Le bon partenaire

Assise à l’ombre d’un frêne, je regarde les gens déambuler. Ça semble banal comme activité, mais il n’en est rien. Tout d’abord, j’arrive à voir sur leurs traits, la colère, la lassitude, l’ennui, le chagrin, l’intolérance, etc. Tous ces sentiments ont creusé des sillons sur leur visage, ils ont arrondi la carrure des épaules, ils ont affaissé la physionomie du corps. Ensuite, ce que je remarque le plus, c’est le ou la partenaire qui accompagne chacun et chacune. La plupart de ces personnes semblent avoir fait le mauvais choix : pour une balade en amoureux, ils ont trimbalé les enfants; pour une longue randonnée autour de l’île, ils ont emmené grand-mère; pour un moment de repos, ils ont promené les chiens, le bébé et le neveu de cinq ans. Ils ont choisi le mauvais partenaire pour l’activité en cours. Je ne serais pas étonnée de les savoir déçus, frustrés, en manque d’un besoin non comblé, et ce, dès leur retour à la maison.

Il aurait été préférable d’associer l’activité romantique avec l’ami(e) de coeur, la sortie au parc avec les enfants, et l’après-midi sur la terrasse avec l’aïeul que de tenter de tout mettre ensemble. L’ennui c’est qu’on essaie de tout jumeler pour contenter tout le monde. On perd de vue qu’on est soi-même déçu! La promenade avec grand-mère s’est soldée par quelques pas sur le sentier et déjà la vieille dame était au bout de son rouleau. Résultat, votre besoin de marcher est resté inassouvi, son désir de vous voir a été comblé jusqu’au moment où elle constatera que vous êtes déçu. Au final, vous serez tous deux insatisfaits de votre journée. Si vous aimez faire de longues balades, choisissez votre partenaire en conséquence et si personne n’est en mesure de vous suivre, vaut mieux y aller seul que mal accompagné. Ainsi, quand vous irez voir grand-mère non seulement vous serez disposé à vous assoir de longues heures sur sa galerie à jaser mais aussi heureux d’avoir fait le bon choix.

Connecter des tempéraments à des activités qui ne leur conviennent pas, c’est négocier des compromis qui, au bout du compte, vous laisseront un goût amer dans la bouche. Les plaisirs de la vie sont simples, un peu comme un plat raffiné. Tout d’abord on goûte au poisson, ensuite aux légumes, et ainsi de suite. On détecte les arômes et les textures. Bref, on prend le temps d’identifier ce que l’on introduit dans notre bouche pour mieux l’apprécier, car au fond on ne veut pas d’une purée dans laquelle toutes les saveurs seraient méconnaissables. Hors, le fait de discerner ses besoins et de choisir le bon partenaire vous permettra d’obtenir un niveau de satisfaction supérieur lors de vos prochaines sorties.

Que ce soit pour privilégier la vie de couple, la vie de famille, la vie de groupe ou la vie en solitaire, ne faites pas un gros bouillon épais en mêlant le tout; il deviendra vite immangeable. Décortiquez le tout et faites de chaque activité un pur plaisir!

Mésange

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