Trop de tout

À chaque année, c’est pareil: je fais le ménage en cherchant des espaces libres pour ranger le surplus. C’est tout un tour de force, car pour mettre les choses à leur place, je dois en déménager d’autres et ainsi de suite. Je finis par tout chambarder dans la maison au grand désespoir de mon époux. Par conséquent, ce qui devait être un simple exercice de rangement s’est transformé en un remodelage complet de la propriété. Le bilan? On doit agrandir la maison pour ranger tous nos avoirs!

Manifestement, on n’utilise pas toutes nos possessions. La loi de Pareto (loi du 80/20) s’applique ici comme partout ailleurs. En clair, on occupe 20% de la maison, on joue avec 20% de nos gadgets, on utilise que 20% de nos objets domestiques. Que fait-on du 80%? On le laisse dormir au fond de nos placards, on l’abandonne sur l’établi pour une éventuelle réparation ou on l’insère dans le sempiternel processus de triage. Les boîtes à donner, à réparer et à jeter vont s’empiler en une colonne bien droite mais jamais ne sortiront du garage. On a dégagé un endroit pour en surcharger un autre. Quel piètre résultat!

Le fait est qu’on ne peut ignorer ce bilan. C’est un pourcentage considérable qui ne sert à rien. Ce 80% n’est utilisé par personne. Il n’est ni recyclé, ni réutilisé. Il est statique et encombrant.

D’une part, je peux comprendre le concept d’accumulation. Nos parents conservaient leurs avoirs, car ils avaient connu des périodes de vie beaucoup plus difficiles que les nôtres. D’autre part, je dois admettre qu’ils n’entassaient pas comme nous le faisons aujourd’hui. Avec une petite maison et quatre enfants, il était impensable pour eux d’ajouter 80% d’objets inutiles ou inutilisés. Eux aussi étaient confrontés entre le désir et le besoin mais plus souvent qu’autrement, c’était d’avoir l’essentiel qui avait la cote. Peut-être aurions-nous quelque chose à apprendre de cette génération en recherchant l’essentiel c’est-à-dire de ne manquer de rien!

Les raisons qui motivent nos achats sont nombreuses mais sont-elles pertinentes? Voici quelques réflexions qui peuvent aider à faire la différence entre un besoin (nécessité) et un désir (fantaisie, envie, non nécessité) :

Si j’effectue un achat, je le fais pour quelle raison?

- Par envie;
- Par besoin;
- Parce que je n’aime plus la couleur, la grandeur ou le style de l’ancien;
- Parce que c’est une nouveauté;
- Parce que je ne le trouve plus dans le garage;
- Parce que mon beau-frère, mon voisin ou mon patron en a un pareil;
- Parce que je m’ennuie;
- Parce que je suis déprimé;
- Parce que j’ai besoin de compenser ou de décompresser;
- Parce que, parce que, parce que…
 
Ces arguments méritent que l’on s’y attarde. Évidement, on ne s’interroge pas de cette manière lorsqu’on a déjà mis les pieds dans un magasin mais plutôt avant de s’y rendre. C’est une piste qui peut vous aider à voir la lumière au bout du tunnel ou si vous préférez, le fond du placard!

Nous disons donc: on utilise que 20% de nos avoirs et la balance, ce 80%, reste inutilisée. Nous avons le choix de circuler dans 80% d’objets qui ont pour fonction d’occuper l’espace ou de s’en libérer en leur donnant une seconde vie. Je dis bien libérer car on est bel et bien enchaîné à nos possessions pour ne pas dire totalement esclave.

Ces riens, aussi futiles soient-ils, embarrassent les lieux et l’esprit. C’est à nous que revient la tâche de prendre les mesures nécessaires pour y remédier: trier pour donner, réparer ou jeter. Osez vous attaquer à vos colonnes de boîtes, à vos montagnes de papier, à tout votre bric-à-brac et faites table rase de tout ce qui vous encombre. Dégagez vos espaces pour avoir un peu plus de rien et un peu moins de tout. Agrandissez votre intérieur en obtenant du volume afin de mieux profiter de vos 20%!

Se désencombrer c’est faire face à nos mauvaises décisions ou fausses raisons d’achat mais, c’est également y mettre un terme. Après un bon nettoyage, vous pourrez vous déculpabiliser et vous poser les vraies questions. Dès l’instant où vous sortez le vieux fromage de l’armoire, vous êtes en mesure de respirer librement. Inutile de racheter un brie ou un cheddar parce que l’odeur vous manque; vous venez de ventiler la maison, sachez en profiter!

Donc, faites de la place dans les armoires, les tiroirs, le grenier, le garage, le sous-sol et la remise du jardin ainsi vous pourrez du même coup aérer les lieux et votre esprit.

Bye bye la surabondance! Bienvenue la vacuité!

Mésange

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