mardi 26 avril 2016

Un retour en toute sérénité





Mes chers amis,

Me voilà enfin de retour! Comme je suis contente!
 
Eh oui, je l’avoue, l’absence fut longue, presque interminable. Les heures, les jours s’écoulaient tantôt avec une lenteur extraordinaire, tantôt à la vitesse d’une Formule 1 lors des qualifications. Selon ce que je vivais, je me sentais à la fois le lièvre et la tortue de la fable populaire.
 
Ce temps de retraite a été bien involontaire de ma part (un instant… je dois préciser ce point: ce fut volontaire,  car c’est bel et bien moi qui ai décidé de cesser, durant un moment, d’alimenter mon blogue, mais involontaire dans le sens où j’aurais aimé poursuivre l’écriture de billets durant mon travail de correction du tome 2). Cette pause, loin d’être de tout repos, m’a montré du bout du doigt mes limites. «Quoi? J’ai ça des limites? Voyons donc! Des limites, c’est bon pour les moteurs, les territoires, les panneaux routiers, mais non pas pour les audacieux!»
 
Est-ce que je vous l’ai déjà dit? Probablement pas. Ce sont ces choses que je garde pour moi. D’ordinaire. Bon eh bien, notez ceci, car cela en vaut la peine : je n’aime pas me tromper!  Et ne me dites pas que je suis la seule sur cette planète à croire que mes pensées sont justes et qu’elles valent la peine que je les défende bec et ongles.  Non, je ne suis pas LA seule… N’essayez même pas; je le sais!
 
Bref, je m’étais trompée : j’avais des limites. En fait, je les ai trouvées. Je devrais plutôt dire : elles m’ont trouvée. Oh oui! Probablement en faisant des recherches sur Google ou sur Facebook ou encore en subtilisant une des listes d’envoi de Bell Canada (c’est fou comme le marketing est efficace dans cette boîte-là! On nous trouve même lorsque nous-mêmes n’arrivons pas à nous retrouver! Voilà un mystère qui mérite qu’on s’y attarde… Mais bon, pas aujourd’hui). Rapidement, voulez-vous savoir quel effet cela a produit sur moi le fait de me faire embrasser par mes propres limites? Non, ne rêvez pas ; ce n’était pas un baiser tendre, mouillé, savoureux et fondant. Encore moins celui qui vous transporte haut dans les airs et vous laisse retomber en chute libre pour vous reprendre encore et encore. C’était plutôt un baiser brutal, exigeant et vorace, presque un avertissement que la prochaine fois, on partirait avec le morceau. Outch!!!
 
J’ai réalisé que si je voulais continuer d’écrire, d’avoir du plaisir avec ma créativité, d’être la plume pour Dame l’Inspiration, je devais aussi me reposer. Certes, j’aurais pu me lancer dans des activités stimulantes (et épuisantes) qui m’auraient fait oublier la fatigue. Cependant, j’ai décidé d’accueillir cet état non pas comme une faiblesse, mais plutôt comme une mise en garde que mon corps me formulait gentiment: « Si tu vas au-delà, je ne pourrai plus prendre soin de toi. »
 
C’est beau, n’est-ce pas?
 
Au lieu de me voir limitée, je me voyais libre de choisir entre brûler le moteur et ménager sa mécanique. De plus, je réalisais que je comptais pour quelqu’un c’est-à-dire moi-même. Je valais suffisamment la peine pour que je puisse faire l’effort de prendre soin de mon corps et de ma tête. D’abord pour moi-même afin de continuer à savourer chaque ligne d’écriture, chaque lever et coucher de soleil. Ensuite pour les autres.
 
La vie est simple après tout : on fait ce que l’on veut et de la façon dont on le veut. Les limites ont toujours été là. On peut, certes, les repousser, mais on ne pourra pas les effacer.
 
Jamais.
 
Les limites sont là pour prendre soin de nous.
 
Nous sommes mardi matin. C’est le moment de prendre un bon café ensemble. (Au fait où étais-je hier? Je me reposais sur mes lauriers. Et comme je n’avais aucune idée où trouver des lauriers, eh bien, j’ai passé la journée à les chercher, à prendre un café, à regarder les nuages se déplacer dans le ciel et puis je les ai enfin trouvés. Ils étaient non pas sur la tête de César, mais à l’épicerie dans un pot si minuscule que je me suis demandé comment je ferais pour m’y reposer sans trouver cela totalement inconfortable.) Bref, j’aimerais vous inviter à prendre le temps de reconnaître vos limites et de les respecter comme étant une frontière bienveillante qui veut votre bien en vous indiquant que passé cette ligne, vous jouez à pile ou face avec ce qui vous tient à cœur.
 
