lundi 21 novembre 2016

Un regard humain

Vivre le Salon du livre de Montréal, c'est un plongeon dans le regard de l'autre, deux bras tendus pour accueillir la vulnérabilité et s'émouvoir de la fragilité de l'être. C'est toucher le coeur de l'autre avec nos mots. C'est également une occasion extraordinaire pour pouvoir donner à ceux que l'on rencontre un peu de cette lumière qui nous habite.

Quelle enrichissante expérience! Quel beau moment entourée de gens fascinants, intéressants et avides de mots bienveillants!

À revivre, très certainement!

Jocelyne xo

* * *
Texte de Jacques Salomé
Paroles de rêves - Éd. Albin Michel
 
Femmes et hommes aux origines si lointaines qu'elles se sont perdues dans la poussière des étoiles, nous oublions trop souvent que nous avons non seulement des yeux, mais aussi un regard.

Que nous venions des montagnes, des vallées ou des villes, que nous soyons athées ou croyants, jeunes ou vieux, notre regard, même s'il est parfois une attente, est une offrande à la vie, un cadeau du coeur.

Qu'il soit proche ou plus lointain, ouvert ou distant, un regard dit et confirme la présence, et plus encore l'intensité d'un être. Il dit aussi la vivance qui circule en chacun.

Qu'il soit encore tourné vers le passé, ancré sur le présent ou prolongé sur l'avenir, chaque regard témoigne du désir d'exister à chaque instant, il s'avance bien au-delà de nous et ne craint point d'affronter l'inaccessible.

Un regard humain c'est une lumière dans la nuit des doutes.
* * * 



mardi 15 novembre 2016

Du papier ou de la vie



Un choix difficile?
Voyons voir...






On nous dit que nous sommes à l’ère du sans-papier. Sans rire. Je pense qu’on se moque de nous. Je n’ai jamais vu autant de documents papier dans une seule pièce! Et l'aspect à ne pas négliger lorsqu’on fait du ménage dans nos documents, c’est la protection de certaines informations. On ne peut plus jeter à l’aveugle des factures, des reçus de caisse, des relevés bancaires, etc. On doit tout déchiqueter. Vraiment tout. Pourquoi? Parce que nous ne sommes pas à l’abri du vol d’identité. 

Et j'ai bien peur que, à ce rythme, le ménage de toute cette paperasse prenne une éternité à faire.

Soupirs…

Le drame n’est pas tant mes documents, mais bien ceux de mon défunt mari. Pour lui, tout était important. Tout, je vous dis. Vraiment tout. Je me sens un peu gênée de jeter ce qu’il avait si précieusement identifié, rangé, archivé. Ah! il doit en pleurer de me voir ainsi vider les tiroirs, les placards, les bibliothèques presque sans émotion. Après tout, ce n’est que du papier.
Enfin, pas tout à fait.

C’étaient des arbres auparavant. Des arbres remplis de vie.

L’émotion qui m’habite durant ce grand ménage obligé c’est la tristesse. C’est vrai, c’est affligeant de voir autant d’arbres sacrifiés pour la formalité administrative. Ben oui, on imprime au cas où l'on aurait besoin de prouver qu’on a bien reçu et payé une facture; on imprime pour nos dossiers au cas où le vérificateur passerait pour nous poser des questions sur nos transactions; on imprime en multiples copies juste au cas où l'on ne se souviendrait plus de l’endroit où  l'on a classé nos documents.

C’est désolant, je vous assure.

Mon constat? Nous avons de mauvaises habitudes.

On conteste haut et fort qu’on doit protéger nos arbres avec des pancartes dont le carton provient de la fibre naturelle des arbres. C’est un non-sens, vous ne trouvez pas?

Oui, le papier se recycle (là, on a bonne conscience, hein?). Mais pour le recycler, on pollue.

Il serait peut-être temps de changer de stratégie et de régler le problème en amont.

