 
Écoute-moi
 
Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
Accorde-moi seulement quelques instants
Accepte ce que je vis, ce que je sens,
Sans réticence, sans jugement.


Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
Ne me bombarde pas de conseils et d'idées
Ne te crois pas obligé de régler mes difficultés
Manquerais-tu de confiance en mes capacités?

Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
N'essaie pas de me distraire ou de m'amuser
Je croirais que tu ne comprends pas
L'importance de ce que je vis en moi

Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
Surtout, ne me juge pas, ne me blâme pas
Voudrais-tu que ta moralité
Me fasse crouler de culpabilité?

Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
Ne te crois pas non plus obligé d'approuver
Si j'ai besoin de me raconter
C'est simplement pour être libéré

Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
N'interprète pas et n'essaie pas d'analyser
Je me sentirais incompris et manipulé
Et je ne pourrais plus rien te communiquer

Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
Ne m'interromps pas pour me questionner
N'essaie pas de forcer mon domaine caché
Je sais jusqu'où je peux et veux aller

Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler
Respecte les silences qui me font cheminer
Garde-toi bien de les briser
C'est par eux bien souvent que je suis éclairé

Alors maintenant que tu m'as bien écouté
Je t'en prie, tu peux parler
Avec tendresse et disponibilité
À mon tour, je t'écouterai
 

   Jacques Salomé
 
 

lundi 25 janvier 2016

Saisir la chance

Bonjour tout le monde!
 
Ah! je sais; je suis en retard. J’ai plein de bonnes raisons, mais celle que je retiens c’est celle-ci : je suis heureuse, donc, d’excellente humeur et j’avais envie de faire quelques pas de danse avant de prendre mon café avec vous ce matin.
 
Si vous arrivez à résister à Frank Sinatra, je vous admire… Moi, je ne le puis : sa musique, ses pas de danse et son look, « Oh my God », quel homme! Bon, bon, bon, ne nous emballons pas! Gardons plutôt le «swing », le temps que je nous prépare une bonne tasse de café.
 
Le café est là, tout chaud, avec un soupçon de lait pour ne pas altérer son arôme si délicat et puis il y a toujours cette savoureuse chanson qui passe en boucle pendant que je vous écris ce court billet.
 
«I’ve got you under my skin»  cliquez sur le lien
 
Mmm… Impossible de ne pas rythmer la musique en tapant du pied ou par une légère ondulation des épaules. Ce qui m’amène à vous parler de la chance; celle que l’on vous donne…
 
Hier, j’ai eu le privilège d’être reçue à une émission de radio pour parler de mon livre, La Divine Providence. C’était une première expérience. Le trac y était, faisant battre mon cœur à un rythme désordonné et non recommandé par les médecins. J’avais cet énorme micro devant la bouche et de l’autre côté, il y avait l’animatrice au sourire engageant et au regard si bienveillant. Vous savez, quand on commence une nouvelle carrière, un nouveau projet, on regarde l’échelle que nous souhaitons gravir et ce qui attire en premier notre regard c’est l’autre extrémité, celle qui s’accroche aux nuages. Mais avant de regarder si haut, il faut commencer par voir ce qu’il y a devant; tout d’abord pour ne pas se faire peur, ensuite pour ne pas se créer une hâte trop vive entraînant une distraction et une prise moins ferme dans notre progression.
 
Oui, le premier pas est exigeant et fait peur, car on doit fournir un effort extraordinaire pour se hisser vers l’inconnu et puis une fois que les deux pieds ont retrouvé leur stabilité sur le même barreau, voilà qu’on souhaite atteindre le suivant. On jette un regard vers le sommet de l’échelle (sur ce que l’on veut atteindre) ensuite on regarde où l’on va poser le pied, on déploie les efforts sans compter, et on grimpe.
 
Puis, voilà qu’un obstacle se dresse : il manque un barreau… L’écart est gigantesque. On devra être ingénieux si l’on veut accéder à l’autre échelon. Mais une main se tend, prête à nous hisser afin de faciliter notre progression. Cette chance-là, elle n’est pas banale… Elle nous indique que nous sommes dans la bonne direction. Elle nous prouve qu’on n’est jamais seul, quoi qu’il arrive. Que tout perfectionnement ou progression se fait à l’aide des autres.
 
C'est vrai; hier, on m’a donné une chance… Une chance de m’exprimer, de partager avec les gens d’ici et d’ailleurs ce qui me tient à cœur. Hier on m’a encore donné la preuve qu’il y a toujours des chances disponibles pour chacun de nous et des gens bienveillants prêts à nous accorder leur aide sur la route que nous avons choisie. Je me répète : nous ne sommes jamais seuls. Quoi que nous souhaitions faire de notre vie, dans notre vie ou dans la vie des autres, il y aura toujours quelqu’un pour nous aider. Les bons samaritains ne sont pas une espèce en voie de disparition. Non, ils augmentent en nombre chaque fois que nous prenons le temps de dire merci à la chance qui nous est offerte.
 
La chance n’est rien d’autre qu’une occasion pour nous permettre de grandir, de nous élever, de rêver, de nous épanouir pour notre plus grand bien et pour le bien de tous.
 