Bonne semaine tout le monde!
 
Jocelyne Gagné (Mésange)
 
P.-S. Et si l’envie de vous reposer vous prenait, oubliez les lauriers et choisissez… le canapé!

jeudi 10 mars 2016

La Divine Providence à la télé

Voici le lien de l'entrevue réalisée par Claudia Lalancette à la Télévision Régionale des Moulins. Merci à Claudia et à sa formidable équipe! Quel privilège d'avoir partagé le plateau avec une grande dame!
 
À l'émission Culture Hebdo du 2 mars dernier, on parle de La Divine Providence. (Entrevue avec Jocelyne Gagné, auteure et blogueuse.)
 
Bon visionnement!
 
Jocelyne xo
 
Note: Glissez la souris sur l'image pour faire apparaître la flèche de mise en route. Si vous souhaitez regarder uniquement l'entrevue, déplacez le curseur de temps jusqu'à 8:15.
 
 

dimanche 28 février 2016

Une petite pause pour une plus grande efficacité

Chers amis,
 
J'aimerais bien retrouver mes chaussettes et la chaleur du bois qui brûle...
J'aimerais bien savourer un bon café, la tête dans les nuages...
J'aimerais bien me glisser sous les couvertures et tourner le dos aux caprices de l'hiver...
J'aimerais bien écouter mon coeur et prendre du temps pour moi...
Oui j'aimerais bien...
Mais pas tout de suite.
 
Ce ne sera pas des vacances, je le crains. Mon deuxième livre est terminé. Et là, je suis en pleine relecture... La concentration est de mise. Alors pardonnez-moi cette absence. Je le fais tout d'abord pour moi (pour maximiser mes efforts), ensuite pour vous afin de vous livrer le meilleur livre qui soit.
 
On se retrouve donc le mardi 26 avril 2016 devant un savoureux café.
 
D'ici-là, je vous garde une place bien au chaud dans mon coeur.
 
Jocelyne xo
 
 
 
 
 
 

lundi 22 février 2016

Moins c’est clair, plus c’est flou!

Dans le couple, il y a des règles assez claires : je fais ceci, tu fais cela, et ce, selon les talents ou la disponibilité de chacun. Jusque-là, ça va. Mais il y a des tâches qui reviennent à l’un ou à l’autre sans qu’il y ait entente préétablie. Qui produit les déclarations fiscales, fait le ménage du printemps, s’occupe de magasiner les assureurs et de prendre les rendez-vous chez le dentiste, le médecin, le garagiste, etc.? Ces obligations qui reviennent une ou plusieurs fois dans l’année incombent non pas à celui qui souhaite s’en occuper, mais bien à celui qui veut que ça se fasse afin de pouvoir passer à autre chose.
 
À la longue, celui qui hérite de tout finit par en avoir sa claque. Et s’il exprime son exaspération, on lui reprochera qu’il avait juste à ne pas en faire autant…
 
Misère.
 
Souvent, le conflit s’installe quand les charges sont mal réparties. Et elles le sont la plupart du temps.
 
Évidemment, on ne peut pas s’asseoir et affecter les tâches (ou responsabilités) tout d’un bloc lorsqu’on emménage ensemble. La répartition se fait sans qu’on ait à négocier. Je fais le lavage, pourrais-tu m’aider avec le lave-vaisselle? Cela va de soi. D’ailleurs, on est si heureux de s’entraider. Et si l’autre est débordé, alors on prend les bouchées doubles afin que notre partenaire puisse souffler un peu. Après? C’est là que ça fait mal. L’autre oublie rapidement sa collaboration; cette participation qui nous était si précieuse. Son travail prend de plus en plus de place, tellement que, tout nous retombe sur les bras.
 
Et puis, avec les années, on a tellement bien géré l’ingérable, le difficile-et-compliqué, le pas-drôle-à-faire, qu’on compte encore sur nous puisque nous avons maintenant tellement d’expérience à notre actif. Mon avis? Ce n’est pas honnête!
 