On est là à se plaindre que la planète se meurt, qu’il faudrait que les grandes industries de ce monde (celles dont les agents polluants ont un impact gravissime sur l’environnement et dont les effets ont une incidence sur l’accélération du réchauffement climatique) modifient leur façon de faire afin de préserver notre environnement. Et nous, que faisons-nous pour sauvegarder cette vie qui s’épanouit sous nos yeux? Que faisons-nous (individuellement parlant) pour diminuer la quantité de déchets produits quotidiennement dans notre foyer? Que faisons-nous pour ralentir le réchauffement de la planète? Peu de choses. On attend de voir ce que les autres vont faire… On se dit que notre propre contribution est tellement minime qu’elle va passer inaperçue. Donc, pourquoi s'affoler? Et notre conscience, elle, que nous dit-elle?

Les forêts (et les océans) sont les poumons de la Terre.

Sans poumons, le cœur de la vie cesse de battre.

A-t-on besoin de tant de papier pour prouver que l’on travaille fort, que l’on existe? A-t-on besoin de tant de choses autour de nous pour se sentir important?

Non. Ce ne sont pas les objets, les documents qui font en sorte que nous sommes quelqu’un. C’est notre attitude face à nous-même, face aux autres, face à notre environnement qui fait de nous des êtres importants (et conscients!) ou non. Le respect de ce que nous sommes, de la vie qui nous entoure, de ce qui nous est donné, jour après jour. Oui, la vie nous donne tout ce dont on a besoin. C’est nous qui voulons toujours plus et encore plus de ce qui finira un jour ou l’autre par nous encombrer et nous empêcher de voir l’essentiel, c’est-à-dire notre essence.

Alors voilà, je me débarrasse de ce qui m’empêche de mieux vivre, de mieux être. Je recycle, je donne, je vends en donnant une seconde vie à ce que j’ai jadis aimé et je pars du bon pied. 

Ce qui était n’a plus sa raison d’être. Je change. Les choses changent. La vie change… Alors, s’il y a moins de choses autour, il y aura aussi moins de distractions. Je pourrai me concentrer sur ce qui compte vraiment. Aimer, donner, m’émerveiller.

La paperasse? Non, merci. 

Prenons de bonnes habitudes en prenant soin de la nature non pas en recyclant le papier, le verre, le plastique, etc., mais bien en faisant des choix éclairés au départ, en répondant à la question : est-ce que j’en ai « vraiment » besoin? 

Comme moi, vous verrez; vous vous contenterez de peu. Et le peu est beaucoup plus facile à ranger, à gérer et à apprécier.

Bonne semaine tout le monde!

Jocelyne Gagné (Mésange)

P.-S. Où étais-je hier? Dans ma paperasse. Là, j’en suis sortie… Enfin presque!

lundi 7 novembre 2016

Les grandes transformations

Certains disent que l’évolution d’une personne se fait petit à petit et que seuls quelques privilégiés prendront la voie express. Mais ce qu’on ne dit pas c’est que cette fameuse voie plus directe et plus rapide est celle de la douleur, de la souffrance, de la difficulté. Du pénible à soulever. 

- Mais qui serait assez fou pour la choisir délibérément? 
- Quelques-uns seulement. 
- Des fous, assurément, me diriez-vous. 
- Des fous, certes, mais pas si fous que ça… 

La difficulté ou l’épreuve peut nous tomber dessus à tout moment. On aurait beau dire qu’on ne l’a pas choisie, mais la vie semble nous démontrer le contraire. Selon elle, on a tout fait pour l’attirer… dans notre vie. Voilà, on est pris avec le problème. On a deux choix : l’ignorer jusqu’à ce qu’il devienne si gros qu’il obstrue notre champ de vision ou s’en occuper. 

Néanmoins, il arrive qu’on trouve la charge si énorme pour nos pauvres épaules qu’on doit se transformer pour y arriver. Alors, on met de côté la peur qui nous paralyserait et on fonce. On ne sait pas si notre tête va résister, si le cœur ne va pas lâcher, si le corps ne va s’épuiser à force d’en abuser. On fonce et «advienne que pourra!». Et étrangement, voilà que le corps change et devient plus fort, plus résistant. Voilà que la tête devient plus solide et plus déterminée. Voilà que le cœur s’enthousiasme à voir les progrès réalisés. 