Offrons une chance, remercions pour la chance reçue et faisons tourner le monde dans le bon sens c’est-à-dire dans le sens de l’entraide et de la solidarité.
 
Envie de terminer votre café avec Zaz  «Si jamais j’oublie» ? (cliquez sur le lien)
 
Je vous garde avec moi!
 
Jocelyne Gagné (Mésange)

samedi 23 janvier 2016

À la radio!

Bonne nouvelle! Demain, soit le 24 janvier 2016 à 15h30 (heure de Montréal, QC) l'animatrice Ghislaine Bourcier me reçoit à son émission "Cabaret Tzigane" sur CFNJ 99,1 FM. Vous pourrez m'entendre à la radio ou via Internet au www.cfnj.net (en direct). Si vous manquez ce beau rendez-vous, l'entrevue sera rediffusée la semaine prochaine sur le site www.cfnj.net sous l'onglet ré-écoute (émissions diffusées).
 
Comme j'ai hâte!
 
Jocelyne Gagné (Mésange)

P.-S. Merci à Dominique Lalande de Dola Communications qui est à l'origine de cette excellente nouvelle et pour son travail extraordinaire! 

lundi 18 janvier 2016

Nos envies, celles qui nous parlent

J’ai une drôle de vie. C’est vrai! J’écris tout le temps : quand l’inspiration me pousse furieusement à prendre la plume ou lorsque je m’impose l’exercice, refusant d’attendre le retour de cette muse si capricieuse. Et avant même que les mots ne s’inscrivent sur le papier, le cerveau, lui, cogite. L’imagination tisse, telle une araignée, un fil en spiral formant ainsi une toile résistante dans laquelle se feront prendre les idées venues s’y aventurer. Pour l’imagination, cette prise sera tout un festin!
 
Souvent, on me demande si je vis plus dans ma tête ou s’il m’arrive de réintégrer la réalité, celle où il y a du vrai monde (avec de vraies vies), vous savez? Ces êtres en chair et en os qui déambulent autour de nous comme des valises sur des tapis roulants?  Oui, ça m’arrive. Mais pas souvent.
 
Jusqu’à tout récemment, et ce, par respect pour mon partenaire de vie, je gardais à l’écart mon carnet de notes lors nos sorties ou voyages, ou encore pendant nos moments de tranquillité. Je cherchais à faire plaisir, oubliant les appels incessants de ma créativité qui poussait mon envie comme un chien souhaite une caresse et que l’on s’obstine à lui refuser. C’était tellement difficile de fermer la porte à mon envie du moment! Et pourtant je l’ai fait maintes et maintes fois, délaissant ces idées extraordinaires qui auraient pu faire de bons articles et, qui sait, de bons livres…
 
«Mais Jojo, après avoir quitté le restaurant, tu aurais pu prendre des notes de ces éclairs de génie!» me direz-vous. Oui, mais l’idée quand elle se pointe, si on ne s’y met pas tout de suite, la garce repart avec tout son bagage sans laisser d’adresse… Ciao baby!
 
Et tout le monde sait que l’inspiration surgit au moment où on s’y attend le moins!
 
Ces expériences m’ont appris plusieurs choses. Tout d’abord, le fait de répondre à l’appel de la créativité, là, maintenant, ça ne prend quelques minutes. En mettant noir sur blanc nos idées, on est en mesure de reprendre le fil conducteur dès que le temps nous est disponible. Ensuite, en voulant à tout prix faire plaisir, on oublie de se faire plaisir. Que l’on soit créatif ou non, il arrive que l’on ait envie de faire autre chose que ce que le conjoint avait prévu de faire. Par exemple, dans un voyage, l’un peut avoir envie d’un tour de voiture et l’autre vouloir marcher des heures durant sur la plage. Les compromis ne donnent rarement d’heureux résultats, croyez-moi. Parfois, il est bon de laisser l’autre faire ce qu’il aime et de faire ce que nous aimons. Ainsi, on se retrouve pour le repas du soir à avoir plein de choses à se raconter, ayant vécu, chacun de son côté, une formidable journée. Finalement, il est bon de vivre dans sa tête, mais c’est encore mieux si on peut toucher Terre une fois de temps en temps; retrouver notre humanité et notre accessibilité a du bon!
 
Certes, vue de l’extérieur, mon existence paraît des plus ordinaires, mais vue de l’intérieur, c’est à vous couper le souffle! Je rencontre des personnages fascinants, colorés, extrêmement vivants; je vis des émotions avec une intensité que je n’aurais cru possible; je relève des défis incroyables, je vis des existences multiples, je réalise des rêves que jamais je n’avais songé à réaliser. Je suis tantôt grande, tantôt petite; je suis tantôt jeune, tantôt à l’approche de la mort; je suis tantôt colérique, tantôt amoureuse…
 
Oui, je l’admets : j’ai une drôle de vie. Elle n’est pas de tout repos, mais c’est la vie que j’ai choisie!
 
En ce lundi matin, faites-vous plaisir : écoutez la petite voix qui vous parle, là, maintenant. Et laissez-vous entraîner sur les sentiers inconnus de l’imagination, de la curiosité, de l’extraordinaire. C’est votre vie, votre drôle de vie!
 
Bonne semaine tout le monde!
 
Jocelyne Gagné (Mésange)
 
 
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