Permettez-moi d’imager mon propos : par un beau matin du mois de juin, vous décidez d’aller cueillir des fraises, car vous aimez ces petits fruits rouges. Après avoir passé deux heures accroupi dans les rangs à vous battre contre les bibittes qui vous escaladent dans le but d’aller planter leur joli drapeau dans le gras de vos fesses (et contre celles aussi qui tentent de vous pomper le sang derrière l’oreille), vous rentrez à la maison, le coffre arrière de l’auto rempli de paniers de fraises qui serviront à faire des tartes, des confitures, en somme, des réserves pour l’hiver. L’année suivante, étonnamment, on vous demande si vous seriez enclin à y retourner. Bien sûr! Si ça peut faire plaisir! Et là, sans le savoir, on vient de vous attribuer cette mission à vie. Inconsciemment, bien entendu. Vous avez, comme qui dirait, créé un précédent qui vous liera à cette obligation. Et pour vous en défaire, vous devrez être un fin stratège, car l’autre aura un avantage sur vous : il n’a pas l’expérience, vous si : vous êtes devenu(e) si efficace, si serviable et si tout-ce-que-vous-voulez-pourvu-que-vous-le-fassiez… Pauvre de vous! Vous ne vous en sortirez pas avec de jolies courbettes. Désolée!
 
Ne croyez pas que je m’acharne à brosser un tableau pessimiste de la vie de couple, loin de là. Je ne fais que constater cet état de fait présent dans beaucoup de relations. Et j’aimerais – en toute sincérité – renverser cette tendance qui pèse trop souvent sur les épaules de l’un des deux conjoints.
 
On pourrait croire qu’il y a dans le couple celui qui prend les devants et l’autre qui se fie. Peut-être… Je préfère croire que nous avons des forces et des compétences dans des champs d’activités différents. C’est ce qu’on appelle la complémentarité. Et je dirais qu’il y a même plus. Je soupçonne la présence d’un élément qui influence de façon significative la vie de couple, c’est-à-dire le désir absolu de rendre la vie agréable à l’autre. Donc, au lieu de se fier ou de tout prendre sur leurs épaules, les conjoints devraient s’entraider en alternance. Et pour ces tâches qui reviennent de façon cyclique, chacun pourrait se donner comme objectif d’apprendre à les faire. Non, ce n’est pas trop long à apprendre ou à montrer. Du moins, pas plus long qu’une bonne dispute ou une réconciliation qui tarde à venir.
 
Je puis vous l’assurer : une fois exacerbée, la frustration prend un temps fou à s’apaiser. Alors, faisons l’effort d’expliquer à l’autre la marche à suivre pour la comptabilité, le ménage du printemps, les déclarations fiscales, etc. Et de l’autre côté, soyons curieux et disponible pour apprendre. Si ces tâches ne semblent pas attrayantes pour nous, elles sont tout aussi rebutantes pour l’autre.
 
En ce lundi matin, prenez un instant pour vous assurer que les tâches sont bien réparties dans votre couple. Et juste pour le plaisir, échangez-les. Il n’y a rien de mieux pour comprendre, réaliser et apprécier tout ce que l’autre fait pour nous.
 
Bon lundi et bonne semaine tout le monde!
 
Jocelyne Gagné (Mésange) 

lundi 15 février 2016

Le pouvoir des mots

On pense que les petites réflexions lâchées durant une conversation ne servent qu’à faire élégant, à montrer qu’on a le sens de la légèreté, mais quand on y pense, ils sont là pour donner une certaine contenance à notre impatience qui est sur le point d’exploser parce que les événements ne se déroulent pas dans le sens souhaité. Et ces mots, une fois libérés, font plus de mal que de bien.
 
C’est devenu une habitude : je suis souvent débordée dans le temps, alors au lieu de sortir tout mon attirail pour réaliser un bel ourlet à mes pantalons, je saute dans ma voiture et je m’arrête au centre commercial. L’accueil chaleureux de la couturière est un véritable réconfort dans mon mercredi totalement infernal. Et son aimable sourire me force à admettre (encore une fois), qu’il n’y a pas d’emplois plus beaux, plus gratifiants que d’autres; seuls ceux qui les occupent font la différence.
 