La transformation s’opère non pas dans la facilité mais dans l’effort et la lutte contre nos blocages, nos limitations, notre incompréhension de ce qui nous arrive et notre incapacité à s’adapter et à gérer ce qui nous afflige. On se sent compressé, écrasé comme un bourgeon prêt à éclore, terrorisé à l’idée de ne pas pouvoir s’en sortir… vivant. 

Mais si le bourgeon éclot chaque printemps et survit à sa transformation, nous aussi allons survivre à celle-ci. Et plus encore, on va s’épanouir et ouvrir tout grand nos bras pour accueillir le nouveau. 

Les transformations peuvent être soudaines, brutales, mais rarement fatales. Au contraire, ce passage nous permet d’abandonner notre «vieille peau» (une version de nous-mêmes désuète) pour être soi. 

En ce lundi, je vous invite à ne pas redouter les grandes transformations… Accueillez-les et voyez votre vie éclore comme la feuillaison à l’arrivée de la douce saison. 

Soyez un peu fous et transformez-vous! 

Bonne semaine tout le monde! 

Jocelyne Gagné (Mésange) 


lundi 31 octobre 2016

Sans fard ni masque

Ce soir, ce sera la balade des p’tits monstres, des zombies, des princesses et des personnages de Disney dans les rues du Québec. Ce soir, tout le monde va porter un masque. Tout le monde sans exception. Même ceux qui n’ouvriront pas la porte à ces quêteurs de bonbons. 

Car une fois que le masque est mis, on ne peut (ou on ne veut) plus l’enlever. 

Je le sais, car je l’ai porté et il m’arrive encore de le porter pour certaines personnes. 

Les gens nous voient d’une certaine façon. Ils aiment bien apposer une étiquette qui nous sied ou non. Ça les rassure. Ainsi, ils n’ont pas besoin de faire d’effort, de creuser bien loin pour chercher le meilleur en nous. Comme une vitrine que l’on regarde, on se fait vite une idée du contenu et s’il ne nous plaît pas, on passe à la prochaine, n’oubliant pas de mentionner à notre entourage d’éviter à tout prix cet endroit. 

Et puis, il y a nous. On se voit d’une certaine manière. Et ce qui nous fait faire la grimace, eh bien, on le dissimule derrière un masque. Ainsi, ça ne paraît pas aux yeux des autres. Qui pourrait se douter que nous souffrons, que nous sommes blessés, que nous avons des faiblesses, des peurs, que nous avons commis des erreurs? Derrière ce camouflage, il n’y a que des yeux qui brillent. 

Pas facile de s’ouvrir, d’être authentique, d’être vrai pour soi et pour les autres. 

Pas facile d’ôter le masque. 

On n’a peur de notre « nudité », de notre vulnérabilité. Mais c’est en étant vulnérable qu’on devient sensible à la vie, à ce qui nous entoure, à notre essence. C’est en sortant de l’ombre dans laquelle on s’est placé (ou d’autres nous ont mis) qu’on peut sentir la lumière sur soi, en soi. 

En ce lundi matin, je vous invite à vous ouvrir, quitte à être vulnérable, fragile, extrêmement inconfortable dans cette nouvelle ouverture. Néanmoins, je peux vous l’affirmer que, dans quelque temps, vous ne pourrez plus vivre autrement. 

Alors, laissez tomber les masques et sortez dans la lumière.

Bonne semaine tout le monde! 

Jocelyne Gagné (Mésange)



lundi 24 octobre 2016

Souple ne veut pas dire mou

Il m’arrive de penser que certaines de mes qualités me nuisent. Je suis souple, adaptable, compréhensive. J’aime dépanner les autres et j’éprouve beaucoup d’empathie pour mes semblables, car après tout, ils me ressemblent. 

Bref, au début de l'été, j’ai été confrontée à une difficulté. 

Je vous explique... 