Au moment d’aller faire l’essai d’un des pantalons, voilà que, sortant d’une cabine, je croise une dame d’un certain âge, vêtue avec élégance, affichant une insupportable arrogance. Elle expédie ses vêtements sur la table de travail et demande, les lèvres pincées, dans combien de temps les six pantalons et le chemisier seraient prêts. Le sourire toujours accroché au visage, la jeune femme prend son livret de facturation et le calendrier et déclare avec chaleur : « Eh bien, est-ce que lundi prochain, ça vous irait? »
 
Je crois bien qu’à cet instant, sans cette retenue que son éducation lui avait inculquée, elle lui aurait craché son indignation au visage. Les yeux sombres, telles deux bouches de fusils braquées sur une cible, indiquent sans le moindre doute qu’elle attend une autre réponse. Et le sourire qui se voulait engageant s’évanouit sur le beau visage de la jeune couturière. Le malaise s’installe… Et moi, je n’ose l’abandonner à cette furie que je sens sur le point de se déchaîner à la moindre contrariété.
 
La dame mentionne qu’elle n’a pas l’intention de revenir chercher ses vêtements. C’est tout de suite qu’il lui les faut; elle a une partie de bridge ce vendredi. L’argumentation commence et je sens que quelqu’un va perdre ses plumes et ce n’est pas la plus vieille des deux.
 
Avec bienveillance, on propose ceci :
— Je pourrais faire l’un des pantalons aujourd’hui pendant que vous ferez vos courses dans le centre commercial.
— C’est bien. Je vais aller prendre un café et je reviendrai dans cinq minutes.
— Mais Madame, je dois servir l’autre cliente… Ça ne sera pas prêt si tôt!
— Qu’est-ce que vous me chantez là? rouspète la dame élégante. Coudre un ourlet, ça ne prend que quelques minutes; vous avez bien le temps!
 
Et me regardant, elle poursuit avec une gentillesse aussi abrasive qu’une éponge à récurer.
 
— Elle peut bien attendre! À la voir, elle ne semble pas pressée, elle! Et puis, je ne vois personne à part nous. Faites donc les six autres morceaux; vous avez amplement le temps. J’étirerai mon café jusqu’à dix minutes.
 
La femme tourne les talons et s’en va, la démarche aussi raide et inflexible que son caractère. Je regarde ma charmante couturière avec un sourire qui se veut aimable et bienveillant, lui signalant, qu’effectivement, je pouvais attendre.
 
Mais le mal est fait. Même si j’essaie d’adoucir l’événement, la tristesse reste présente sur ses traits.
 
Ce n’était pas grand-chose, me direz-vous. Quelques mots lâchés et d’autres contenus dans le regard… Pourtant c’étaient des mots chargés de colère, de mépris, d’absence de considération et d’amabilité.
 
Je sais, je ne devrais pas m’en faire, mais je pense quand même à cette ouvrière talentueuse, avenante et serviable. Comment pouvait-on être aussi dur devant tant de gentillesse? Je m’en étonne encore!
 
Mon père aime à nous répéter que ce n’est pas l’éducation qui donne de l’humanité à un individu, mais bien son cœur et la considération avec laquelle il embrasse le monde. Encore une fois, mon père a raison.
 
La dame n’avait pas été prévoyante… Elle avait une activité et s’était prise en retard. De toute évidence, le blâme lui revenait. Mais, le fait d’assumer demande une certaine maturité; maturité qui était totalement absente de ce cœur déjà usé par la vie.
 
Pardonnez-moi, j’avais besoin d’en parler, de me confier à des oreilles à l’écoute, à des cœurs sensibles et tolérants, à des gens toujours amoureux de cette espèce qu’on appelle l’humain.
 
En ce lundi matin, je pense à mes mots que je trouve si beaux, si lumineux. Comment pouvaient-ils être sombres et malveillants? Je sais, ça dépend de la bouche de laquelle ils tombent…
 
C’est clair, ce ne sont ni mes mots ni mon langage. Prenez votre café avec moi, voulez-vous? Ainsi, j’oublierai ces mots qui blessent et je ne retiendrai que la bienveillance encore présente dans le cœur des hommes et des femmes.
 
Bonne semaine chers amis!
 
Jocelyne Gagné (Mésange)
 
 
 

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