J’aime écrire. Beaucoup même. Et quand j’écris, je me donne à 200%. Oui, à 200%. Je ne regarde pas l’heure ; j’écris. Je suis mon idée et je la raffine jusqu’à ce qu’elle soit parfaite (enfin de mon point de vue). Et là, je ne compte pas les heures. Pourquoi? Ce n’est pas important ; l’article l’est. Alors je m’investis dans ce que je fais et j’oublie de m’arrêter, de me dégourdir les jambes, les épaules et le cou qui déjà montrent des signes de crispation. J’oublie même de manger, de boire et parfois de respirer. Je donne tout ce que j’ai, car c’est important : j’écris. Que ce soit un article, un billet, un chapitre de mon livre, j’écris parce que je sais que quelques mots suffisent pour changer la vie de quelqu’un. Il n’y a aucune prétention dans ce que je dis… Je lis des livres en quantité et je peux vous affirmer que chaque livre m’a transformée, petitement ou grandement. Certains par une seule ligne, d’autres par l’intégralité de l’œuvre. 

Cela dit, parfois on me demande d’être souple, de m’adapter à la demande. Je veux bien, croyez-moi! Et ne pensez pas que je suis une diva qui a ses caprices. Non, vous n’y êtes pas du tout. J’aime rendre service et faire plaisir. Ah ça oui! Mais, parfois, c’est tout simplement impossible. 

Mon père disait souvent (et le répète, mais moins souvent parce qu’on a appris la leçon cinquante ans plus tard, hi! hi! hi!) : « Celui qui travaille bien ne manquera jamais d’ouvrage! » C’est vrai. En voici la preuve : on va manger dans le restaurant dont le stationnement est plein à craquer, on demande un service à une adjointe qui déjà croule sous les dossiers à traiter, on demande à ceux qui sont souples de faire ce que les râleurs refusent de faire. 

Je suis souple et adaptable… J’aime ces qualités. Et ça me chagrinerait au plus haut point de devoir les changer par abus. Je souhaite le respect, car je respecte les autres. Je veux la considération, car je considère tout travail comme source de bonheur. Je désire l’authenticité, la même qui se retrouve dans mes écrits. J’aspire à une compréhension ; certes, les miracles peuvent se produire, mais à une échelle plus réduite… Je suis une femme après tout! 

Règle générale, je suis souple parce que je le veux bien. Je suis malléable, car j’aime l’harmonie, la simplicité, l’entraide… Et je me dis que la vie se doit être simple, allant du point A au point B. Mais je dois aussi me respecter. 

Je ne peux pas tout accepter, tout tolérer. 

Et ça me fait mal d’être obligée de mettre mon pied à terre (ou d’abattre mon poing sur la table), d’affirmer mon point de vue et de refuser de faire une chose qui m’attriste. Néanmoins, c’est ma blessure à moi. Je dois l’accepter et vivre avec. 

On n’est pas parfait. 

On essaie, même très fort, d’être mieux, d’être plus. Mais, je le répète, on n’est pas parfait! 

La vie attend de nous non pas la perfection, juste le désir d’être mieux qu’hier. 

Par conséquent, je me dis, si je fais de mon mieux, ça devrait suffire. Et si le mieux est de refuser quelque chose qui pourrait altérer ma confiance, l’estime que j’ai de moi, alors le mieux est de penser à moi plutôt qu’aux caprices de certaines personnes. 

S’affirmer n’est pas chose facile ; respecter ses limites non plus. Nous n’avons pas à dire oui à tout et tout le temps. Être souple ne veut pas dire être mou. Être souple, c’est choisir nos concessions selon ce que nous croyons être juste pour nous et les autres. 

Alors, faisons de bons choix afin de nous respecter tout en respectant les autres. Répondons à la demande en gardant en tête que nous avons le droit de refuser de faire quelque chose qui ne nous convient pas. Faisons de notre mieux et si les autres trouvent à redire, eh bien, il est peut-être temps pour nous de changer de décor ou de modifier notre cercle d’amis. 

Bonne semaine tout le monde! 

Jocelyne Gagné (Mésange) 




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